Pétition fermée
Adressée à Ancienne ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Najat Vallaud-Belkacem et 4 autres

Contre le localisme. Pour le recrutement au mérite à l'université!

1 360
signataires

Cette pétition dénonce les manœuvres de quelques universitaires du département d'histoire de l'Université de La Réunion et d'associations locales ou identitaires afin d'empêcher le recrutement d'une Universitaire non réunionnaise sur un poste de maître de conférences à l'Université de La Réunion. Les signataires contribueront à rendre justice à la candidate classée première. Ils affirmeront que le mérite doit primer sur l'origine et que l'Université de La Réunion doit, comme les autres, échapper aux considérations locales pour affirmer son excellence. Plus largement, la pétition demande une réforme de la procédure de recrutement des universitaires.


UN RECRUTEMENT À L’UNIVERSITÉ DE LA RÉUNION « ÉGALITÉ RÉELLE » OU INJUSTICE CRIANTE?


De toutes les franchises dont jouissent les universitaires, celle à laquelle ils sont le plus attachés est la faculté de pourvoir les postes vacants de maîtres de conférences et de professeurs. En d'autres termes, réunis en comités de spécialistes, comprenant des enseignants-chercheurs de l'université concernée et des membres extérieurs, ils désignent leurs futurs collègues. Ces opérations, dont les enjeux sont considérables pour les équilibres au sein d'une équipe de recherches, donnent souvent lieu à des débats houleux, l’enjeu se limitant parfois à placer un ami, un allié, un client.
Après la disparition tragique du professeur Sudel Fuma, en juillet 2014, l’Université de La Réunion a décidé de mettre au concours un emploi de maître de conférences, ainsi profilé : «Histoire de l’'esclavage, de l'engagisme et de l'économie des colonies dans les îles du Sud-Ouest de l’océan Indien au XVIIIe et au XIXe siècles ». En mai 2015, le concours a été annulé,les membres extérieurs, à une exception près, n'étant pas disponibles à la date proposée par le président du comité de sélection. Alors que la loi lui en faisait obligation, le président du comité a refusé d'envoyer une nouvelle convocation aux membres. En 2016, ce sont quatre enseignants-chercheurs de l’Université de la Réunion (parmi lesquels l’ex-président du comité) qui, pour des raisons tout aussi obscures, ont boycotté le comité. Le concours est néanmoins allé à son terme : après une première réunion consacrée à l’examen des dossiers, le comité a auditionné quatre candidats et élu celle qui allait devenir dans la presse et sur les réseaux sociaux la « Nantaise ». Celle qui, aux yeux des deux seules spécialistes du profil scientifique siégeant au comité, avait de loin le meilleur dossier. Cette élection a aussitôt provoqué une levée de boucliers de la part des quatre boycotteurs et de quelques associations, en tête desquelles le Conseil représentatif des Français de l’outre-mer (CREFOM). On aurait du mal à trouver, dans l’histoire de l’université et de la fonction publique, une telle dénonciation,publique et mensongère, d'un candidat à un concours de recrutement. « Pour le CREFOM/Réunion, la nomination de cette nantaise serait perçue comme une véritable insulte à la mémoire de l'historien disparu et comme une provocation à l’adresse de la population locale bien au fait des travaux de feu Sudel Fuma ». Ghislaine Bessière, de l’association Rasin Kaf, déclarait le 27 mai au Quotidien de la Réunion : « Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher que ce soit un autre candidat qu'un Réunionnais qui ait ce poste ! Nous empêcherons cette personne qui n’est pas Réunionnaise d’enseigner ». L'ingérence d’associations, de réseaux sociaux et de groupes de pression dans les affaires universitaires et leurs prétentions à substituer des considérations locales et l’origine des candidats aux critères scientifiques et au mérite sont inadmissibles. Que des universitaires s'associent à ces manœuvres est encore plus choquant. Faut-il rappeler à ces derniers, défenseurs de l'enfermement, et à ceux qui pensent par condescendance que l’excellence scientifique importe peu dans les recrutements pour l'Université de La Réunion, que la vocation de l’Université est au contraire l'ouverture sur le monde? Et que des Réunionnais ont été les premiers en France parce qu'’ils étaient les meilleurs? Ont-ils peur, ces partisans du repli, de l'apport exogène ou ont-ils peur de l'excellence?
S'appuyant sur des arguments qui n'’emportent pas l’adhésion de tous les juristes (présence de quatre membres du comité en un même lieu, dissymétrie dans l’évaluation du dossier du candidat réunionnais), le tribunal administratif de La Réunion, saisi en référé par le CREFOM, les quatre boycotteurs et le candidat
réunionnais classé 2e, a suspendu, le 4 juillet 2016, l’exécution de la délibération du conseil d'’administration de l’'université qui validait l’'élection de « la Nantaise » à une large majorité. Il n'est pas sans intérêt de noter que le recteur- – faut-il ajouter d’origine « réunionnaise » -– de la Réunion et le ministère lui-même avaient, avant cette décision administrative, reconnu la régularité de la procédure de recrutement.
Cette triste affaire montre qu’il est urgent d'éloigner certaines décisions des clans et des groupes de pression. Les universitaires doivent eux-mêmes se livrer à une réflexion éthique sur leurs pratiques, mais il faut aller plus loin et réformer la procédure de recrutement. De deux choses l'une, soit les universités sont autonomes, recrutent les candidats qui leur conviennent, sans regard extérieur, et en acceptent les conséquences, qui pourraient être la marginalisation dans un système de concurrence nationale et internationale ; soit elles acceptent de mettre un terme à une procédure qui engendre abus et injustices : les universités définiraient les profils scientifiques, évalueraient et retiendraient quatre ou cinq candidats, et confieraient le classement final au Conseil National des Universités. Tous les problèmes ne seraient certes pas réglés, mais cette solution serait ô combien préférable aux comédies douteuses dont tant d'universitaires ont été les acteurs honteux ou les spectateurs impuissants.


* D. Barjot, professeur, université Paris-Sorbonne ;
* M. Cottias, directrice de recherche CNRS, membre du comité de sélection ;
* C. Flory, chargée de recherche CNRS, membre du comité de sélection ;
* H. Gerbeau, ancien enseignant au Centre universitaire de La Réunion, ami de Sudel Fuma ;
* G. Teboul, professeur, université de Paris XII ;
* J. Weber, professeur émérite, université de Nantes

Cette pétition a été remise à:
  • Ancienne ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
    Najat Vallaud-Belkacem
  • President of the French Republic
    François Hollande
  • Recteur de l'Académie de La Réunion
    Velayoudom Marimoutou
  • Président de l'Université de La Réunion
    Frédéric Miranville
  • Secrétaire d'Etat chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
    Thierry MANDON Secrétaire d'Etat chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

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