Non à la mort de la recherche universitaire tchadienne!

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A l’intention de Monsieur Beyem Malo, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Nous, chercheurs universitaires de divers pays européens, soutenons nos collègues enseignants chercheurs tchadiens, frappés de plein fouet par la politique d’austérité budgétaire dont votre ministère n’est pas exempt. Cette politique risque de mettre définitivement à terre la recherche scientifique, et au-delà, la formation académique d’une génération entière.

L’économie annuelle de 30 milliards de francs CFA que vise votre gouvernement afin de réduire sa dette intérieure s’est traduite depuis janvier 2018 par l’abattement de l’ordre de 50% des salaires des fonctionnaires, couplé à la suppression de moitié de leurs primes et indemnités en 2016.

Nous sommes solidaires avec nos collègues, qui ne peuvent dans ces conditions fournir un enseignement de qualité dans un environnement adéquat. Nous soutenons également le Syndicat National des Enseignants et Chercheurs du Supérieur (SYNECS), qui, réuni au sein de la Plateforme Syndicale Revendicative a lancé un appel à la grève générale et illimitée.

 A travers cette rigueur budgétaire imposée, c’est l’ensemble de la recherche scientifique tchadienne qui est touchée. La suppression récente du département d’anthropologie de l’université de N’Djamena en est la triste illustration.

Nous nous indignons contre cette politique, qui, s’attaquant au monde académique, refuse de prendre en compte les problèmes à la racine. L’enseignement supérieur a pour objectif l’éducation des consciences et la transmission d’un esprit critique. Son but n’est pas d’éponger les erreurs d’une mauvaise gouvernance économique d’un Etat pris en tenaille par les institutions financières internationales.

Nous vous demandons, monsieur le Ministre, une réévaluation des priorités du gouvernement, tournées vers une politique éducative qui redonne la parole à ses enseignants. L’université doit être libre et indépendante pour remplir sa mission. C’est pourquoi le rôle décisif de nos collègues ne doit pas être menacé par des mesures d’austérité, qui se révèleront délétères pour l’avenir des jeunes tchadiens.

Espérant que vous saurez écouter notre voix, et ne doutant pas de votre volonté de trouver une issue à cette situation de crise.

Cordialement,



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