Lettre ouverte - Pour des mesures fortes pour les familles et les établissements de l'EFE

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Lettre ouverte à Monsieur Olivier Brochet, Directeur de l'AEFE

Monsieur le Directeur,

Le réseau des établissements d’enseignement français à l’étranger a pour mission de scolariser les enfants français établis hors de France et est aussi, avec presque deux tiers d’élèves étrangers, le navire amiral du rayonnement international et de la diplomatie d’influence de la France.

A l’heure où le Centre d’Analyse, de Prévision et de Stratégie (CAPS) du MEAE prévoit le possible effondrement d’états, ce navire ne sera pas épargné par la tempête actuelle et le risque de naufrage est grand. Les familles, qui financent 80% du réseau sont durement touchées, certaines ruinées, par la crise économique liée à la crise sanitaire et ne peuvent plus assumer ce financement seules et encore moins davantage. C’est pourquoi nous avons sollicité de l’État français un plan d’urgence et le versement d’une aide exceptionnelle à l’Agence, afin de vous donner les moyens de prendre les mesures nécessaires pour éviter l’effondrement du réseau.

Lorsque l’Agence a connu des périodes difficiles, comme l’amputation de son budget il y a 3 ans, les établissements et les familles ont dû répondre présent. Aujourd’hui, l’Agence, les établissements et ces mêmes familles se trouvent face à une crise d’une toute autre ampleur et ne pourront pas faire face seuls. Le risque de défection de nombreuses familles et de faillite d’établissements est aujourd’hui bien réel. Sans familles il n’y a pas d’élèves et sans élèves il n’y a pas d’école.

Monsieur le Directeur, il est aujourd’hui de votre responsabilité d’évaluer le montant de l’aide d’urgence pour sauver le réseau sans perte de familles, sans fermeture d’établissements et d’en appeler impérieusement et urgemment à votre tutelle, comme nous l’avons fait.

Un pilotage stratégique et cette aide devront permettre en priorité :

  • De réduire les écolages durant la période d’enseignement à distance afin que les familles puissent faire face aux dépenses supplémentaires que cela leur occasionne (arrêt de travail pour encadrer les enfants, achat de matériel informatique, recours à des tuteurs…) ;
  • De réduire les écolages pour les classes maternelles pour lesquelles la continuité pédagogique est particulièrement difficile à mettre en place ;
  • De permettre aux établissements subissant des pertes de revenus d’y faire face et de préserver leur santé financière afin de pouvoir traverser la crise ;
  • De maitriser les frais de scolarité sur une période triennale ;
  • De mettre en œuvre des mesures de solidarité pour toutes les familles ;
  • De mobiliser des moyens pour venir en aide aux élèves ayant eu des difficultés à suivre l’enseignement à distance (élèves non français, EBEP, familles non connectées…) ;
  • De ne pas tuer le lien de confiance qui lie les familles à notre modèle d’enseignement.

Vous trouverez dans notre courrier le détail de toutes les mesures qu’il nous semble indispensable d’adopter, élaborées avec nos adhérents gestionnaires et non gestionnaires consultés en urgence et que nous listons ci-dessous :

  • Assurer un pilotage fort de la continuité pédagogique
  • Veiller à la tenue de Conseils d'Etablissements Extraordinaires 
  • Accompagner les établissements dans la mise en place de mesures de baisse des charges
  • Augmenter l’enveloppe des bourses et étendre la procédure de recours gracieux extraordinaire à l’ensemble des pays du réseau.
  • Répercuter sur les établissements l’aide d’urgence sous forme de mesures fortes et indispensables qui permettront d’alléger les charges de l’ensemble des familles selon les impératifs du contexte local.
    • Le report partiel ou total de la PRR pour les EGD et établissements conventionnés

    • La baisse du taux de PFC et calcul de la PFC sur le chiffre d’affaires effectif et non estimé pour les EGD et établissements conventionnés ;

    • La sortie de l’assiette de la PFC des montants correspondants aux investissements immobiliers ;

    • L’octroi d’une subvention de fonctionnement aux établissements partenaires, sous critères à définir ;

    • Le remboursement de la participation à la formation continue pour le premier semestre à tous les types d’établissement ;

    • La création de fonds de solidarité à l’attention de toutes les familles.

  • Préserver les fonds de roulement des EGD.
  • Mettre en place un comité de gestion et de suivi de crise.

La survie du réseau de l’EFE repose sur la capacité à garder toutes les familles et à ne fermer aucun établissement. L’État français et l’Agence ont un devoir moral vis-à-vis des 370 000 élèves qui ont fait le choix de l’enseignement français à l’étranger pour qu’ils puissent aller au bout de leur scolarité dans notre système scolaire.

L’instrument de l’influence de la France à l’étranger bénéficiera-t-il lui aussi d’un réinvestissement de l’État « quoi qu’il en coûte » ?

PJ : Lettre envoyée le 25 mars 2020 aux Ministres de l'Europe et des Affaires Etrangères, de l'Education Nationale et de la Jeunesse

PJ2 : Lettre envoyée le 06 avril 2020 à Olivier Brochet Directeur de l'AEFE

PJ3 : English Translation of our Letter to Mr Olivier Brochet

PJ4 : Traducción al español de nuestra carta

PJ5 : Versão em português