Pétition fermée

Non aux incitations à l'abattage des chevaux !

Cette pétition avait 18 036 signataires


Alors que de nombreux propriétaires de chevaux souhaitent garder leur animal jusqu'à sa mort naturelle, le Ministère de l'Agriculture, conseillé par le lobby de la viande chevaline, veut les inciter à les faire abattre. Un rapport du Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) indique qu'il faudrait passer de 36 à 50 % de chevaux abattus en France. 

La moitié des abattoirs français ne sont même pas aux normes sanitaires ! 

Tout est bon pour culpabiliser ceux qui refusent l'abattoir. Un rapport de l'institut national de la recherche agronomique (INRA), publié en avril 2015, va jusqu'à les accuser de gaspillage alimentaire : la « dimension affective » entre cavaliers et montures entraîne le « retrait de la chaîne alimentaire d’une fraction très significative de viande rouge de qualité disponible sur pied »... 

Ces mesures proviennent toujours des mêmes personnes, favorables à l'hippophagie, excluant le dialogue avec les propriétaires de vieux chevaux (pourtant les premiers concernés) et les associations de sauvetage d'équidés, jamais consultées.

La situation des propriétaires de vieux chevaux est critique. Jusqu'en 2009, les corps de ces grands animaux étaient ôtés gratuitement après décès (équarrissage public). Imaginez une énorme grue attrapant le corps de votre cheval sans égard, pour le jeter dans une remorque débordant de cadavres. Le corps sera envoyé dans une usine pour y être transformé, entre autres, en engrais... Depuis, l’équarrissage est payant, avec de grosses disparités de prix en fonction des régions... ce qui revient à prendre les propriétaires de chevaux âgés en otages, puisqu'il n'existe souvent aucun autre choix légal en cas de décès d'un cheval. Les entreprises d'équarrissage privées peuvent se gaver et partager le gâteau !

En 2014, nouveau coup dur. Les frais d'hébergement des chevaux au pré ou en box augmentent d'environ 10 %, au bénéfice exclusif de l'Etat. Malgré ces contraintes, la plupart des propriétaires de chevaux refusent toujours de les envoyer à une mort certaine. Mais à cause d'elles, de nombreuses personnes qui avaient prévu de garder leurs chevaux en retraite (et économisé pour cela) n'ont plus les moyens de le faire. 

Je suis journaliste équestre pour la revue Cheval Savoir, spécialisée dans les questions d'éthique. Mêmes âgés, ces animaux sont extrêmement utiles dans nos sociétés humaines. Des formes de thérapies assistées avec le cheval, dites équithérapies, se développent avec des animaux réformés. Les résultats auprès des personnes handicapées ou en souffrance sont impressionnants. Le contact avec les chevaux m'a permise de vivre avec l'autisme, contrairement aux quatre professionnels de santé que j'avais consultés auparavant ! 

C'est bien les solutions de réforme permettant aux chevaux de se rendre à nouveau utiles (dont celle de l'équithérapie), que l'Etat français doit favoriser. Près de 70 % des Français s'opposent à l'abattage des chevaux et à la consommation de leur viande. Les mesures d'incitation à l'abattage représentent un recul honteux pour le respect animal, alors que leur sensibilité est reconnue, tant scientifiquement que juridiquement. Des études démontrent que ces grands animaux disposent d'un langage facial plus riche que celui des chimpanzés, comprennent une partie de nos émotions et sont plus sensibles à la douleur qu'on ne le croit. Chaque personne doit pouvoir garantir une vie sans souffrances à ses chevaux, et obtenir le respect du corps après la mort. 

Car les propriétaires de chevaux qui, pour des raisons financières ou éthiques, demandent la possibilité d'enterrer leur animal, sont traités par le mépris, dans la négation de leur relation affective. Ce dernier hommage, qui respecte la voie naturelle, est pourtant une réalité dans de nombreux pays, européens comme extra-européens.

Un nombre croissant de propriétaires de vieux chevaux préfère défier la loi, c'est-à-dire enterrer l'animal eux-mêmes après sa mort, plutôt que de céder aux sirènes du lobby boucher ou au racket des sociétés d’équarrissage.

Chronologie 

Lundi 1er septembre 2014, les 1ères assises de la filière équine se sont tenues à Caen, pendant les Jeux équestres mondiaux. Dans la dépêche AFP qui a suivi, le président de la fédération des boucheries hippophagiques de France Eric Vigoureux a remis en cause le droit des propriétaires de chevaux à s'opposer définitivement à l'abattage de leur animal en cas de vente. Peu de temps après, le CGAAER a rendu un rapport suggérant d'inciter les propriétaires à faire abattre davantage de chevaux, entre autres par la contrainte financière :

  • En limitant les possibilités d'exclusion de la chaîne alimentaire
  • En rendant possible l'abattage des chevaux médicamentés au bout de six mois
  • En rendant obligatoire une assurance fin de vie pour les chevaux exclus de l'abattage.

Ensuite, l'INRA a publié un rapport intitulé « L'évolution progressive de la fin de vie des chevaux considérée sous l'angle des pertes alimentaires dans les filières agricoles et d'élevage », dont l'auteur regrette que la « dimension affective » entre cavaliers et montures entraîne le « retrait de la chaîne alimentaire d’une fraction très significative de viande rouge de qualité disponible sur pied » !

Le rapport de FranceAgriMer, publié peu de temps après, veut une meilleure acceptation sociale de la viande de cheval et davantage d'abattages de chevaux de loisir. 

La filière de la viande a besoin de faire abattre les chevaux des propriétaires de loisir pour perdurer.

Les secondes assises de la filière équine, en septembre 2015, ont rendu la même conclusion, en faveur d'une « éducation des propriétaires » pour mieux leur faire accepter l'abattage... annonçant également que des travaux de mise aux normes et de modernisation des abattoirs français leur permettront bientôt de s'occuper de davantage de chevaux.

Le 14 octobre 2015, nous découvrons à travers les vidéos de l'abattoir d'Alès à quel point le personnel des abattoirs, pressé par des contraintes de rentabilité proches de l'esclavage, respecte le bien-être des chevaux... en leur tranchant la gorge et leur sciant les jambes ! 

Contrairement aux annonces du ministère de l'agriculture, envoyer un cheval à l'abattoir revient automatiquement à financer le lobbying boucher, puisqu'un prélèvement obligatoire intervient en faveur d'Interbev Equin, dont l'objet est (entre autres) d'augmenter la consommation de viande de cheval en France en organisant des dégustations gratuites.

Les lobbies de la viande n'ont pas à dicter les actes des propriétaires d'équidés. Les chevaux ne sont pas de la viande rouge disponible sur pieds pour la spéculation carnivore. 

Amélie Tsaag Valren et l'équipe de chevalsavoir.com



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