Adressée à Président du Conseil Constitutionnel Monsieur Laurent Fabius

PETITION POUR UNE SEPARATION DE L'ETAT ET DU MEDEF

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PETITION POUR UNE SEPARATION DE L’ETAT ET DU MEDEF

AVANT D’ENONCER NOS 5 EXIGENCES - POUR QUE CETTE SEPARATION SOIT TRES SERIEUSEMENT ET LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE ACCOMPLIE - UN BREF ET TRISTE ETAT DE LA NATION EN 7 POINTS S’IMPOSE :

I – Les relations incestueuses et les collusions entre les élites politiques, économiques, administratives et judiciaires ne datent hélas pas d’hier. Néanmoins jusqu’au 7 mai 2017, il y avait eu à la tête de l’exécutif quelques femmes et quelques hommes politiques, de droite comme de gauche, ayant une certaine idée de la France et de l’intérêt général ; et il existait aussi un certain nombre de contre-pouvoirs démocratiques, qui au global assuraient un minimum d’indépendance du politique à l’égard du tout économique, indispensable garant d’une réelle souveraineté nationale et populaire.

II – Or il est désormais manifeste, au vu de la politique conduite par le nouveau gouvernement, que l’élection d'Emmanuel Macron à la présidence n’a été ni plus ni moins qu’un coup d’état institutionnel, usant et abusant des potentialités despotiques d’une constitution désormais définitivement disqualifiée. Ce coup d’état institutionnel a eu pour objectif de permettre à une infime minorité de la population – en gros les 300.000 adhérents du MEDEF, soit moins de 0,01% des inscrits – de confisquer l’intégralité de la souveraineté nationale au seul bénéfice du patronat français, et aux dépens de l’intérêt général et de la sécurité de toute la population active. En d’autres termes : une subordination totale du politique à l’économique, parfaitement anti-démocratique, et qui impose par conséquent une séparation rapide de l’Etat et du MEDEF, qui ont avec l’élection d’Emmanuel Macron procédé à une véritable opération de fusion-acquisition en parfaite cohérence avec le parcours professionnel du président en place.

III – En Marche ®, produit marketing politique de l'année du patronat français, façonné ex nihilo par un battage médiatique sans précédent est la parfaite illustration que le lobbying n’est bien au final que de la « corruption légalisée ». Ce mouvement n'a jamais eu d'autre fonction en effet que de démontrer « les preuves d’amour » promises de manière éhontée publiquement au MEDEF par Emmanuel Macron et qu’il s’agit désormais d’honorer avec le plus grand zèle obséquieux d’un côté et la plus grande brutalité sociale de l’autre. La manière avec laquelle le patronat français aura financé par de colossaux dons en nature une couverture médiatique gratuite et massive, détournant potentiellement les lois ou l'esprit des lois sur le financement des campagnes politiques, doit être aujourd’hui impérativement l’objet d’une investigation approfondie : pouvant conduire, si le caractère déloyal de la campagne était objectivement établi, à une forme d’impeachment constitutionnel sur Emmanuel Macron par l’invalidation de son élection.

IV – La mécanique électorale de la Vème République aura finalement été détournée et pervertie pour convertir, en pratique, le suffrage universel en suffrage férocement censitaire. Le prétendu dépassement « progressiste » du clivage droite-gauche et le soi-disant avènement de la « société civile » ne sont en réalité que les faux-nez de l’accaparement régressiste du pouvoir politique en direct par les 1% qui entendent bien gérer la France comme une entreprise à leurs ordres : à savoir de manière despotique, muselant la presse et tout débat démocratique, s’appuyant sur un personnel parlementaire brillant surtout par son incompétence et sa servilité opportuniste toute corporate, et sans aucune autre considération que les intérêts communautaires très particuliers des plus grosses fortunes de ce pays : en rien alignés, comme on essaie de nous le faire croire ce dont personne n’est dupe, sur ceux du 99% du peuple français, car laissant à leur charge le coût des colossales externalités produites par ce type de gestion inspirée du pire capitalisme financier productiviste qui soit.

