Non à l'insécurité à Mayotte

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manifestation contre l'insécurité à Mayotte [Synthèse]
La contestation contre l'insécurité qui secoue Mayotte s'est poursuivie mercredi 7 mars par une journée "île morte" et une manifestation qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes à Mamoudzou.

Malgré l'annonce par le gouvernement de futurs renforts de forces de l'ordre, notamment pour sécuriser la rentrée scolaire la semaine prochaine après des violences aux abords de certains lycées perpétrées par des jeunes, les manifestants, sous une pluie battante, étaient nombreux, même si les chiffres divergent : selon Mayotte la 1ère, la police estime que les manifestants étaient au nombre de 8.000, tandis que les organisateurs en annoncent 20.000. De son côté, l'AFP cite d'autres chiffres : 3.000 selon la police, de 10.000 à 15.000 selon les organisateurs.

Une concentration de difficultés
Département français depuis 2011 avec un taux de chômage très élevé (26%), Mayotte subit une forte pression migratoire des Comores, à seulement 70 kilomètres de ses côtes. La population mahoraise est exaspérée par la saturation de l'hôpital, des services publics ou des écoles, où faute de classes suffisantes, les enfants vont en cours par rotation.

Mayotte, c'est "84% des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, (...) c'est quatre fois plus de population en trente ans, (...) c'est 45% de population étrangère en situation irrégulière, (...) c'est la première maternité de France et oui, pour être au rendez-vous, il nous faudrait créer une classe par jour", a reconnu mardi la ministre des Outre-mer, Annick Girardin.

Insécurité scolaire
Le département connaît depuis le début de l'année des actes de violence à répétition notamment aux abords d'établissements scolaires, qui ont conduit les personnels de trois lycées à exercer leur droit de retrait, tout comme la grande majorité des chauffeurs de bus scolaire, dont les véhicules sont régulièrement caillassés.

Mercredi, en première ligne de la manifestation, qui s'est déroulée sans débordement -loin des violentes échauffourées de fin février- se trouvaient de nombreux élus mahorais. Ils ont défilé derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire: "Terroristes,
coupeurs de route, voleurs, violeurs, cambrioleurs, occupants illégaux de terre, trafiquants, faussaires, toutes les formes de violences. Subir et se taire ! Non, Kari pvendzé (on ne veut pas)". Les parlementaires et élus locaux ont annoncé que "les collectivités locales seront fermées jusqu'à nouvel ordre".

La réponse du gouvernement
Alors que des maires ont menacé de ne pas organiser la législative partielle des 18 et 25 mars, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a assuré à l'issue du Conseil des ministres que l'État "pourvoirait" à ce que le scrutin ait bien lieu à ces dates.

Il a par ailleurs critiqué les propos de Laurent Wauquiez. Le président des Républicains est actuellement à Mayotte pour soutenir un candidat à la législative partielle. Il ne participait pas ce mercredi au cortège, mais il multiplie les interpellations à l'adresse du gouvernement, dont il critique l'absence sur le terrain, et plaide pour une réforme du droit du sol sur l'île. Annick Girardin, qui envisage de se rendre sur place après la législative, l'a accusé de mettre de "l'huile sur le feu" et le porte-parole du gouvernement a jugé mercredi "inutile d'ajouter de l'irresponsabilité politique à une situation localement très tendue".



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