Non à la démolition du Château de Westhove

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Urgences PATRIMOINE
Urgences PATRIMOINE a signé la pétition

Le Château de Westhove, situé à Blendecques dans le département du Pas de Calais est aujourd'hui menacé de démolition.

Le Maire de la commune, qui à l'époque de sa campagne pour l'élection municipale s'était engagé à le faire restaurer, souhaite désormais le démolir.                                Le parc vient de perdre près de deux cents arbres, abattus sans vraiment de raisons et nous craignons à présent que l'édifice ne subisse le même sort prochainement.

Nous rappelons que ce château est sous protection des services de la Culture, puisqu'il a été inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 2011. Si cette mesure de protection a été accordée, c'est bien parce que le Château de Westhove présente un intérêt patrimonial incontestable, de par son architecture représentative des constructions locales, sans compter les ornements intérieurs des plafonds notamment.

Ce témoin de l'histoire industrielle du département du Pas de Calais, peut espérer un avenir. Avenir assuré par les collectivités, un projet associatif ou pourquoi pas, privé, mais il ne mérite en aucun cas d'être démoli.

À travers cette pétition, nous demandons à toutes les instances compétentes de bien vouloir examiner le "dossier" Westhove, afin de désapprouver fermement la démolition programmée.

 

                                                                  Urgences Patrimoine

                                                      Élan du Château de Westhove                                                                                                                      

                                                             

 

Historique du Château:

Année de construction 1900 ( gravé dans la pierre sur la façade Ouest : ANNO 1900)

Au printemps 1901, le compte-rendu d'une excursion à Saint-Omer par la Société régionale des Architectes du Nord de la France, nous rapporte que : " une peu plus loin, notre collègue M. Decroix nous fait visiter la maison  de campagne de M. Avot, en construction, dans un magnifique parc; architecture bien intéressante et renaissance  modernisée où, à chaque pas, nous rencontrons de très jolis morceaux d'ornementation sculpturale ; à remarquer aussi le joli escalier avec verrières au plafond, la grande salle à manger largement éclairée, etc..."

Pendant la 1ère guerre mondiale, le Général Foch fit 2 courts séjours les 16 et 27  Avril 1918. Dans ses "Mémoires" (tome 2, page 60 et suivantes), le Général Foch nous renseigne sur l'importance des conférences tenues à Blendecques et sur les décisions qu'il  y prit avec les Chefs britanniques, notamment Sir Douglas Haig, qui logeait au Château de l'Hermitage.

Pendant ces 2 séjours du Général Foch à Blendecques, quelques souvenirs peuvent être signalés : la rencontre que fit l'Abbé Biausse avec le Général et le récit qu'il en laissa dans sa chronique paroissiale:

"Un matin de la fin Avril 1918, j'arrivais pour célébrer la sainte messe dans l'oratoire de Mr Avot -Vallée. Je rencontre dans les couloirs l'illustre Général, " Mon Général (dis-je) , je vous prie de bien vouloir agréer mes hommages respectueux", "Mr Le Curé, merci, je n'ai pas besoin, n'est-ce pas, de vous demander de prier pour moi", "de tout mon coeur mon Général"," merci, je vais maintenant assister à votre messe".

Ce jour là, la messe était servie par la petit Pierre Avot, qui plus tard se souvenant avec émotion d'avoir vu le Général venir s'agenouiller à son côté, sur le marchepied de l'autel, pour communier.

 

Homme de foi, le Général était aussi d'une courtoisie rare. A Westhove, lorsqu'il rentrait tard d'une inspection sur le front, il quittait ses bottes au bas de l'escalier pour ne pas déranger ses hôtes.

A son dernier séjour, il conseille à Mr Prudent Avot d'accepter d'aller rejoindre ses enfants (retranchés à Paris) et qui s'inquiétaient de le voir s'attarder à Blendecques (près du front), à son âge. Foch lui facilita les démarches et le voyage. Prudent Avot devait mourir à Paris, fin Décembre 1918, sans avoir revu Blendecques.

En 1919, Pierre-Charles, 7ème enfant , s'installe au Château et prend la succession de la papèterie à 37 ans, avec ses 2 frères, Louis-Théophile et Paul-Louis. Avec son épouse Antoinette-Julie Sophie Duthoit, il a 6 enfants. En 1923 , Antoinette meurt lors de l'accouchement de leur 7ème enfant. Trés affecté par la mort de son épouse, il vit retiré.

En 1930, l'aîné des enfants de Pierre-Charles Avot, Pierre, âgé de 21 ans, épouse Mademoiselle Wibaux. Le couple s'installe dans une demeure qu'il fait construire rue à L'eau (Rue Pasteur).

En 1932, Pierre-Charles décède à l'âge de 51 ans. Son fils Pierre, âgé de 23 ans, reprend la succession de l'usine ; les 5 derniers enfants restent au Château et y vivent quelques années, le quittant progressivement. Le dernier fils, Joseph, trop jeune pour vivre dans cette grande demeure s'installe alors rue à L'eau, chez son frère aîné. La propriété demeure inhabitée pendant environ 8 années.

Par la suite, le Château connut des moments moins glorieux. Il fut réquisitionné une première fois par les soldats entre Octobre 1939 et Mai 1940.

Le Château sert ensuite de Kommandatur, jusqu'en 1943, les allemands quittent les lieux en laissant les portes ouvertes, la population s'empressant de la récupérer.

L'activité Industrielle :

Prudent Avot Vallée fonde une papèterie en 1865, sur le site de ce que l'on appelle La Vieille usine, dont les bâtiments seront totalement détruits en 1939.

Vers 1902-1903, une 2ème usine voit le jour à quelques mètres de la première, le long de la voie ferrée. Elle est baptisée la Nouvelle usine, en opposition avec la vieille. En 1970, la Société Avot-Vallée dépose le bilan suite au décès de Pierre Avot. La Sociète nouvelle des Etablissements Avot-Vallée est créée en 1971 sous la forme de syndic et peut ré embaucher 200 personnes et utiliser deux machines sur trois; les principaux actionnaires sont les prinicpaux clients dont la Papèterie de Blendecques, les Verreries Cristallerie d'Arques, Ondulys, Béghin Say à Corbehem.

Cette nouvelle usine est rachetée vers 1986 par le groupe Canadien Cascades Inc. Québec et prend la dénomination de Cascades Avot-Vallée. En 1986, la production s'élevait à 42. 500 tonnes de papier pour carton ondulé et cartonnette ; les pâtes proviennent de Scandinavie et l'usine récupère et traite les vieux papiers. La papéterie s'est nommée Norampac Avot Vallée et à ce jour, Norpaper.

An début du 20ème siècle, l'usine fonctionnait avec 5 machines à papier. En 1903, les machines produisaient environ 50 tonnes par jour. De 1903 à 1914, la socièté disposait de 11 machines pour une production d'environ 100 tonnes par jour.

En 1933, la papèterie employait 400 personnes.

En 1962, une nouvelle machine est installée et la production journalière  atteint 160 tonnes de papier kraft et cartons dont des sacs papiers, les krafts écrus et blanchis, frictionnés et apprêtés.....l'usine employait 560 personnes.