Empêchons un génocide contre les Peuls au centre du Mali

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Depuis quelques années, les événements au Nord Mali occupent l’actualité internationale. Cependant il y a un autre conflit, peut-être beaucoup plus sérieux, qui se déroule au centre du Mali et dont les mécanismes rappellent, à plusieurs égards, le génocide rwandais de 1994 que nous commérons chaque année, au mois d'avril.

En effet, depuis 2012, des dizaines de Peuls, dont des femmes et des enfants, font l’objet de harcèlements et de meurtres perpétrés par l’armée malienne et des milices d’auto-défense créés sur des bases ethniques et qui sont soutenues par le gouvernement.

Les Peuls (qu’on appelle aussi Fulbe, Fulani ou Fellata) constituent le groupe ethnique le plus répandu en Afrique ; on les retrouve dans au moins 20 pays sur le continent. Au centre du Mali, où les Peuls vivent depuis des siècles, leurs activités pastorales les mettent souvent en conflit avec des pasteurs arabes et touaregs du Nord Mali ou des agriculteurs appartenant à d’autres ethnies. Depuis que le Mali est devenu indépendant en 1960, cette rivalité pour les pâturages ou les terres agricoles a causé plusieurs conflits sanglants aux relents ethniques. Bien qu’ils soient estimés à environ 14% de la population nationale, les Peuls se sont souvent considérés victimes de discriminations de la part du gouvernement malien qui, d’habitude, prend position en faveur des agriculteurs ou des éleveurs arabes et touaregs originaires du nord.

C’est pourquoi quand le MNLA, un mouvement de rébellion touareg, a envahi le centre du Mali en 2012, causant la fuite des Forces armées maliennes (FAMA), les Peuls se sont sentis sérieusement menacés. Cela a poussé quelques membres de la communauté peule à rejoindre les rangs du MUJAO, un groupe jihadiste qui avait, à son tour, envahi le Mali et qui se battait contre le MNLA. Cependant les Peuls ont payé un lourd tribut quand les FAMA sont retournées au centre du Mali avec l’aide de l’armée française. Comme l’a rapporté Human Rights Watch entre autres, beaucoup de bergers peuls, que les militaires et les milices pro-gouvernementales accusent de collusion avec les jihadistes, font l’objet de harcèlements multiformes: arrestations, confiscation de biens, bastonnades, emprisonnement sans procès voire exécutions sommaires. Cela rappelle les violences qui avaient mené au génocide contre les Tutsis du Rwanda en 1994.

Compte tenu de la présence des Peuls dans plusieurs pays africains, le Mali et la communauté internationale ont intérêt à éviter une situation où les Peuls se diront qu’ils n’ont d’autre choix que de se soulever pour protéger leur communauté contre l’extermination. Un tel soulèvement causerait un chaos dans toute la région soudano-sahélienne; elle deviendrait alors un terreau encore plus fertile pour les activités jihadistes.

C’est pourquoi nous appelons le gouvernement du Mali à :

• déployer suffisamment de personnel et d’équipement militaires au centre du Mali pour protéger tous les civils quelle que soit leur appartenance ethnique ou religieuse.

• démanteler toutes les milices pro-gouvernementales et confisquer leurs armes.

• travailler avec des membres crédibles de la société civile malienne et des organisations de défense des droits de l’Homme pour mener des enquêtes sur les abus commis par la police et les membres des forces armées et traduire en justice tous ceux qui seront soupçonnés d’être impliqués dans de tels abus.

• travailler avec des chefs de communauté crédibles pour promouvoir le dialogue et la réconciliation entre les différentes communautés et trouver des solutions consensuelles et durables à la gestion des pâturages.

Nous appelons également la communauté internationale en générale, et les pays qui ont contribué à la MINUSMA en particulier, à veiller à ce que le gouvernement malien protège tous les citoyens du pays, sans discrimination.

Au cas où le gouvernement malien ferait montre d’une mauvaise volonté dans l’accomplissement de ces devoirs élémentaires, la communauté internationale devrait lui imposer des sanctions sévères pour l’obliger à s’exécuter.


                                      Vive le Mali ! Vive l’Afrique !

 



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