Halte au déni de l'Histoire et de la Mémoire sur le site du bastion de Saurupt à Nancy

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La presse s’est fait l’écho de l’annonce très récente par la Métropole du Grand Nancy et Jean-Marie Duthilleul (urbaniste du quartier «Nancy Grand Coeur»), d’un projet de « parc des vestiges » aménagé en amputant un petit morceau de la partie nord du parc de la Congrégation des soeurs de Saint-Charles dans lequel les pierres de taille présentes sur les flancs du bastion de Saurupt (mis à jour par l’INRAP en 2016) seraient « transplantées ». L’extraction de ces pierres a débuté immédiatement suite à l’annonce.
Déplacer ainsi quelques fragments d’un bastion n’a rien d’une démarche respectueuse du caractère spécifique d’une enceinte fortifiée sur le plan patrimonial et ne contribuera pas à « maintenir la mémoire de l’histoire de la ville » comme cela est annoncé. De plus, les documents rendus publics montrent un «parc» totalement étriqué (environ 750 m2), manifestement inaccessible aux personnes à mobilité réduite, et nécessitant l’abattage de quelques très beaux arbres centenaires qui entourent un ensemble statuaire dépendant de la Congrégation. 
 
Ce projet est en réalité un pur ALIBI PATRIMONIAL pour faire place nette à trois opérations immobilières annoncées depuis un long moment déjà mais qui tardent à investir le site ( sont-elles d’ailleurs toujours d’actualité ? ). S’ils devaient se construire, les immeubles d’une hauteur similaire à ceux qui se développent actuellement le long du boulevard Joffre (21 à 23 mètres) constitueraient une agression inadmissible des quartiers proches inclus dans le secteur sauvegardé (d’une hauteur bien moindre : 10 à 15 mètres pour les constructions courantes - hormis un batiment exceptionnel tel le lycée Cyfflé). De plus, ces programmes résidentiels s’approprieraient la partie nord du parc de la Congrégation de façon INCIVIQUE en s’approchant au plus près de sa limite et sans respecter aucune règle de prospect : c’est ainsi un véritable mur de plus de 25 mètres de hauteur qui surplomberait le parc (lui-même étant en contrebas de 4 mètres), annihilant ainsi toute intimité et portant atteinte à sa valeur vénale.
 
Nos nombreuses alertes depuis juillet 2016 auprès de la ville de Nancy et de la Métropole du Grand Nancy ont montré le POTENTIEL EXCEPTIONNEL du lieu qui permettrait :
- d’une part, de révéler de façon spectaculaire un fragment du paysage de l’enceinte fortifiée de la ville de Charles III, ce qui va bien au delà de la valeur intrinsèque des vestiges et qui n’est possible NULLE PART AILLEURS sur le pourtour de la Ville Neuve 
- d’autre part, d’apporter une réponse très forte au DEVOIR DE MEMOIRE des événements liés à la Résistance et à la Déportation qui se déroulèrent sous la France de Vichy dans la prison Charles III. C’est pourquoi son portail, dont la reconstruction a été promise aux associations de déportés (qui lui accordent une valeur symbolique bien compréhensible), doit être repositionné à proximité immédiate de son emplacement d’origine, et non pas « transplanté » lui aussi dans un autre lieu, ce qui lui ferait perdre toute signification.  
 
Malgré ces alertes restées volontairement très discrètes et avec le souci d’engager une concertation excluant toute polémique, force est de constater que la vision d’aménagement de Jean-Marie Duthilleul pour ce site n’a pas bougé d’un millimètre. Dans une ville classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco ( faut-il le rappeler ? ) il est sidérant qu’un potentiel majeur de valorisation de l’Histoire et de la Mémoire d’un lieu soit sacrifié au profit d’investissements immobiliers très facilement réalisables dans d’autres endroits du vaste secteur de transformation urbaine « Nancy Grand Coeur » et sans porter atteinte au bilan de cette opération d’aménagement. D’autres solutions existent, réalistes, qui requièrent uniquement la volonté de porter haut une telle exigence.  


C’est pourquoi nous demandons : 


          - l’arrêt de toute intervention sur les vestiges du bastion de Saurupt en dehors d’un suivi archéologique, qui impliquera notamment l'exploration de la partie des murs « couchés » et la conservation systématique de toutes les pierres taillées après un repérage précis in situ 

          - l’abandon du projet alibi de «parc des vestiges » 

          - le report des opérations immobilières projetées sur le site dans d’autres secteurs du quartier Nancy Grand Coeur 

          - l’examen d’une solution alternative d’aménagement du site du bastion de Saurupt et de l’ancienne prison Charles III qui prenne enfin en compte l’Histoire et la Mémoire des lieux de manière sérieuse . 
 


Jacques BOULAY 
représentant de la Société de Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France
Christian LAURENT  
Président de l’Union Rempart Grand Est  
André VAXELAIRE 
ancien enseignant de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nancy 
 
Participez à cette action à partir de la page Facebook : Halte au déni de l’Histoire et de la Mémoire : bastion de Saurupt à Nancy 
Pour un contact direct, envoyez également votre adresse mail (et vos coordonnées si vous le souhaitez) à :  avenirbastionsaurupt@gmail.com



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avenir du bastion de saurupt à Nancy a besoin de votre aide pour sa pétition “Monsieur le Président de la Métropole du Grand Nancy et monsieur le Maire de Nancy: Halte au déni de l'Histoire et de la Mémoire sur le site du bastion de Saurupt à Nancy”. Rejoignez avenir du bastion de saurupt à Nancy et 521 signataires.