STOP à la violence contre la population et justice pour les familles de victimes en Guinée

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Pour une enquête internationale sur les graves violations des droits humains perpétrées par les forces de défense et de sécurité de la Guinée, avant et après les élections du 18 octobre 2020 

Le contexte pré-électoral du scrutin du 18 octobre 2020 a été marqué par des sérieuses violations des droits humains, commises par les forces de sécurité de la Guinée, dans le cadre d’un référendum constitutionnel, permettant au président Alpha Condé de se représenter comme candidat, au-delà de ses deux mandats. Selon Amnesty International, près de 50 manifestants ont été tués par balles par les forces de défense et de sécurité entre octobre 2019 et septembre 2020. Le processus électoral aboutissant au scrutin du 18 octobre a été largement boycotté par l’opposition politique et par le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC). 

 Les jours précédant et suivant le scrutin ont également été caractérisés par des violences qui  ont éclaté un peu partout dans le pays et particulièrement dans la capitale à Conakry où près de 9 personnes ont été tuées suite à des tirs par balles selon un communiqué d’Amnesty International. Cet usage mortel de la force ainsi que le déploiement d’unités militaires pour assurer le maintien de l’ordre constituent des violations manifestes des Principes de base de l’ONU sur le recours à la force et l'utilisation des armes à feu par les responsables de l'application des lois, ainsi que des règles générales de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP). L’impunité envers les perpétrateurs caractérise aussi l’état des lieux sur ces violences par les forces de sécurité depuis quelques années en Guinée.

Les jours suivant le scrutin ont également été marqués par :

  • L’emprisonnement illégal du principal candidat de l’opposition, M. Cellou Dalein Diallo de l’Union des forces démocratiques de la Guinée, empêché de quitter son domicile et d’y recevoir des visites 
  • Des coupures d’Internet et des services de télécommunications, qui constituent une entorse à la liberté d’expression et du droit à l’information, jugées illégales par une décision récente de la Cour de justice de la CEDEAO.
  • La coupure du site d’informations Guineematin, par une décision des autorités gouvernementales.
  • Une entrave à la liberté de mouvement dans plusieurs quartiers de Conakry et de Labé, qui mettent en péril la capacité de ces populations à subvenir à leurs besoins.
  • La démission de deux commissaires de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dénonçant des cas de fraude, durant le scrutin, en faveur du Président Condé.

    Cette pétition s'adresse à toute personne éprise de justice mais aussi à toutes les organisations compétentes susceptibles de changer les choses pour que cesse la répression contre la population et que justice soit faite pour les victimes et leurs familles.

Considérant ces violations, nous appelons le Parlement européen à exiger :

  • Une enquête internationale, crédible et transparente sur les violations des droits humains commises avant et après le scrutin du 18 octobre 2020, afin de rendre justice aux victimes et leurs familles.
  • De sanctionner pénalement les auteurs des violations des droits humains durant cette période.
  • De conditionner l’appui aux institutions guinéennes en matière de développement et de renforcement des capacités à une reddition des comptes sur les différentes violations dénoncées par Amnesty International, Human Rights Watch et Tournons la Page-Guinée (TLP-Guinée)
  • De suspendre tout programme de coopération et de partenariat avec les forces de défense et de sécurité de la Guinée, en particulier l’Unité spéciale de sécurisation des élections (USSEL), sous réserve des enquêtes qui seront menées par les autorités guinéennes.
  • D’interdire de séjour dans l'espace Schengen tout officiel politique et sécuritaire guinéen, impliqué dans ces tueries.

Liens:

Amnesty International. Octobre 2020. Guinée. Des récits de témoins, des videos et images satellites analysées confirment les tirs à balles réelles par les forces de défense et de sécurité sur des manifestants: https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2020/10/guinee-images-satellites-tirs-balles-reelles-par-les-forces-de-defense/ 

Amnesty International. Octobre 2020. Guinée: Marcher et mourir. Urgence de justice pour les victimes de répression des manifestations en Guinée:https://www.amnesty.org/fr/documents/afr29/2937/2020/fr/ 

Human Rights Watch. September 2020. Guinea: Security Forces Failed to Stem Election Violence:  https://www.hrw.org/news/2020/09/25/guinea-security-forces-failed-stem-election-violence 

Human Rights Watch. September 2020. “They Let People Kill Each Other”: Violence in Nzérékoré during Guinea’s Constitutional Referendum and Legislative Elections: https://www.hrw.org/report/2020/09/25/they-let-people-kill-each-other/violence-nzerekore-during-guineas-constitutional