Pour la défense de l'ESR, contre la LPPR et la réforme des retraites!

Pour la défense de l'ESR, contre la LPPR et la réforme des retraites!

0 a signé. Prochain objectif : 1 500 !

Gaëlle LELANDAIS
Gaëlle LELANDAIS a signé la pétition

Parce que nous n’acceptons pas de devoir marcher sur la tête des autres pour sortir la tête de l’eau,

Parce que la casse de la fonction publique et du service public qui s’organise en France va nous rendre précaires, dans nos vies, dans notre travail,

Parce que nous ne voulons pas travailler les uns contre les autres, mais les uns avec les autres,

Parce qu’il n’y a pas d’avenir sans une recherche publique forte dont les retombées sont imprévisibles dans le temps et dans l’impact,

Parce que focaliser les budgets de la recherche publique sur une recherche rentable à court terme est dangereux pour le devenir de la recherche française, dangereux pour appréhender le monde de demain dont nous ignorons tous la structure et les contours,

Parce que nous refusons un management à la France Telecom,

Parce que nous défendons une évaluation par les pairs,

Parce que nous revendiquons une recherche autonome,

Parce que nous sommes contre une Université à deux vitesses et la mise en compétition des Universités,

Parce que l’Université n’est pas une marque,

Parce que nous ne sommes pas à vendre,

Parce que nous voulons un avenir pour nos étudiants, un futur pour les jeunes chercheurs,

Parce que nous sommes pour un service public fort. Un service public garantissant à tous : l’accès aux soins, à l’Education, à l’Enseignement Supérieur, à la Justice, aux transports, au logement,

Parce que nous défendons la liberté d’expression,

Parce que nous condamnons la répression policière, et les tentatives d’atteinte à la liberté d’informer, de manifester ou de faire grève, qui se sont intensifiées récemment,

Ce qui se passe aujourd’hui est une terrible atteinte à nos conditions de vie :

- perte de pension estimée entre 30 et 40% pour nos retraites.

- mise en place d’une Université à deux vitesses avec l’apparition des licences sélectives et le renforcement de l’autonomie des Universités et des pôles d’excellence.

- nième réforme des droits au chômage, qui aggrave encore la situation de nos collègues et etudiant.e.s les plus précaires.

- baisses de budget continuelles pour les services publics et fermetures d'agences de service.

- répressions policières de plus en plus violentes et atteintes à la liberté d’expression de plus en plus fréquentes.

 

Ce qui se passe aujourd’hui est une terrible atteinte à nos conditions de travail : (voir le Plan Pluriannuel de la Recherche dévoilé en Novembre 2019 (1) et les décrets et lois relatifs à la fonction publique des 6 août et 31 décembre 2019 (2)).

- multiplication et création de nouveaux contrats précaires (dont des "CDI" de mission).

- renforcement de la logique d’appel à projets comme mode unique de financement de la recherche.

- suppression de la référence d'un service annuel de 192h ETD pour les enseignants-chercheurs et suppression de la clause d’accord des intéressés pour la modulation des services d’enseignement, entraînant, de fait, le non-paiement des heures complémentaires et surtout encore une diminution des nouveaux postes d'enseignants-chercheurs
- renforcement de la mise en compétition entre collègues avec la « revalorisation ciblée » des salaires, pour « récompenser l’excellence, l’innovation, les réussites aux appels d’offre européens ou nationaux ».

- mise en vigueur des ruptures conventionnelles dans la fonction publique et ouverture des emplois de direction de la fonction publique aux managers du privé. On comprend immédiatement les risques de fragilisation de notre situation en tant qu'agents du public.

Toutes ces mesures sont une atteinte grave à la Recherche publique et à l’Enseignement Supérieur, en organisant la destruction des Organismes Nationaux de Recherche et des structures universitaires pour privilégier quelques « sites ».

Entre 2012 et 2018, les établissements publics scientifiques et techniques (CNRS, INSERM, INRA, INED), ont perdu 3650 postes de titulaires. Les recrutements de maitres.sse.s de conférences ont diminué de 36 % et ceux de professeur.e.s des universités de 40 % (1), constat auquel il faut ajouter les nombreuses suppressions de postes administratifs et de tous les autres métiers, essentiels à nos missions.

La présente pétition vient renforcer les nombreuses initiatives illustrant la contestation des personnels de l’ESR : pétition contre une loi inégalitaire (3), lettre à l’intention d’Antoine Petit rédigée par la quasi-totalité des Présidents de sections du Comité National de la Recherche Scientifique, des Présidents des Conseils Scientifiques des Instituts du CNRS (4), tribune du « Monde » signée par plus de 2700 universitaires (5), enquête de 23 sociétés savantes réalisée en 2019 sur 6000 Chercheurs et Enseignants-Chercheurs (6), nombreuses autres tribunes et blogs publiés ici (7) et là (8).  

Parce que nous n’acceptons pas de devoir marcher sur la tête des autres pour sortir la tête de l’eau,

Parce que la casse de la fonction publique et du service public qui s’organise en France va nous rendre précaires, dans nos vies, dans notre travail,

Nous signataires de cette pétition demandons :

- 1 le retrait de la LPPR

- 2 une augmentation significative des moyens pour la recherche publique, à la hauteur de ce qu'on peut attendre d'un pays riche comme la France, autant en financements récurrents pour tous les laboratoires qu'en nombre de postes permanents, en particulier, des postes ouverts aux nombreux précaires actuels de l'ESR .

