Pour l'Union de la gauche

Pour l'Union de la gauche

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Quand elle atteindra 200 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !
Écologistes et Humanistes a lancé cette pétition adressée à Benoît Hamon et à

Face à la division des forces et contre l’idée d’une victoire de l’idéologie libérale nationaliste, nous appelons à l’Union Sacrée de la gauche pour un humanisme écologique.

Les craquements résonnent de tous côtés.

D’une part, la colère sociale, cette rancœur de la raison qui s’élève pour la construction d’un nouveau sentiment de justice, de distribution et de cohésion. De l’autre, une douleur beaucoup moins bruyante car sans voix, celle du supplice de l’environnement et des générations futures.

Voilà plusieurs décennies que nous nous sommes laissés bercer par l’idée que pour répondre à nos besoin finis, il était souhaitable de croître sans fin, force est de constater que nous nous sommes trompés. Cette croyance nauséabonde dans l'égoïsme matériel, n’aura permis que la concentration des richesses derrière une illusion de progrès renforcée par la confusion bien pensée entre les fins et les moyens.  Malgré plus de deux mille milliards de richesses produites annuellement, il ne nous est toujours pas possible de garantir la satisfaction des besoins les plus élémentaires à l’ensemble de nos citoyens. Bien loin de remettre en cause le système de répartition des fruits de la “prospérité”, nos dirigeants ont une tout autre solution ; il faudrait produire plus, nous n’avons pas encore assez pour imaginer redistribuer. Pendant ce temps, dans les tréfonds de la pensée libérale, les inégalités explosent, et la nature périt.

Bien pire, il apparaît désormais dans la bouche d’une partie de la classe politique, que l’idée même de justice sociale, de garanties universelles soit un privilège bien trop coûteux pour nos sociétés d'opulence frugale. À quel moment avons nous fait le choix d’un monde où la superficialité trône toute puissante sur les épaules frêles d’une misère généralisée ?

Il existe pourtant, dans l’imaginaire collectif  la conscience qu’une autre organisation est possible, qu’il se trouve une limite au viol des principes fondamentaux de notre démocratie, que la solidarité n’est pas l’ennemie de la liberté, les revendications récentes en sont les témoins.  Il est courant chez ceux qui ne veulent rien changer, d’opposer les désordres naturels et les inégalités sociales. Bien au-delà du désirable, la justice sociale est pourtant aujourd’hui impérative. Si nous voulons collectivement faire face au péril écologique il nous faudra garantir à tous une existence décente et cela passera par un effort collectif proportionnel aux possibles.  Nous sortirons de la crise écologique par la solidarité ou nous n’en sortirons pas. Cette colère, qui naît de l’esprit même de la République et de l'indifférence court termiste, appelle à une refondation de l’humanisme autour de l’impératif écologique.

Moins de 100 jours. Le compte à rebours est lancé avant les élections européennes de mai 2019. Le décor est installé. Les acteurs, Macron et Salvini, sont prêts à entrer en scène pour une représentation maintes fois répétée. Le Président français, s’érigera en sauveur de Bruxelles, face à Il Cattivo Salvini, nouveau messie de l’«Europe des nations souveraines». Il apparaît alors qu’il n’existe que deux choix, tous deux irrationnels, celui de la haine ou celui du déni.

Pourtant en coulisses, le troisième rôle est encore disputé par de multiples prétendants, qui comme des mauvais acteurs sont individuellement convaincus d’assurer la seule alternative crédible. Les gauches se démultiplient refusant de faire corps pour proposer la seule voie possible, celle de la vie, digne pour tous, possible pour les générations futures.

Le sablier s’écoule ; le public assistera à la représentation, que la pièce se joue à deux… ou à trois. La gauche française peut-elle s’absenter pour ce qui pourrait déjà être la représentation finale ? Abandonnant la République en préférant laisser, complice, la vedette au duel entre libéraux et nationalistes, ce fameux antagonisme pourtant si symbiotique. Nous ne pouvons nous résigner. Pas pour des querelles d’égos. Pas pour la préséance de trôner en première place.

Ce n’est pas nier les différences que de prôner l’union, c’est faire le choix de les abandonner à la futilité de l’orgueil pour mieux se rassembler derrière l’idée commune de l’équilibre. Nous sommes aujourd’hui à la croisée de ces deux sphères des possibles que Jacques Ellul résumait déjà en 1970, celle  d’“une austérité subie, inégalitaire, imposée par les circonstances défavorables” ou celle d’ “une frugalité commune, générale, volontaire et organisée”.

Une union bâtie sur des valeurs communes, sur un constat partagé d’urgences mobilisatrices, la gauche en a besoin et elle saura la construire par la pluralité.

Ne pas agir est un choix et non une condition. Ces dernières semaines, nous avons vu les jeunes européens s’élever pour un changement radical en matière de politiques environnementales, nous avons vu les abandonnés de la croisade néolibérale se rassembler 16 fois déjà pour dénoncer l’hypocrisie du “Projet”. Les initiatives citoyennes ne suffiront pas, pas plus que les vertus de la responsabilité individuelle, alibi favori des libéraux. La volonté de combattre l’urgence climatique et de mettre fin à la politique des petits pas doit servir de ciment à l’union de la gauche pour bâtir un chemin du temps long. Accepter que ce ne sera pas facile, affronter nos modes de vie, ne contourner aucun tabou et proposer des politiques publiques ambitieuses, tel devrait être le fleuron rhétorique d’une gauche française unie pour affronter l’un des défis les plus importants de son histoire.

Voilà la raison pour laquelle, nous appelons à une union rebâtie sur un nouveau contrat social. Un contrat qui soit synonyme de véritables acquis sociaux, pour redonner un sens à l’effort commun, pour garantir les conditions d’une vie douce pour tous nos concitoyens à l’aube de changements majeurs. La France doit être prête à assumer son rôle dans les transformations multilatérales qui viennent, car le défi climatique est un défi de tous pour tous et non de chacun contre chacun. Nous nous devrons d’être un exemple pour les autres pays, une source d’inspirations pour les révoltes populaires et les revendications écologiques qui grondent en tout endroit.


Notre appel est simple, la tâche est immense. Si la gauche veut survivre, elle doit s’unir. Si les dirigeants ne souhaitent pas se retrouver d’eux mêmes, nous leurs demandons, en tant que militants, citoyens et républicains de le faire, car ils sont nos représentants et c’est aujourd’hui notre volonté.

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