Transfert du CHU de Nantes: appuyons sur pause !

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Déménagement de l’hôpital avec moins de lits et moins de soignants en pleine crise sanitaire à Nantes : appuyons sur pause !

Alors que la France se confine à nouveau pour affronter une seconde vague de covid-19, Nantes accélère son projet de futur CHU suivant les mêmes principes qui nous ont plongés dans une crise sanitaire sans précédent: suppressions de postes de soignants, suppressions de lits et centralisation hospitalière

Au nom d’une santé publique de qualité et accessible à toutes et à tous, en quantité suffisante, nous interpellons le ministre de la santé et les élus du territoire afin qu’ils mettent sur pause ce projet inadapté aux besoins de la population. M. Olivier Véran, le 5 avril 2020, suite à la première vague de printemps, vous aviez affirmé qu'il était nécessaire de revoir tous les projets hospitaliers en cours à l'aune des enseignements de la crise sanitaire. Nous vous invitons à appliquer ce principe à Nantes, qui ne saurait faire exception. 

Comme partout, le personnel soignant nantais souffre de la situation actuelle et du manque de moyens. Mais le coût colossal de ce projet de transfert, d’au moins un milliard d’euros, a imposé une discipline budgétaire encore plus stricte à Nantes et ce depuis 2008.  

Les conséquences sont alarmantes : 244 251 jours d’arrêts de travail en 2019, soit plus d’un mois par agent, et un taux d’absentéisme plus élevé qu’ailleurs depuis 2008 ; des suppressions de postes en continu (267 emplois permanents supprimés depuis 2015) ; la réduction du nombre de lits (163 lits depuis 2015, dont 90 en gériatrie non compensés ailleurs), même pendant la crise sanitaire avec la fermeture de plus de 100 lits ; des délais d’accès aux soins de plus en plus longs, des sorties prématurées de patients par manque de lits, une saturation continue des urgences et un personnel qui se sent méprisé

Nous, patient·e·s, subissons depuis 12 ans une dégradation des soins, et les soignant·e·s, eux, une détérioration de leurs conditions de travail. Nous le savons déjà, le futur CHU ne fera qu’empirer la situation pour tout le monde, pour les raisons suivantes : 

- Un hôpital inadapté et sous dimensionné : réduction du personnel soignant (-400 postes ETP) et des lits (-231) pour un territoire en croissance démographique (+ 16 000 habitants par an en Loire-Atlantique)

- Un site unique en zone inondable, quatre fois plus petit que les surfaces actuellement utilisées par le CHU, sans possibilité d’extension et difficilement accessible, et impliquant la destruction d’Hôtel Dieu et de l’hôpital Laënnec

- Un chantier pharaonique d’au moins un milliard d’euros, dont la faisabilité et soutenabilité financières sont mises en cause par la Chambre régionale des comptes, à cause du poids de l’endettement du CHU qui continuera d’imposer des restrictions budgétaires nocives

- Un projet sans débat ou presque, où la Commission nationale du débat public n’a pas été saisie et les Nantais·es très peu informé·e·s.

Tirons les leçons de la crise. Appuyons sur pause et réévaluons collectivement le projet de CHU nantais pour qu’il réponde aux besoins des habitants du territoire et soit digne d’un service public de la santé pour toutes et tous