V – L’entreprise en cours de démolition du code du travail est symptomatique de la dérive despotique d’un pouvoir politique agissant aux ordres du patronat. Dans la méthode, ce gouvernement se sera illustré par une violence et un cynisme qu'aucun aucun prédécesseur n’aurait osé même imaginer.  Agression sociale d’une veulerie caractérisée, perpétrée dans une période de vacances, par ordonnances et sans aucun débat parlementaire, et dans un langage largement technocratique dépourvu de toute honnêteté intellectuelle car il n’a d’autre fonction que de masquer la profonde violence de l’agression. Sur le fond, c’est bien en vain que l’on cherchera une mesure permettant de créer théoriquement le moindre emploi. L’examen attentif des ordonnances montre que l’objectif réel n’est pas de créer de l’emploi, mais de renforcer considérablement sociale le pouvoir, et les abus de pouvoir, du patronat exercé sur des salariés déjà largement précarisés et ubérisés. Emmanuel Macron avait vendu pendant la campagne de manière quasi-messianique la fléxi-sécurité à la scandinave ou à l’allemande, et « l’invention de nouvelles protections » (sic) : où sont-elles donc passées ? Emmanuel Macron aura tout simplement menti à ses électeurs et aux Français, en s’inspirant en réalité du modèle américain du travailleur ubérisé, consommable et jetable : « Make MEDEF great again ! » tel est le réel slogan de cette présidence.

VI – L’objectif de cette énième loi travail est précisément de permettre davantage de précarité mais aussi une intensification à outrance du travail, dont les coûts financiers et humains seront au final supportés par la collectivité : le MEDEF n'ayant d'autre ambition que de presser toujours plus violemment le citron de ses "ressources humaines" sans en assumer les dégâts occasionnés et de se responsabiliser totalement par la généralisation de contrats de salariat déguisés. Il s’agit très clairement d’une nouvelle opération de privatisation des bénéfices et de nationalisation des pertes, visant à réaliser un transfert déguisé, qui ne dit pas son nom, de la richesse nationale vers celle des plus fortunés. L’attaque en règle contre le CHSCT, qui assurait un minimum de barrières à l’exploitation physique sans limite des salariés, est tout à fait représentative du profond mépris de classe et d’indifférence totale, hélas bien répandue dans le patronat français, à l’égard de la souffrance au travail. Chaque année, dans l’indifférence la plus totale de pouvoirs technocratiques complices, plus de 700 salariés meurent d’accidents de travail, à peu près autant de suicides, 50.000 maladies professionnelles sont déclarées, et l’on estime à entre 15.000 et 30.000 les cancers professionnels détectés chaque année. Il est grand temps que des limites de santé publique soient enfin posées par l’Etat au patronat français sur ses pratiques occultes et profondément inhumaines de « gestion statistique a minima des risques professionnels », pour enfin remédier au plus grave problème de sécurité que connaît réellement ce pays, et qu’on lui cache : la santé et la vie même des salariés au travail.

VII – L’amiante seule tue plus de 3.000 travailleurs français par an (soit plus de trois fois le nombre d’homicides) et fera au total jusqu’en 2025 100.000 morts : soit 100.000 HOMICIDES commis en toute connaissance de cause et en TOUTE IMPUNITE par le patronat français. A ce titre le gouvernement en place, aux bons et loyaux services du MEDEF, a très rapidement lancé des messages très clairs au patronat pour le rassurer sur le respect absolu de l’omerta et de l’impunité totale dont bénéficient le patronat français quant à ses crimes et délits économiques en col blanc, qui sont aujourd’hui de facto entièrement dépénalisés : recrutement d’un personnel gouvernemental ayant démontré à titre personnel un parfait mépris pour la légalité en matière économique, un Parquet national financier étonnamment passif face à des scandales en cascade, la relaxe récente et sidérante de la banque Landsbanki ou, encore bien plus grave, le non-lieu annoncé par le Parquet de Paris en juin dernier concernant les procédures pénales en cours depuis de longues années sur l’amiante, pour le plus grand désespoir des victimes et l’effarement médusé de tous les Français. Où est donc par conséquent en réalité l'égalité des citoyens devant la loi, théoriquement au coeur du projet républicain français, et inscrite à l'Article I de la Constitution ?

COMME NOTRE GOUVERNEMENT EOLIEN AIME A LE REPETER AD NAUSEAM A L’UNISSON AVEC LE MEDEF : « IL FAUT ALLER VITE »

EN EFFET IL FAUT ALLER VITE, MAIS DANS UNE DIRECTION RADICALEMENT OPPOSEE : CELLE D’UNE SEPARATION DE L’ETAT ET DU MEDEF EN PRENANT POUR MODELE LA LOI DE 1905, TOUT A FAIT COMPARABLE DANS SON OBJECTIF D'AFFERMIR UNE SOUVERAINETE NATIONALE INDEPENDANTE D'INTERETS PARTICULIERS.

NOUS EXPOSONS ICI NOS 5 EXIGENCES POUR QUE CETTE SEPARATION INTERVIENNE : VITE.

I – NOUS EXIGEONS LA MISE EN PLACE D’UN REFERENDUM POUR TRANCHER CETTE REFORME DU CODE DU TRAVAIL, et pour déterminer ainsi de manière réellement démocratique si, oui ou non, la politique conduite par le gouvernement en place est souverainement suivie par une majorité du peuple français, à plus de 90% salarié, ou si elle lui est imposée par la force en abusant des leviers despotiques de la constitution actuelle.