- 3 que soit revu à la baisse le nombre d'heures enseignées par les Enseignants Chercheurs (EC), ce qui soulagera tous les EC actuels pour leur permettre de s’investir plus dans leur recherche et permettrait de dégager des heures sur lesquelles de jeunes collègues pourront être recrutés.

- 4 une revalorisation des salaires pour l’ensemble des personnels de l’ESR, ce qui contribuerait, en plus des améliorations de conditions de travail évoquées, à rendre attractives les carrières scientifiques.

- 5 le retrait de la réforme des retraites à points.

Sans quoi, nous signataires de cette pétition, nous continuerons la lutte aux côtés des Cheminots, de l’Education Nationale, de l’Hôpital, de l’Opéra de Paris, des pompiers, des avocats, des égoutiers et de tous ceux qui ne sont pas d'accord avec les réformes en cours.

Premiers signataires:

François André (chercheur CEA, Saclay)

Sébastien Barot (DR IRD, Sorbonne Univ)

Agnès Baudin-Baillieu (MCF Univ Paris-Saclay)

Laure Bidou (MCF Sorbonne Univ)

Sébastien Bloyer (Pr Univ Paris-Saclay)

Jean-Baptiste Boulé (CR CNRS, MNHN)

Costas Bouyioukos (MCF Univ de Paris)

Léopold Carron (Post-Doctorant Sorbonne Univ)

Fabrice Confalonieri (PR Univ Paris-Saclay)

Bertrand Cosson (PR Univ de Paris)

Vladimir Daric (IE CNRS, Banyuls-sur-mer)

Vincent Debat (MCF MNHN)

Christine Dillmann (PR Univ Paris-Saclay)

Christine Drevet (IE CNRS, Orsay)

Marianne Elias (DR CNRS, MNHN)

Jérôme Enjalbert (DR INRAE, Univ Paris-Saclay)

Eric Espagne (MCF Univ Paris-Saclay)

Cécile Fairhead (PR Univ Paris-Saclay)

Nicolas Ferey (MCF Univ Paris-Saclay)

Gilles Fischer (DR CNRS, Jussieu)

Mélina Gallopin (MCF Univ Paris-Saclay)

Cécile Gasse (MCF Univ Evry)

Isabelle Goldringer (DR INRAE, Univ Paris-Saclay)

Pierre Grognet (MCF Univ Paris-Saclay)

Dominique Higuet (PR Sorbonne Univ)

Yacine Ikhlef (CR CNRS, Jussieu)

Annick Jacq (DR CNRS, Orsay)

Slim Karkar (CEA Univ Paris-Saclay)

Jacques-Olivier Klein (PR Univ Paris-Saclay)

Benoît Lahouze (PRAG Univ Evry)

Fabrice Leclerc (CR CNRS, Orsay)

India Leclercq (MCF Univ de Paris)

Gaëlle Lelandais (PR Univ Paris-Saclay)

Jean-Marc Lelièvre (CR INRAE, Jouy-en-Josas)

Olivier Lespinet (PR Univ Paris-Saclay)

Guillaume Levieux (MCF CNAM)

Anne Lopes (MCF Univ Paris-Saclay)

Judith Lopes (CR INSERM, MNHN)

Elodie Marchadier (MCF Univ Paris-Saclay)

Antonin Marchais (IGR)

Laetitia Maroc (Doctorante Univ Paris-Saclay)

François Massol (DR CNRS, Université de Lille)

Matthieu Montes (PR CNAM)

Marie-Hélène Mucchielli (PR Univ Evry)

Samuel Murail (MCF Univ de Paris)

Stéphane Nicolas (CR INRAE, Univ Paris-Saclay)

Sébastien Ollier (MCF Univ Paris-Saclay)

Hervé Perdry (MCF Univ Paris-Saclay)

Jérémie Perrin (Etudiant, Sorbonne Univ)

Loïc Ponger (MCF MNHM)

Joël Pothier (Sorbonne Univ)

Cécile Quantin (PR Univ Paris-Saclay)

Emmanuelle Rio (MCF Univ Paris-Saclay)

Laureline Roger (MCF MNHN)

Filippo Rusconi (CNRS, Univ Paris-Saclay)

Fanny Rybak (MCF Univ Paris-Saclay)

Sophie Sacquin-Mora (CR CNRS, IBPC)

Thomas Simonson (PR Ecole Polytechnique)

Marie Sonnette (MCF Université d'Angers)

Teresa Teixeira (DR CNRS, IBPC)

Mathieu Thomas (CR CIRAD, Montpellier)

Guillaume Tiffon, (MCF Univ Evry)

Claire Toffano-Nioche (CR CNRS, Orsay)

Jerome Valluy (MCF Univ. Panthéon-Sobonne/Paris 1)

Christine Vassiliadis (MCF Univ Paris-Saclay)

Zhou Xu (CR CNRS, Jussieu)

 

[1] http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article8548

[2] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000039727613&categorieLien=id

[3] https://www.petitions.fr/recherche__non_a_une_loi_inegalitaire

[4] https://www.lemonde.fr/blog/huet/2019/12/12/antoine-petit-conteste-au-cnrs/

[5] https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/20/nous-chercheurs-voulons-defendre-l-autonomie-de-la-recherche-et-des-formations_6026543_3232.html

[6] https://societes-savantes.fr/

[7] http://www.sauvonsluniversite.fr/

[8] https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/12/06/le-darwinisme-social-applique-a-la-recherche-est-une-absurdite_6021868_3232.html