Ne laissons pas mourir nos bars, ces lieux de vie auxquels nous tenons tant

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Après 3 mois de fermeture administrative, les bars ont pu réouvrir dans toute la France le 15 juin. Nous tenons à vous remercier des efforts qui ont été fait pour participer à la sauvegarde de ce secteur, avec notamment le fonds solidarité, le prolongement de l'activité partielle annoncée jusqu'à la fin d'année, le PGE, et la possibilité de créer ou d'étendre les terrasses, permise par différentes Mairies sur tout le territoire français et autorisées à Paris jusqu'en juin 2021.

Aujourd'hui, à la fin de l'été, nous voulons vous alerter sur la situation catastrophique des gérants de bars, qui se retrouvent face à un dilemme économique insoluble. Certes, à la différence des discothèques, ils ont pu retrouver un peu d'activité.

Mais seuls les lieux avec une terrasse significative, et autorisée malgré le voisinage, soit environ 30% des bars, ont pu réaliser un chiffre d'affaires proche de celui de l'année dernière ; cela va-t-il durer avec l'automne qui arrive ?

Il faut bien avoir en tête que les bars et les restaurants à ambiance musicale (RAM) font 30% de leur CA avec l'événementiel (fête d'anniversaire, soirée organisée...). Les clients s'y rendent pour passer un moment d'échange ou de fête avec leurs amis, familles et collègues ; ce qui n'est pas possible avec les interdictions de consommer debout et d'accueillir des groupes de plus de 10 personnes en intérieur.

En respectant le protocole sanitaire actuel, ils ne peuvent même pas atteindre 50% de leur chiffre d'affaires habituel ; et en cas de fermeture imposée à 23h, ce nombre tomberait à 25%, ce qui rend leur ouverture non viable. Cette baisse de revenus ne leur permet pas de faire face à leurs frais fixes. Les loyers par exemple peuvent être de l'ordre de plusieurs milliers d'euros et représenter plus de 20% du chiffre d'affaires. L' équation économique des gérants de bar est donc impossible à tenir.

Avant qu'il ne soit trop tard, nous vous demandons de l'aide. Nous vous interpellons car en tant que décideurs publics, engagés pour les activités culturelles et conviviales, le tourisme ou les PME, nous vous savons attentifs à leur situation. Nous sommes convaincus qu'ensemble, nous pouvons trouver des solutions concrètes et plus efficaces que la fermeture à 23h, sans quoi 50% des bars fermeront d'ici la fin de l'année, et avec eux, plus de 50 000 emplois seraient détruits. Les trois prochains mois sont décisifs.

Nos propositions, pour vous aider à les aider
La raison d'être de cette lettre est de proposer des solutions et d'appuyer des initiatives déjà à l'étude qui permettraient de garder les bars ouverts, tout en garantissant un cadre sanitaire adapté et un modèle économique viable. "Notre volonté est de pouvoir continuer à exploiter notre établissement, sans danger sanitaire", résume un gérant.

Garantir un cadre sanitaire adapté et sécurisant

Il faut trouver des moyens pour que les bars, cafés et débits de boissons puissent retrouver un taux d'occupation proche de 80%, et créer des alternatives à l'obligation de consommer assis, à la limitation des groupes à 10 personnes et surtout à la fermeture à 23h. Cela empêche les clients de profiter de l'expérience attendue dans les bars ; certains organisent alors des fêtes clandestines dans des appartements privés, des hôtels ou dans la rue, sans aucun cadre sanitaire.

En contrepartie, les gérants sont prêts à s'engager sur un protocole plus rigoureux : par exemple :

  • en procédant à des tests de température,
  • en distribuant des masques gratuitement aux clients,
    en demandant à chaque client entrant dans un bar de se connecter à StopCovid,
  • en imposant la consommation des boissons avec une paille pour éviter d'enlever le masque,
  • en faisant passer un test Covid obligatoire à leur personnel tous les 15 jours,
  • en proposant aux clients de noter leurs coordonnées pour qu'ils soient contactés en cas de suspicion Covid dans leur établissement...Cette dernière mesure est déjà effective dans plusieurs pays européens ; et avant de l'envisager en France dès lundi comme cela est proposé, il faudrait être sûr des moyens de sa mise en place : est-ce un papier tenu par les serveurs ? doivent-ils effacer les informations au bout de quelques jours ?

