Grand Paris Express : respect du calendrier !

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C’est désormais chose faite : la gare de Chelles du Grand Paris Express verra le jour avec pas moins de 6 ans de retard sur le calendrier initial.

L’impact du Grand Paris Express sur notre ville et pour ses habitants n’est plus à démontrer. Qu’il s’agisse de faciliter l’accès à l’emploi local  qui se heurte souvent aux difficultés de déplacements de banlieue à banlieue, obligeant parfois à devoir passer par Paris pour se rendre à quelques kilomètres de Chelles ; à la santé en  plaçant les pôles hospitalier du territoire à quelques minutes de trajets là où, selon la circulation, plusieurs heures peuvent être nécessaires aujourd’hui ; à l’éducation en divisant par 15 le temps de transport pour se rendre au pôle d’enseignement supérieur de la cité Descartes à Champs-sur-Marne où se situe la seule université du département, tout en rapprochant sensiblement les pôles universitaires de Villetaneuse et Saint-Denis qui offrent des formations complémentaires à celles dispensées sur le territoire ; ou encore à la culture, à travers les l’accessibilité plus importante des sites, musés, salles de spectacles et autres lieux de patrimoine situés en dehors de Paris intra-muros.

Mais il ne s’agit pas simplement de faciliter les déplacements au départ de Chelles, une telle infrastructure représente également pour notre ville une opportunité de développement qui aujourd’hui s’éloigne. En effet, en développant la desserte de notre commune nombre d’entreprise auraient pu saisir l’opportunité de s’installer à Chelles, permettant ainsi de développer l’activité économique dont tant les finances de la commune que les demandeurs d’emploi de la ville auraient pu bénéficier.

Ce sont toutes ces opportunités et tous ces changements dans la vie quotidienne de chaque Chelloise et chaque Chellois qui sont retardés d’au moins 6 ans avec cette décision et ne seront pas compensés par le prolongement de lignes desservant la capitale alors que l’enjeu se situe dans les déplacements au sein de la petite et la grande couronne. Chelles n’est malheureusement pas isolée, c’est toute la Seine et Marne qui se retrouve sacrifiée avec le report de l’ensemble des gares du département, cumulant de fait l’ensemble de ces impacts négatifs. L’Est francilien est aujourd’hui considéré comme l’équivalent de ce que fut La Défense à l’ouest, qui peut croire que ce report de 6 ans ne freinera pas le développement économique d’un territoire qui en a cruellement besoin ? Et quid de l’accès au site olympique à cheval sur Chelles, Vaires sur Marne et Torcy en… 2024 ?

Afin de rendre acceptable ce report, le gouvernement – attentif à la mobilisation des élus de Seine-Saint-Denis autant qu’au silence de ceux de la première ville de Seine et Marne – a confirmé le maintien du calendrier pour le 93. Ce faisant, il commet une erreur.

La nécessité d’un désenclavement du 93 est unanimement admise, mais en ne réalisant que le tronçon dédié à ce département, le gouvernement ne désenclave en réalité pas, il enclave un peu plus le territoire en y permettant les déplacements en son sein tout en empêchant les interconnexions avec le RER E ou les sites évoqués précédemment. Quel est l’intérêt d’un réseau de transport qui, in fine, présente les mêmes inconvénients que le précédent en ne permettant pas aux populations de se rendre là où elles en ont besoin ? Si en matière de politique publique la communication est essentielle, elle doit être au service de l’action, et non masquer son absence.

Ce report est d’autant plus inacceptable que, sans s’attarder sur la gêne que représente des travaux qui vont durer six ans de plus que prévu, ni la minorer –surtout lorsque l’on sait que des habitations ont été détruites afin d’accélérer le chantier et que leurs habitants auraient de fait pu y rester 6 ans de plus – c’est en partie par l’impôt que nous finançons ce projet.

S’il n’est nullement question de remettre en cause ce mode de financement, l’utilité publique de ce réseau justifiant le recours au levier fiscal, il est nécessaire de souligner que si le versement de cet impôt temporaire était consenti pour un projet devant voir le jour en 2024 sur l’ensemble du territoire francilien, ce consentement n’est plus aussi évident s’il dure 6 ans de plus sans le moindre impact local. Comment faire entendre, notamment au Seine-et-Marnais qu’ils devront financer un projet dont ils ne bénéficieront finalement au plus tôt que dans 12 ans ?

Enfin, il paraît pour le moins paradoxal que le motif invoqué pour justifier ce retard soit celui du financement, surtout lorsque l’on sait qu’avec les mesures annoncées et votées au budget de l’État (suppression de l’ISF, abaissement de la fiscalité sur le capital,…) ce sont entre 25 et 32 milliards d’euros qui ne rentreront pas dans les caisses de l'État en cinq ans. On ne peut créer la pénurie et ensuite s’en plaindre !

Au regard de l’ensemble de ces éléments, nous lançons dès aujourd’hui une pétition visant à exiger le maintien du calendrier initial dans l’intérêt du territoire et de ses habitants. Chelles, la Seine et Marne et la banlieue ne sauraient être sacrifiés sur la base de motifs budgétaires autoalimentés par des décisions sans sens logique.



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