Contre la réforme à marche forcée des lycées. Acte I. Pétition de professeurs exaspérés.

0 a signé. Allez jusqu'à 1 000 !


    Contrairement à ce que croit ou veut faire croire le gouvernement, le rejet par les enseignants et personnels concernés de la réforme des lycées, telle qu’elle est actuellement proposée, est un rejet massif.

   Les taux de participation relativement faibles aux grèves et aux manifestations qui ont récemment visé sa contestation ne sont aucunement le reflet d’une acceptation,fut-elle réticente, de cette réforme; ils n’expriment que la défiance des personnels vis-à-vis de ces moyens d’actions qui, à leurs yeux, ont perdu leur efficacité – le mépris et la fin de non-recevoir que leur opposent en général les pouvoirs publics depuis deux décennies n’étant pas la moindre des raisons explicatives de cette désaffection…

   Par la présente pétition, nous entendons donc objectiver le refus dont la réforme fait l’objet de la part de l’écrasante majorité des enseignants et personnels des lycées.

   Nous pensons que ce sentiment est partagé par une majorité toute aussi écrasante d’usagers, que nous appelons à engager de leur côté une démarche du même type.

   Nous appelons pour l’heure ici tous les enseignants* attachés à fournir à la Nation un service d’enseignement de qualité à signer cette pétition afin d’interpeller le Gouvernement et de le rappeler à une exigence démocratique de base : une réforme ne se mène pas contre la volonté des professionnels qui doivent la mettre en œuvre, surtout quand cette réforme ne manquera pas, dans sa configuration actuelle, d’avoir des effets  néfastes sur la qualité du service public d’éducation à laquelle nous sommes tous attachés.

 

 * Nous souhaitons que seuls les personnels de lycée (général, technologique et professionnel) concernés par cette réforme signent cette pétition. Nous espérons que toutes les personnes qui partagent le point de vue ici exprimé se verront offerte la possibilité de signer une des pétitions que nous engageons les élèves et les parents d’élèves à porter de leur côté..

En ce qui nous concerne, nous devons atteindre une majorité qualifiée d’opposants à la réforme telle qu’elle est actuellement proposée ; nous avons ainsi besoin d'un minimum de 120 000 signatures ! Donc, chers collègues, mobilisez-vous ! Signez et faites signer cette pétition!

 

La pétition:

 

Contre la réforme à marche forcée des lycées
Acte I. Pétition de professeurs exaspérés.


                                    Monsieur le Ministre,

       Par la présente pétition, nous, personnels et enseignants de l’enseignement secondaire, souhaitons vous signifier clairement notre opposition à la réforme des lycées dans sa facture actuelle, tout comme à ses modalités prévues d’application et à son calendrier.


Nous refusons notamment catégoriquement :

- La suppression des 2600 postes d’enseignants, qui se traduira mécaniquement par des alourdissements d’effectifs déjà au-delà du raisonnable quand l’objectif annoncé de la réforme est de mieux accompagner les élèves dans leur parcours scolaire.

- La diminution drastique, voire la suppression, des enseignements en effectifs réduits (TP, TD, AP, EMC etc.) dont l’efficacité pédagogique est d’une évidence indiscutable.

- Le rationnement quasi assuré des choix disciplinaires offerts par chaque lycée, qui va contraindre au mieux enseignants et lycéens à une mobilité dont on mesure mal encore l’ampleur, au pire qui limitera le choix des élèves quand l’objectif annoncé de la réforme est de leur apporter une plus grande liberté dans la composition de leur parcours scolaire.

- La composition de "classes mixtes" dans la voie professionnelle, qui regrouperont élèves sortant du collège, apprentis et adultes en formation (GRETA) ; ces classes alourdies, faites de publics hétérogènes, soumis à des rythmes scolaires différenciés allant de la semaine à l’année, ont toutes les chances de se montrer ingérables !

- De faire remplir par les enseignants le rôle de conseiller d’orientation- voire de conseiller emplois dans la filière professionnelle - tâche pour laquelle ils ne sont pas formés, qui vient alourdir encore leur charge de travail, et qui doit par conséquent rester la prérogative des Centres d’Information et d’Orientation.

 

        Nous condamnons également de la manière la plus ferme la précipitation dans laquelle cette réforme est menée.

   Nos établissement n’ont appris que ce 18 décembre les parcours qu’ils seront en mesure de proposer aux élèves et à leurs parents.

   Le plus grand flou entoure toujours les programmes qui devront entrer en vigueur dès septembre 2019 (dans l’enseignement technique et professionnel, ils ne seront connus au mieux qu’aux alentours de… mars-avril !) ; ceux qui sont d'ores et déjà proposés sont loin de rencontrer l'approbation générale des enseignants concernés, et nombre d’entre eux viennent d'être rejetés par le Conseil supérieur de l’éducation!

   On ne sait pas non plus à ce jour quels enseignants devront assurer certains enseignements nouveaux, pour certains desquels les enseignants ne sont d’ailleurs pas formés (c’est par exemple le cas de l’option « Numérique et sciences informatiques », pour laquelle les enseignants sont appelés, sur la base du volontariat, à se former durant 5 à 6 semaines pendant leurs vacances scolaires !)

        Autant de points qui, à eux seuls, attestent du caractère irréaliste de ce calendrier qui va se traduire à n’en pas douter par de nombreux dysfonctionnements dont personnels et usagers feront assurément les frais.

 

        Nous gageons qu’un Gouvernement responsable et respectueux des principes fondamentaux de la démocratie ne saura que se ranger à cette opposition massive à sa réforme des lycées et acceptera d’en différer l’application afin d’en rediscuter les objectifs, les modalités et le calendrier avec l’ensemble des partenaires concernés.

 

 

(Merci à © Masmoulin qui nous a gracieusement autorisé à utiliser cette aquarelle comme visuel de notre pétition)