« Chère France, aidez le Cambodge à retrouver la voie de la démocratie »

0 have signed. Let’s get to 2,500!


Monsieur le Président de la République,


Nous, communauté Cambodgienne de France, vous écrivons une nouvelle fois, afin de vous témoigner de la situation précaire des droits de l’homme au Cambodge et qui porte atteinte à la liberté des droits fondamentaux humains.  Le 23 octobre 1991, la France et de nombreux pays s’étaient engagés solennellement à œuvrer pour la paix, et la stabilité au Cambodge, en signant tous ensemble lesdites Accords de Paix de Paris. Aujourd’hui, cela fait vingt-huit ans que notre pays ne connaît toujours pas la démocratie et vit dans l’insécurité, au quotidien.

Monsieur Hun Sen, est le même Premier Ministre depuis trente-quatre ans et dirige le pays d’une main de fer. Sa prise de pouvoir a plongé le pays dans la corruption et l’inégalité à tous les niveaux. La population civile est victime du système et c’est elle qui en subit les lourdes conséquences : restriction de la liberté d’expression, harcèlement moral et violences physiques exercés sur les membres de la société civile, par les forces armées et la police, expropriations des terres, déplacements forcés des familles dans les zones reculées et insalubres, fermeture des médias indépendants (radios, presses), menace de fermeture des ONG si elles ne respectent pas la neutralité politique.

Les dernières élections législatives de juillet 2018, ont souligné la fin de la démocratie au Cambodge, puisque celles-ci se sont déroulées sans le parti principal d’opposition (le CNRP), en raison de sa dissolution en novembre 2017. Ce qui a permis au parti actuel de remporter sans surprise l’ensemble des sièges du parlement. Le gouvernement a été formé illégitimement et à l’encontre même de la constitution Cambodgienne.  

Le Président du parti d'opposition Monsieur Kem SOKHA, a été emprisonné pour « trahison et espionnage ». Il a été transféré de prison et est actuellement en résidence surveillée. Cela fait un an et demie maintenant. Toute une batterie de mesures judiciaires a été mise en place pour contrôler tous ses faits et gestes et cela dans le but d’anéantir toute forme de droit et détruire le parti d'opposition.
Les efforts orchestrés sans relâche par le gouvernement actuel, démontre une volonté ferme de maintenir le pouvoir et le régime en place. A présent, on ne peut plus parler d’état de droit au Cambodge, mais de dictature. La démocratie se meurt devant nous. C’est insupportable de voir le pays s’auto-détruire. Comment pouvons-nous laisser tous ces Cambodgiens vivre dans la peur ? Que fait la France face à cette injustice ? Manque t-elle à son devoir ? Où est-elle ?
 
La France et de nombreux pays démocratiques, sont intervenu rapidement en faveur du parti d’opposition au Venezuela et cela, en très peu de temps. Pourquoi la France ne ferait-elle pas le même effort pour soutenir la démocratie au Cambodge ?
Nous nous permettons d’insister Monsieur le Président, car la France est co-Présidente des Accords de Paix de Paris et aujourd’hui Monsieur Macron, c’est vous notre Président de la République. Alors c’est à vous que nous demandons de l’aide.

Par cette présente et au vu de la situation d’urgence, nous vous demandons de bien vouloir :

-        Réunir tous les pays signataires et membres de la conférence de Paris et d’appliquer selon l’article 29, toutes les dispositions appropriées, dans le cadre de la violation des accords de paix, afin d’assurer le plein respect des engagements
-        Aider le Cambodge avec le soutien de l’ONU, dans la réorganisation des élections législatives, qui doivent être libres, équitables et transparentes et cela afin de restaurer la démocratie au Cambodge. Ce qui comprend : la réintégration du parti principal d’opposition (le CNRP) et de ses membres au sein du gouvernement, le retour de l’immunité parlementaire des membres de l’opposition et la libération immédiate sans condition, de Monsieur Kem Sokha.
-         Ne pas reconnaître le gouvernement illégitime de Monsieur Hun Sen.
Vous pourrez trouver en pièces jointes, l’ensemble des signatures des participants, qui se sont mobilisés autour de ce combat, pour faire appel à votre solidarité et nous espérons, votre intervention.
Ensemble, rétablissons la démocratie au Cambodge. Nous vous prions d’agréer Monsieur le Président, l’assurance de notre haute considération.
 

Les Cambodgiens de France