NON à la destruction du soin psychique, de l'enseignement, et du médico-social

NON à la destruction du soin psychique, de l'enseignement, et du médico-social

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Quand elle atteindra 1 500 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être reprise par les médias et journaux locaux !

Lettre au Président de la République, 

à Mme la Ministre de la Santé et de la Prévention, 

à Mr le Ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes Handicapées

à Mr le Ministre de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse, 

à Mme la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche


Nous sommes des professionnels du soin psychique et de l’éducation (psychologues, psychiatres, pédiatres, psychanalystes, orthophonistes, psychomotriciens, infirmiers, éducateurs spécialisés, assistants sociaux, enseignants, A.E.S.H), travaillant dans des institutions (hospitalières, psychiatriques, médico-sociales, scolaires) et en libéral.


Depuis des mois, nous combattons pour la défense de nos institutions et nous opposons à la destruction des services publics du soin psychique et aux dispositifs mis en place par votre ancien gouvernement sous prétexte de pallier la dégradation dramatique de l’accès aux soins médicaux et psychiques de nos concitoyens.


Or, depuis des années, les gouvernements successifs, y compris le vôtre, n’ont eu de cesse d’asphyxier et de démanteler les institutions soignantes :

• en réduisant drastiquement leurs moyens économiques et matériels afin de privatiser les soins au détriment du service public.

• en fermant des dizaines de milliers de lits, des services et des structures entières.
• en planifiant la pénurie et la fuite des professionnels (liée à la dégradation insupportable des conditions de travail et aux multiples pressions contrevenant à l’éthique du soin...)

• en menant les services hospitaliers au bord de l’effondrement malgré l’engagement sans faille des professionnels.
• en allongeant de façon intolérable les délais de prise en charge dans les institutions. 

• en mettant gravement en danger la population, menacée d’un abandon de soin pur et simple, alors que la demande explose et que la souffrance psychique prend des expressions de plus en plus dramatiques (suicides, passages à l’acte, violences familiales et sociales, rupture du lien social…).

Or, les services hospitaliers et du soin psychique, financés par la sécurité sociale et les fonds publics, constituent le seul cadre garant d’un accès libre aux soins pour tous quels que soient l’âge, les difficultés, les souffrances, les symptômes et les moyens économiques.

Rien ne pourra jamais remplacer l’indispensable pratique interdisciplinaire du cadre institutionnel, orientée par la rencontre et nourrie par l’élaboration clinique partagée. 

Aucune accumulation de bilans balkanisés ne saurait se substituer à l’expérience quotidienne de la relation thérapeutique au sein d’une institution.

Pour cela, il faut les moyens matériels et humains et des formations diversifiées, non formatées et librement choisies, de même que le respect de la responsabilité éthique des professionnels, de l’indépendance de leur jugement clinique qui prend en considération la complexité du symptôme et de la réalité psychique, ainsi que la place de la parole, libérée de tout protocole directif.

Aucune « plateforme » d’orientation - téléphonique ou autre - aucun algorithme, aucun outil numérique ne peut se substituer à un tel travail.

Tous ces dispositifs ne peuvent aboutir qu’à une seule chose : la dislocation des principes fondamentaux de nos pratiques et l’abandon de l’écoute des patients.

Pour nous, c’est Non !

Nous n’acceptons pas d’être empêchés dans nos métiers et l’efficacité de nos pratiques.
Nous ne sommes là ni pour gérer des « flux d’usagers », ni pour participer à un tri des patients en fonction d’éléments quantitatifs à visée diagnostique.

Nous ne sommes pas le bras armé de l’État et refusons qu’il nous impose nos méthodes, indications, prérequis ou tout autre tri des pathologies.

Nous n’acceptons pas l’imposture de l’école « inclusive » à marche forcée, au mépris des besoins réels des enfants et de leurs familles.

Ce système produit toujours plus d’exclusion, de déshumanisation des accompagnements, et in fine de maltraitance et de souffrance - tant pour les enfants et leurs familles que pour les AESH et les enseignants - dans une logique de réduction des coûts au détriment de l’éducation, de l’accueil et du soin que nous devons à ces enfants.


Nous vous rappelons l’ensemble de nos revendications qui, jusqu’à présent, n’ont pas reçu de réponse :
- Arrêt immédiat de toutes fermetures et réouverture des lits et des structures extra hospitalières en psychiatrie, des places dans le médico-social, en fonction des besoins de la population.
- Plan d’urgence d’embauche et de formation de professionnels du soin psychique à hauteur des besoins, titularisation des professionnels précaires et réintégration des suspendus, augmentation des salaires de 30%.
- Abandon du projet de Convention Collective unique étendue dans le médico-social.
- Arrêt du projet de refonte des annexes 32 et 32 bis définissant l’agrément des CMPP et des CAMSP.
- Retrait des Plateformes de Coordination et d’Orientation et de toutes les «plateformes» téléphoniques ou numériques.
- Retrait du décret du 29 septembre 2021 relatif au financement des activités de psychiatrie qui « tend à réduire la durée d’hospitalisation et privilégie une prise en charge partielle ou ambulatoire avec la mise en place de tarifs progressifs » 

- Retrait des arrêtés du 24 décembre 2020 - limitant à 6 séances par an les soins psychologiques pour les patients atteints de cancer - et de celui du 10 mars 2021 visant à imposer leurs méthodes d’approche aux psychologues intervenant dans le cadre du dépistage de troubles neurodéveloppementaux.
- Retrait du dispositif «MonPsy» limitant à 8 par an le remboursement des séances auprès des psychologues et rendant obligatoire une ordonnance médicale sur «indications» définies par le Ministère de la santé.

- Respect du Code de déontologie et du statut des psychologues dans la fonction publique hospitalière, territoriale et dans l’Éducation Nationale. 

- Maintien de la formation universitaire des psychologues au sein des Sciences Humaines.
- Retrait du projet de création d’un Ordre des psychologues et de l’inscription des psychologues dans le Code de Santé Publique.

- Embauche et formation de professionnels des RASED, plan de formation et d’embauche pérenne d’AESH sous statut, suppression des PIAL et des EMAS qui participent au démantèlement des structures scolaires et médico-sociales.


En conclusion, nous réitérons notre demande d’être reçus au plus vite, et enfin entendus, afin d’obtenir satisfaction sur l’ensemble de ces exigences qui conditionnent la réelle prise en compte des besoins de tous nos concitoyens, faute de quoi la situation et le climat social risqueraient de se dégrader de façon dangereuse. 

 

Comité Permanent de Résistance et de liaison pour la défense du soin psychique, de l’enseignement et du médico-social

 

                                                                                                                                  2 mai 2022

 

CMPP : Centre Médico-psycho Pédagogique

CAMSP : Centre d’Action Médico-Sociale Précoce

AESH : Accompagnant d’élève en situation de handicap

RASED : Réseau d’Aide Spécialisé aux Élèves en difficultés

PIAL : Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisé

EMAS : Équipe Mobile d’Appui à la Scolarisation

 

 

Pour plus d’informations, contactez-nous par mail à cprl.sems@gmail.com

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