Réponse à la lettre ouverte de Philippe Torreton à Jean-Luc Mélenchon

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Cher Philippe Torreton,

 

Je suis tombée par hasard sur votre lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon et celle-ci soulève deux points qui m’ont donné l’envie de vous répondre.

Votre lettre adresse à Jean-Luc Mélenchon deux reproches qui, à mon sens, auraient dû faire l’objet de deux interpellations différentes, à savoir la question des rapports Hamon / Mélenchon d’une part et, de l’autre, la notion de « coup d’état social » qui, dites-vous, vous choque.

En avril dernier, comme 19,58 % de nos compatriotes, j’ai voté pour Jean-Luc Mélenchon et je l’ai fait en partie parce que Mélenchon était le candidat de gauche le mieux positionné. Quelques mois auparavant, en raison des sondages qui le donnaient vainqueur, j’aurais probablement donné ma voix à Hamon, pour être sûre de voir un parti de gauche, quel qu’il soit, présent au second tour. Dans les deux cas, une simple opération arithmétique me permettait de me rendre compte du gâchis : ces candidats auraient-ils choisi l’union qu’ils auraient obtenu la victoire, quel que soit celui qui se serait désisté.

Que Jean-Luc Mélenchon ait sa part de responsabilité dans ce ratage, c’est indéniable ; que sa stratégie politique ne vous agrée pas est votre droit et il est légitime que vous profitiez de votre notoriété pour l’exprimer dans une lettre ouverte.

Ce qui me choque profondément, en revanche, c’est quand vous affirmez qu’Emmanuel Macron a « gagné l’élection sur un programme et une méthode » et que vous appelez cela de la démocratie. Emmanuel Macron a en effet gagné l’élection contre un programme et contre une méthode, contre le programme de la haine, de l’exclusion et du repli sur soi et contre la méthode de l’intimidation et de la grossièreté. Emmanuel Macron n’a pas été élu pour ce qu’il proposait, mais contre ce que proposait son adversaire, non pour appliquer la politique libérale qu’il annonçait, mais parce qu’il offrait de réelles garanties d’humanisme et de respect de l’autre, qu’il était le seul choix possible pour la France à ce moment-là.

Mais ce choix qui nous fut dicté par la peur et la honte, vous ne devriez pas l’apparenter à la démocratie, si ce nom doit être brandi pour nous faire accepter des mesures dans lesquelles nous ne nous reconnaissons pas.

Nous, c’est-à-dire tous ceux qui ont voté Emmanuel Macron pour faire barrage à Marine LePen, quelle que soit notre orientation politique, à l’appel d’un candidat déchu du premier tour ou librement, parce que nous placions certaines valeurs avant les politiques économiques. Nous avons été mus par la crainte, et nous nous sommes prononcés pour le moins effrayants des deux, mais cela ne démontre en aucun cas notre adhésion au programme de M. Macron.

Passer outre ce fait et considérer qu’on peut en notre nom appliquer des politiques que nous ne souhaitions pas et que nous estimons préjudiciables à la qualité du travail, et de la vie, dans notre pays, c’est cela, à mes yeux, le déni de réalité.

 

Cordialement,

Judith Ahon



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