Vous le voyez, nous sommes tous prêts, gérants de bars, syndicats, grandes entreprises du secteur, start-ups, à écrire avec vous un nouveau protocole, plus adapté que celui de juin, comme cela a été fait pour les foires professionnelles qui accueillent des milliers de visiteurs.

Assurer un cadre économique viable

1 - Diminuer les loyers. Pour faire face à un taux de remplissage en berne, il est capital de réduire les loyers. Cela pourrait prendre la forme, pour les gérants, d'un crédit de TVA indexé sur le loyer des 12 derniers mois ; ou encore, pour les bailleurs, d'incitations fiscales à réduire les loyers sur les 12 mois à venir.

2- Alléger temporairement la TVA. Plus facile à mettre en place qu'une baisse de taux, nous proposons un dispositif similaire à ce qui a été fait avec les crédits de charges patronales, c'est-à-dire un crédit de TVA égal à 50% de la TVA payée sur les mois de décembre, janvier et février.

3- Baisser les charges patronales. Nous demandons une extension ou une prolongation du dispositif d'exonération de charges déjà mis en place dans le plan Tourisme. Cela favoriserait la survie de ces commerces, la reprise du travail plutôt que la suspension d'activité, et le maintien des "extras", ces CDD fréquents dans l'hôtellerie-restauration.

4-Décaler de nouveau les échéances de prêt. La situation, déjà critique, peut empirer avec la crise sanitaire qui se prolonge. Les gérants ne peuvent pas reprendre le remboursement de leurs crédits dès le 1er octobre. Nous demandons un deuxième décalage, de 6 mois supplémentaires au moins.

5- Développer le chèque numérique. Il s'agit d'une très belle initiative portée par la Région Ile-de-France, pour aider les bars et restaurants à se digitaliser et à s'adapter aux nouvelles habitudes de consommation des clients. Nous demandons que ce projet soit étendu dans toute la France, et mieux communiqué auprès des bénéficiaires : après enquête, moins de 5% d'entre eux sont au courant de son existence.

6- Associer les assureurs : l'Etat ne doit pas être le seul à aider ce secteur. C'est pourquoi nous soutenons l'idée portée par le groupe de restaurateurs Marc Vanhove et Philippe Etchebest d'un Fonds d'Indemnisation géré par les assureurs et garanti par l'Etat afin d'indemniser une partie des pertes d'exploitation de la période Covid, moyennant la mise en place de surprimes lissées sur les 20 prochaines années. Une solution qui permettrait de reconnecter assureurs et gérants avec un système viable financièrement.

A présent, l'important est de réussir à aider les gérants à maintenir un niveau d'activité qui leur permette de survivre à la crise dans la durée. Cela nécessite de travailler conjointement sur un protocole sanitaire adapté au secteur des bars, et d'être beaucoup plus en lien avec les décideurs publics.

Conclusion

Chaque semaine compte pour sauver ces PME, dont les patrons, on le rappelle, sont à 90% des indépendants. Nous espérons que le plan de relance qui sera présenté le 15 septembre prochain ne nous oubliera pas. N'abandonnons pas les gérants de bars, entrepreneurs, passionnés, autonomes, créateurs d'emplois locaux dans les centre-villes, qui dévouent leur vie à la convivialité et à la cohésion sociale.

New York est devenue "Ville morte", décrit avec angoisse l’écrivain James Altucher dans une tribune. Ne laissons aucune ville française le devenir aussi.

Nicolas Furlani, Co-fondateur de Privateaser

 

Co-Signataires

Gregory Accard (gérant du Bakerstreetpub),

Mohand Aksouh (gérant du Bar & Beer Bercy et Bar & Beer Menilmontant),

Laurent Artufel (gérant de Elexito),

Sofiane Atbane (gérant de Au Garage à Vélos),

Grégoire Babinet (gérants des bars Mr le Zinc),

Victor Baerd (gérant de Les Mauvais Joueurs),

Laetitia Bogat (gérante de Le Bossu),

Daniel Bontron (gérant de l'International et les Souffleurs),

Nouredine Boudella (gérant de La Ferme),

Patrick Brami (gérant de Les Dessous du Pantheon),

Nelson Burton (Président de la société Au Cœur des Villes),

Marie Carrière Marie (gérante de Chez Marie),

Arthur Carrion (gérant de Les Petites Saisons),

Emmanuel Charpentier (gérant de l'Entrepotes),

Jonathan Chety & Yannick Poucet (gérants de Le Marilyn Paris),

Soraya Chikbounic (gérant de Com' a la Maison),

Lionel Chomat (gérant de Les Pieds Nickelés, les Cariatides, GAG et le P’tit Bouchon),

