Le Conquet-Trébabu-Plougonvelin : extension de porcherie et épandages, quels risques ?

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En réponse à Monsieur Mathieu Gouérec

Courrier à Mathieu Gouérec (fils et frère des cogérants du Gaec des Primevères), en réponse au message qu’il a adressé au collectif, mais que nous nous interdisons de publier sans son autorisation expresse.

Cher Monsieur,

Nous avons bien reçu votre message du 26 juin dernier, et apprécions l'esprit de dialogue qui l’inspire.

Nous avons découvert en vous lisant que le projet du GAEC des Primevères va rassembler trois exploitations, et non simplement louer des parcelles à deux autres exploitations distinctes pour épandre le lisier. En outre, ce qui ressort à première vue du dossier à consulter est : +60% de porcs et + 50% de vaches pour le GAEC.

Nous avons examiné les données que vous nous communiquez dans votre courriel, données dont nous voulons bien vous faire crédit jusqu'à plus ample information. Toutefois, nous sommes très surpris de ne pas avoir trouvé ces éléments dans le dossier de demande d’extension, lequel aurait dû se faire l'exact reflet du projet ; ce qui aurait semble-t-il pu faciliter, sinon son acceptation, du moins sa compréhension par le public.

Autre élément qui nous interpelle en raison d'une présentation de la question des épandages qui nous apparaît très embrouillée : pourquoi doubler la surface d’épandage du GAEC des Primevères, puisque vous indiquez qu'en définitive, le nombre de bêtes va baisser ?

Nous avons bien noté que le projet portait sur le développement d'une production Label rouge qui nécessite un affinage de 40 jours sur paille, ce qui est certes moins agressif qu'un élevage tout-caillebotis. Mais nous pensons à ce stade que, quitte à lancer des opérations importantes de restructuration des élevages (mobilisant probablement d'importants crédits publics venant des contribuables français et européens), l'intérêt collectif consisterait plutôt à solliciter les aides publiques existantes pour se diriger vers un élevage intégral sur paille. Et à terme la production biologique serait bien sûr idéale, à l'instar d’autres agriculteurs qui ont déjà franchi ce cap.

Riverains, consommateurs, usagers des eaux souterraines et de surface, protecteurs de l'environnement, citoyens inquiets pour le climat et la santé et, bien sûr, éleveurs eux-mêmes, ont tout à gagner à concrétiser une transformation d’avenir. Et ceci avec le concours de tous les acteurs : professionnels (chambres d'agriculture, Crédit agricole et autres intervenants financiers, CUMA, distributeurs ...), élus (de tous bords), associations citoyennes, scientifiques, professionnels de santé… Pourquoi ne pas s'y engager ?

Encore un mot sur l'interview de votre père dans le Télégramme de ce jeudi matin : chacun a pu noter que notre Collectif veut se tenir à distance de quelque obédience que ce soit, dans un souci de neutralité. Les politiques peuvent et doivent s'emparer du débat, mais quels qu’ils soient, ils ne sauraient parler en notre nom - même s'ils partagent une bonne partie de notre approche.

Nous espérons que vous aurez noté, comme M. le Maire de Plougonvelin, que nous sommes restés totalement en retrait des discussions pré-électorales dans sa commune. Quelles que soient nos opinions et appartenances individuelles, ce qui nous réunit, aussi différents que nous soyons les uns des autres, c'est l'avenir de notre environnement, la qualité de vie, et ce que nous transmettrons à nos héritiers.

 

Cordialement,

Le Collectif Sous l’épandage la plage !

Collectif Sous l'épandage la plage !
12 months ago