HYPOTHERMIE : créons un registre pan-européen obligatoire et compréhensif

HYPOTHERMIE : créons un registre pan-européen obligatoire et compréhensif

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Quand elle atteindra 100 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !
Garry Sandison a lancé cette pétition adressée à Parlement européen

Le 1er février 1954, dans une rue parisienne, une femme sans-abri mourut du froid, tout en tenant dans sa main la notice même de son éviction deux jours auparavant. Puis quelques heures plus tard un prêtre capuchin, Henri Grouès (« l’Abbé Pierre »), livra à la France entière un discours radiophonique dont le retentissement n’est probablement dépassé que par le seul appel du Général de Gaulle, le 18 juin 1940, à la résistance. Et ce fut ainsi que l’Abbé Pierre lança la campagne qui mena non seulement à l’interdiction française des évictions en hiver (la « trêve hivernale »), mais aussi à la reconnaissance légale du droit au logement.

Or, aujourd’hui encore des gens meurent toujours dans des conditions de logement insalubre, voire franchement sans abri. Et tandis que notre climat planétaire devient de plus en plus imprévisible, avec une hausse progressive de la fréquence d’évènements extrêmes, nous ne pouvons qu’attendre à une hausse parallèle de l’exposition des citoyens les plus vulnérables, aux conditions météorologiques qui menacent de les tuer.

Puisque la santé humaine dépend d’un maintien strict de la température corporelle proche de la norme de 37,2˚C, en hiver l’extrême froid met en danger la survie de chaque personne exposée. Quand la température interne descend vers 35˚C, l’hypothermie tourne vite meurtrière.

Y aurait-il, cependant, une illustration plus tonitruante du caractère fondamental du droit au logement adéquat que la mort d’un citoyen du froid ? Nous suggérons que saisir à bras le corps la question de l’exposition des gens mal-logés ou sans-abris aux conditions d’extrême froid hivernal est non seulement une action d’urgence vitale dans chaque cas individuel ; il est également une façon de ramener l’un de nos droits humains les plus fondamentaux à sa juste place, au cœur du débat public.

Nous faisons campagne sur deux fronts. D’un côté, nous préconisons l’émulation, à travers l’ensemble des états-membres de l’Union européenne (UE), de ce grand exemple pionnier fourni par la France, le pays qui — depuis la célèbre action historique menée par l’Abbé Pierre en l’hiver 1954 — interdit légalement toute éviction en hiver, dont notamment cet hiver-ci, du 1er novembre 2019 jusqu’au 31 mars 2020. Notons en passant que les améliorations les plus récentes de la loi française interdisent également en hiver les coupures économiques d’eau, d’électricité ou de gaz domestiques.

De l’autre côté, nous réclamons la création, dans chaque état-membre de l’UE, ou mieux encore au niveau fédéral de l’UE dans son ensemble, d’un registre obligatoire des cas d’hypothermie ; car sans données scientifiques précises notre société ne saurait se préparer aux pires effets du changement climatique global déjà en marche. Ces données fourniraient une base objective et rationnelle pour des programmes de prévention de blessures ou de mort par hypothermie.

En fédérant nos efforts citoyens à travers l’UE dans sa totalité, nous espérons diriger à l’encontre de chaque gouvernement national des moyens de pression démocratique d’une envergure continentale. Et si déjà l’exemple éclairé de la France puisse inspirer une mouvance analogue dans un seul autre pays européen, alors quelle pourrait être la puissance inspiratrice de mouvances citoyennes, jumelées, dans ces deux états-membres à la fois ? Et puis dans trois états-membres, et puis quatre, et cinq… ?

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