François Collin (gérant de l'Assommoir),

Victor Cunha (gérant de Victor Planches & Apero),

Fabien Defouilhoux (General Manager France chez Brigad),

Matthieu Dessagne (gérant de FrenchFlair et Objectif Lune),

Olivier Deval (gérant du bar I.B.U),

Marc-Antoine Dohollou (gérant de Calibré),

Guillaume Dorio (gérant de la Cantine Fabien),

Laurent Ducatel (gérant de Fût et à Mesure Paris 10),

Mathilde Dujardin (cogérante du Jardin 21),

Claudio Episcopo (gérant de Café Caché),

Hacene Faid (gérant du Comic's bar),

Dimitri Farber (Co fondateur de Tiller),

Jean-Pierre Faure (gérant de Archibar),

Pauline Febvre (gérante de Le Bruit qui Court),

Mario Ferro (gérant de The Tennessee),

Ilia Flahault (gérant de River's Park),

Michael Fox (représentant de GNI-Synhorcat, du SNDLL, et du bar le Bal Rock),

Mathieu Girard (gérant de la Poudrière),

Malek Ghomidh (gérant de Le Tounsi),

Nabil Ghouiles (gérant de Au comptoir du temps),

Edouard Hausseguy (fondateur de Hemblem),

Alex Imane (gérant de Pachi Pacha),

Theo Ivanov (gérant de Avis de Tempête),

Franck Jaouen (gérant de Les Jalles),

Philippe Jardinier (gérant de Au Soleil de la Butte),

Jonathan Kakoun (gérant de Kokoriko),

Jonathan Kron (gérant du bar Demory),

Prisca De Laage (gérant de le Chai parisien et Glouglou),

Jean-luc LAI (gérant de L’Appartement Saint-Martin et Café du Châtelet),

Leo MacLehose( CEO d'Allomatch),

Hugo Mancini (gérant de Terrain Vague),

Eric Messager (gérant de Freemousse bar),

Maxime Merienne (gérant du Sophomore),

Elyad Mohammadi (gérant de Code bar),

Alexandre Monier (gérant de Les Rupins),

Noemi Ong (gérant du Pub Saint Germain),

Juliette Pezé (gérante de la Fut Gueuze),

M. Provost (gérant de Cézanne Brasserie),

Patrice Puigmail (gérant des bars Belushi's),

Julien Rastouil (gérant de Brigitte Bar),

Carol Ravelli (gérante de Le BeBopBar),

Caroline Raymond (gérant de l'As de Trèfle),

Anne-Charlotte Razet (gérant de Rive Gauche Club),

Rommana Rehmat (ancien gérant de Pingwoo),

Benoit Renauld (gérant de la Buvette des Batignolles),

Alexandra Ribier (gérant de Le Parisien),

Malik RABHI (gérant de La Lucha Libre),

Alexis Robert (gérant des bars Chez Bouboule et Gamelle),

Adrien Rouquette (Responsable marketing de Rouquette),

Yacine Sadaoui (gérant du Nul Bar Ailleurs),

Willy Sainte-Rose (gérant du FAT.),

Karim Saoudi (gérant du Next),

Stéphane et Sandrine Savorgnan (gérants de Restaurant MILLESIMES62),

Renaud Seligmann (gérant du Social Bar),

Jonathan Sellam (représentant du Collectif de la restauration et fondateur de TraqFood),

Anthony Solinas (gérant de l'Epicurianu),

Olivia Somsack (gérante de Velvet Bar),

Omar Souidi (gérant de Taâm restaurant),

Pierre-Maire Tanguy (gérant de les Maquereaux),

Quentin Thireau (CEO de Barnaby)

Aymeric Tortereau (gérant de Pelican Lyon)

Ian Tuomey (propriétaire du Mc Bride's, Corcoran's Bastille et Corcoran's Sacre Coeur),

Paul Vigouroux (gérant de La Machinerie),

Jean Vrombout (gérant de Adada et Mammouth),

Pauline de Waele (rédactrice en chef de Au Cœur des villes),

Caroline Walker (gérante du 153),

Xavier Zeitoun (CEO de Zenchef),

David Zenouda (Représentant de UmiH Nuit Paris et du Café A),

Matthieu Zurfluh (Gérant du Claque fromage).