Contre un nouveau projet éolien à Nesle-la-Reposte (51120)

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Aude SEMAT
Aude SEMAT a signé la pétition

La petite commune de Nesle-la-Reposte (104 habitants), dans le département de la Marne, est menacée par un nouveau projet éolien.

Au cœur de la vallée de la Noxe, un projet de parc éolien situé au nord et à l’ouest de la commune, est actuellement soutenu par la mairie, contre la volonté d’une majorité de la population.

Il prévoit l’installation de six à huit éoliennes, dont deux sur la commune voisine des Essarts-le-Vicomte, d’une puissance de 3,45MW pour 165m de haut et des pales de 132m de diamètre. Le village est déjà encerclé d’éoliennes, avec quatre parcs installés à proximité et un cinquième en projet, pour un total de 28 machines, à l’image de l’ensemble du département de la Marne qui est en troisième position des départements les plus saturés en éoliennes avec 484 machines implantées ou en projet.

Si les parcs éoliens des environs de Nesle sont relativement bien acceptés car de taille raisonnable (des aéro-générateurs de 2MW et 130m de haut, situés de 1,5km à 3km des habitations) le nouveau projet, avec ses machines 70% plus puissantes et 30% plus grandes que la société Siemens-Gamesa envisage d’implanter à partir de 800m des habitations, est totalement incompatible avec l’exiguïté du territoire communal (frontière avec les communes voisines à 1600/1800m des premières maisons). Signalons également que les turbines seraient installées à l’ouest et au nord de Nesle-la-Reposte, c'est-à-dire sous les vents dominants qui peuvent multiplier par quatre la propagation des nuisances sonores.

L'actuel projet de parc éolien, mené par la société Siemens-Gamesa, menace l'intégrité patrimoniale et environnementale de la commune, qui comprend deux sites inscrits au titre des Monuments Historiques : les ruines de l’abbaye bénédictine (XIe siècle) et la maison abbatiale (XVIe siècle). Ces deux sites font partie des 4% des Sites Classés ou Inscrits du territoire français. Située à proximité de ces nouvelles éoliennes, l’église Saint-Martin, construite en 1213 lors d'un différend entre le curé et l'abbaye de Nesle, serait directement touchée, alors qu’elle fait actuellement l’objet d’un projet de financement participatif soutenu par la Fondation du Patrimoine. Son clocher de 30m de hauteur ferait pâle figure face aux 165m de ces machines ! 

En prime d’enlaidir notre beau village et l’environnement boisé qui lui sert d’écrin (bois de la Bertine et bois de la Comtesse), les conséquences sur le cadre de vie et la santé des habitants de Nesle-la-Reposte et des communes voisines sont loin d’être négligeables (nuisances sonores, infrasons pouvant causer troubles du sommeil, acouphènes, maux de tête, vertiges et nausées), comme le montrent de nombreuses études scientifiques en Europe et aux États-Unis. Déjà « en mars 2006, l'Académie nationale de médecine a considéré (...) que l'impact sonore des parcs éoliens était comparable à celui des aéroports, des infrastructures de transports ou des usines » (selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail).

Cet impact fort sur l’environnement et la santé n’est pas sans toucher la faune, qui peuple la plaine et les bois autour de la commune. Si certains considèrent que la mortalité des oiseaux et des chauves-souris présente un risque minime (LPO France, juin 2017), ce risque est déjà trop grand au regard de la chute de biodiversité dans nos communes.

Outre la perturbation des migrations de chauves-souris et de grues cendrées (qui tournoient longuement au dessus du repère topographique constitué par notre village pour réorienter leur vol), ce parc éolien serait extrêmement préjudiciable à trois espèces de rapaces déjà menacés: les Busards cendrés et Saint-Martin, qui nichent au sol dans les céréales, et les Milans royaux qui sont attirés par les cadavres d’oiseaux victimes des éoliennes.

Cela alors que le patrimoine naturel remarquable de la commune a fait l’objet d’un inventaire par la Direction de la nature et des paysages (Ministère de la Transition écologique et solidaire), du fait de son intérêt écologique et faunistique, les bois autour du lit de la Noxe étant considérés comme « zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) ».

Durant la durée du bail (57 ans !), Siemens-Gamesa pourra modifier le nombre d’éoliennes et leur puissance sans qu’aucune opposition des propriétaires fonciers, et encore moins de la mairie, ne soit recevable. Tout cela sachant que la durée de vie d’un parc éolien est estimée à 20 ans et que les contrats de rachats de l’électricité éolienne par EDF sont garantis 15 ans. Si l’investisseur cesse l’exploitation du parc éolien, la responsabilité du démantèlement des machines (dont les socles de fondation en béton armé de plus de 600m3) reviendrait aux propriétaires des terrains. À l’heure actuelle, les sociétés exploitant les parcs éoliens en France prévoient dans leurs contrats une clause de rupture de bail si EDF se désengage… Rien ne saurait justifier la défiguration de notre commune et de ses paysages au bénéfice du lobby éolien et de fonds d’investissement étrangers.

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Stoppons ce projet éolien inutile et nuisible et préservons ensemble le village de Nesle-la-Reposte et son environnement.

Dans un territoire déjà saturé d’éoliennes, alors que plus de la moitié du territoire français est épargnée par le plan national éolien (359 parcs éoliens dans la région Grand Est pour seulement 17 en Provence-Alpes-Côte d’Azur et 9 en Ile de France), ce nouveau projet développé par Siemens-Gamesa et la mairie de Nesle-la-Reposte dégraderait un peu plus un environnement et un patrimoine qu’il est nécessaire de préserver, et nous disons non !