II – NOUS EXIGEONS LA CREATION D’UNE COMMISSION D’ENQUETE PARLEMENTAIRE INDEPENDANTE, pour permettre d’investiguer sur le caractère loyal ou déloyal de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron. Il s’agira notamment de déterminer, de manière quantitative et objective en comparant le traitement des autres candidats, si la couverture médiatique colossale et gratuite que lui auront offert les grands médias de ce pays, concentrés dans les mains du grand patronat français, ne doit pas être requalifiée et valorisée comme « dons en nature », pour des opérations qui furent de fait des « publi-reportages déguisés ».

III – NOUS EXIGEONS UNE LOI DE MORALISATION ET DE DEMOCRATISATION DE LA VIE ECONOMIQUE, car le patronat bénéfice aujourd’hui d’une zone de non droit à l’intérieur des murs de l’entreprise, faisant fi trop fréquemment et impunément des lois de la République : 1) renforcement des prérogatives des instances représentatives du personnel vers plus de démocratie dans la gestion de l’entreprise et un meilleur respect du code du travail par les employeurs, trop souvent bafoué aussi mince soit-il par ces derniers, et ne laissant aux salariés que la voie bien incertaine et épuisante du chemin de croix des prud’hommes (qui plus est question les indemnités sont désormais plafonnées comme si les préjudices étaient, eux plafonnés par les employeurs) 2) mécanismes de protection du dialogue social pour lutter efficacement contre la répression et la discrimination syndicale 3) création d’un véritable statut protecteur pour les lanceurs d’alertes (la loi Sapin 2 fut sur le sujet un énième enterrement technocratique dont notre pays a le secret) et 4) loi cadre de (re)criminalisation et de (re)pénalisation d’un ensemble de comportements patronaux délictueux et criminels échappant aujourd’hui complètement au champ pénal, relégués dans un circuit purement administratif d’une inefficacité et d’une clémence absolues.

IV – NOUS EXIGEONS LA CREATION D’UN OBSERVATOIRE DE LA DELINQUANCE ET DE LA CRIMINALITE ECONOMIQUE, permettant de mesurer précisément les crimes et délits commis par les entreprises et leur dirigeants, et d’en informer ainsi de manière visible les citoyens qui pourront ainsi en faire, enfin, un réel enjeu du débat démocratique : et contribuer à mettre un terme à l’omerta et à l’impunité totales dont bénéficie aujourd’hui le communautarisme patronal au mépris de la souveraineté populaire et de l’intérêt général. Il s’agira notamment de quantifier précisément le coût financier annuel des diverses fraudes (notamment l’évasion et l’optimisation fiscale des grandes fortunes comme des entreprises, mais aussi les diverses escroqueries commises à l’égard de consommateurs, de concurrents, de fournisseurs, des pouvoirs publics) ainsi que son coût humain global : insécurité et mortalité au travail, délinquance et criminalité environnementale et sanitaire, produits frauduleux et dangereux (agro-alimentaire, automobile, pharmacie, tabac). En France, mais aussi à l’étranger, en particulier en « Françafrique », qui par ses prédations économiques spolie et ruine les peuples Africains, contribuant à une profonde misère acculant au final nombre d'Africains à l'exil dans des conditions inhumaines.

V – NOUS EXIGEONS, ENFIN, LA NOMINATION D’UN(E) MINISTRE DE LA JUSTICE QUI SE SERA ILLUSTRE(E) POUR DES PRISES DE POSITION COURAGEUSES FACE AU POUVOIR ECONOMIQUE, AINSI QUE LA DEMULTIPLICATION DES RESSOURCES ALLOUEES AU PARQUET NATIONAL FINANCIER, AUX BRIGADES FINANCIERES, ET AU SYSTEME POLICIER, JUDICIAIRE ET CARCERAL DANS SON ENSEMBLE, pour que des moyens réellement sérieux soient mis en place pour l’instruction pénale accélérée des affaires de criminalité en col blanc des entreprises, mais aussi de leur dirigeants -condamnations pénales enfin établies, avec peine de prison ferme pour des cas graves, en lieu et place de la totale inapplication actuelle du code pénal des affaires – pour que la culture de l’impunité systématique cesse dans ce pays, et que l’égalité républicaine des citoyens devant la loi ne soit plus un vain mot : car c’est bien là que la souveraineté populaire commence ou, comme le gouvernement actuel le souhaite si ardemment : s’arrête.

Cette pétition sera remise à:
  • Président du Conseil Constitutionnel
    Monsieur Laurent Fabius


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