Des violences policières inacceptables sur le campus de Nanterre

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Des violences policières inacceptables sur le campus de Nanterre

Nous, personnels de l’université de Nanterre, avons ce lundi 9 avril 2018 été témoins de violences policières inacceptables et sidérantes sur notre campus.

Une AG étudiante spontanée s’est tenue à 14H30. Environ cent-cinquante à deux cents étudiants de l’université se sont réunis dans un amphithéâtre pour parler des suites de la contestation à la loi ORE. Nous pouvons attester du déroulement pacifique de cette discussion collective concernant l’avenir de l’université. Aucune dégradation n’a été commise à cette occasion.

Certains d’entre nous, enseignants et personnels administratifs, tenaient en parallèle une réunion sur le même sujet dans le hall à l’entrée de l’amphithéâtre, alors que d’autres assistaient impuissants aux manœuvres des CRS depuis l’extérieur du bâtiment.

Nous sommes extrêmement choqués du recours à une intervention policière (gendarmerie et CRS) à l’intérieur des bâtiments de l’université pour déloger et interpeler des étudiants (ce qui est à notre connaissance inédit dans l’histoire de l’université de Nanterre). Cette intervention a généré d’importantes violences à l’égard des étudiants à l’intérieur de l’amphi et lors de leur évacuation (personnes trainées par terre, matraquage, usage de lacrymogènes, un étudiant interpellé embarqué sans ses chaussures, cinq CRS pour maitriser un étudiant qualifié de « bête féroce »…). Tout cela a été filmé, notamment par des journalistes de l’AFP présents au moment des faits.

Compte tenu de la configuration des lieux et du confinement occasionné, un risque majeur a été pris quant à la sécurité des étudiants et des personnels enseignants et administratifs séquestrés pendant plusieurs heures, sous la menace des policiers.

Rien ne justifiait et ne peut justifier ce recours aux CRS et à la gendarmerie envers une assemblée étudiante. Nous sommes choqués de voir la présidence de l’université de Nanterre prendre une décision si grave et la responsabilité d’actes de violence, de surcroit sur le fondement d’arguments mensongers.

En effet, contrairement à ce qui a été communiqué par la présidence, les étudiants étaient bien plus qu’une vingtaine (environ cent cinquante), aucune dégradation n’a été commise, et ils ont demandé à dialoguer de manière répétée avec M. Balaudé, président de l’université.

Des représentants des personnels à l’intérieur comme à l’extérieur du bâtiment ont également tenté de manière répétée d’établir ce dialogue, en vain.

Nous nous interrogeons sur le choix de la présidence d’appeler les forces de l’ordre, présentes en nombre dès 10h30 aux portes du campus. Nous nous étonnons également de la disproportion des forces mobilisées : neuf camions et un bus de CRS et gendarmerie pour déloger « une vingtaine d’individus non identifiés » ! (Communiqué de M. Balaudé à 15h15.)

Nous nous inquiétons de la répression grandissante des mouvements de contestation de la loi ORE à Nanterre comme à l’échelle nationale.

Nous refusons les interventions policières à l’université de Nanterre comme dans toutes les universités.

Nous exigeons que soit respecté le droit de se réunir, de débattre et de manifester dans l’université, lieu de formation et d’émancipation.

Nous demandons la libération immédiate des étudiants arrêtés et l'abandon des charges.

A Nanterre, le 9 avril 2018

Les premiers signataires et témoins (professeur.e.s, maitre.sse.s de conférence, post-doctorant.e.s, doctorant.e.s, chargé.e.s de recherche CNRS, ingénieur.e.s, personnels de bibliothèques, administratifs et techniques de l’université Paris-Nanterre) 

Agnès Deboulet, Stéphane Tonnelat, Alessia de Biase co-directeurs de l’UMR LAVUE
Aurélie Quentin, directrice du laboratoire Mosaïques-LAVUE
Olivier Le Noé, directeur de l’UMR ISP
Stéphane Rican, responsable de l’UMR LADYSS à Nanterre
Pascale Philifert, directrice du département de géographie
Damien Mottier, directeur du département des Arts du spectacle
Frédéric Dufaux, Mosaïques-LAVUE, ancien secrétaire CHSCT
Kevin de la Croix, Mosaïques-LAVUE
Selin Le Visage, Mosaïques-LAVUE
Nicolas Verhaeghe, Mosaïques-LAVUE
Bassem Mouad, LADYSS
Mathilde Fautras, LADYSS
Claire Carroué, Mosaïques-LAVUE
Julie Lavielle, ISP
Victor Violier, ISP, ANCMSP
David Frati, Mosaïques-LAVUE
Hélène Nessi, Mosaïques-LAVUE
Alexis Gonin, Mosaïques-LAVUE
Mathieu Grégoire, IDHES
Charlotte Girard, Dpt. Droit et Sciences Politiques
Patrice Maniglier, Dpt. Philosophie
Frédérique Sitri, Dpt. Sciences du Langage
Hugo Dumoulin, Laboratoire SOPHIAPOL
Daria Saburova, Laboratoire SOPHIAPOL
Paul Guilibert, Laboratoire SOPHIAPOL
Elsa Bourdier, UMR CREDOF
Aleksandra Mikanovic, ISP
Gérôme Truc, ISP
Yan Dalla Pria, IDHES
Nicolas Simonpoli, ISP
Alexandra Oeser, ISP
Thierry Labica, LCE-FSU
Julie Robert, DRED-SNASUB-FSU
Delphine Griveaud, ISP
Magali Vautelin, ISP
Cécile Rodrigues, ISP
Nathalie Cau, IGE, HAR
Marie-Hélène Bacqué, Mosaïques-LAVUE
Estelle Baudou, HAR
Thibaut Brouillet, Dpt. STAPS
Annie Bertin, Dtp. Sciences du Langage
Bernard Friot, IDHES
Typhaine Rahault, IDHES
Zoé Vaillant, LADYSS
Aurélien Dasré, CRESSPA-GTM
Louise Toupin, Université du Québec à Montréal
Sabine Fortino, GTM-CRESPPA-CNRS



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