Pétition fermée

S.O.S. PUNTA NATI ! Sauvons ce paysage culturel de Minorque

Cette pétition avait 90 signataires


A l'Honorable Présidente du Conseil Insulaire de Minorque, Mme Susana Mora.

Nous demandons au Conseil Insulaire de Minorque de déclarer Bien d'Intérêt Culturel (BIC) le Paysage Culturel de la Punta Nati, situé au nord de Ciutadella de Menorca. Ce site concentre une grande quantité d'éléments ethnologiques et archéologiques de pierre sèche créés par l'homme au fil des siècles, et est le produit d'un système d'agriculture et d'élevage caractéristiques de l'économie traditionnelle de l'île.

Ce paysage, profondément marqué par les mains de l'homme, d'une qualité plastique singulière et d'un intérêt notaire, est notre héritage culturel et notre patrimoine historique. Il représente l'identité de notre communauté et est un exemple d'équilibre entre l'intervention humaine et l'environnement naturel.

Actuellement, la Punta Nati est le siège d'un parc photovoltaïque de 14 hectares, que l'on envisage d'agrandir à 187 hectares. Le résultat serait l'installation d'un des plus grands parcs photovoltaïques d'Espagne, situé dans une petite île déclarée Réserve de la Biosphère par l'UNESCO en 1993.

Ce projet recouvrirait une vaste étendue occupée par de nombreux éléments de valeur ethnologique, qui entraînerait la disparition du paysage et la destruction du système culturel qu lui confère son identité. Cela briserait l'équilibre entre l'homme et son environnement, ce qui irait à l'encontre de sa qualification de Réserve de la Biosphère.

La société historico-archéologique Marti i Bella, et la Fondation Lithica Pedreres de s'Hostal, promoteurs de cette pétition, reconnaissent l'importance et la nécessité du développement des énergies non polluantes à Minorque, ainsi que le besoin d'une planification de leur développement avec des projets de proportions respectueuses par rapport à la réalité de notre territoire : l'île de Minorque. C'est précisément parce que nous appuyons l'équilibre entre l'action humaine et l'environnement naturel que nous défendons le respect et la protection du paysage culturel de la Punta Nati, issus d'une relation étroite et harmonieuse entre l'homme et son habitat pendant des générations. 

Signez cette pétition adressée au Conseil Insulaire de Minorque, pour que notre île soit un exemple d'équilibre comme Réserve de la Biosphère, en demandant la déclaration de Bien d'Intérêt Culturel pour la zone de la Punta Nati, une partie essentielle du paysage, du patrimoine et de la mémoire de Minorque.

 

  • POUR PLUS D'INFORMATIONS : article de la société historico-archéologique Marti i Bella, et la Fondation Lithica Pedreres de s'Hostal, Diario de Menorca, 26 juillet 2016.

PUNTA NATI : MAINTENANT OU JAMAIS 

Tout indique que le Conseil Insulaire de Minorque continue les démarches de mise en oeuvre du projet d'élargissement du méga parc photovoltaïque de Son Salomó-Torrevella, dû à l'engagement vis-à-vis de la déclaration de la Réserve de la Biosphère de promouvoir les énergies non polluantes à Minorque.

Bien qu'il soit certain que le changement climatique produit par l'émission de CO2 généré par les combustibles fossiles exige urgemment une conversion aux énergies non polluantes, et que Minorque doit assumer cet engagement, il n'en reste pas moins évident que l'implantation de parcs photovoltaïques et éoliens dans un environnement de grande valeur doit se faire avec la précaution de réduire au maximum le terrible impact de ces installations sur le paysage et le patrimoine. Les dommages collatéraux inhérents à cette installation durant 20 à 25 ans,  tenant compte du fait que le projet inclut 56 bâtiments, un transformateur, un centre de contrôle dans un local de 400 m², des bâtiments semi enterrés de 1 600m²  et une surface construite totale de 4 174m², rendent très peu probable l'accomplissement de la promesse de réversibilité du parc une fois terminée la période d'exploitation. Il est évident que la protection du site de la Punta Nati doit se faire maintenant ou jamais...

Minorque projette de nos jours une image respectueuse de l'environnement et du paysage, car elle n'a pas succombé aux délires urbanistiques qui ont eu lieu dans beaucoup d'autres régions de la Méditerranée. Notre île candidate à la déclaration de Patrimoine Mondial par l'Unesco, jouit d'une richesse et d'une pureté de ses paysages qui lui ont fait mériter la déclaration de Réserve de la Biosphère. Avec un immense patrimoine archéologique, un centre-ville d'intérêt historico-artistique, un héritage historique remarquable et  un patrimoine ethnologique qui a façonné de génération en génération un paysage culturel de valeur indéniable, Minorque doit exiger que le Gouvernement Insulaire agisse sur le territoire de manière extrêmement prudente, pondérée et équilibrée pour ne pas affecter la qualité de l'environnement dont nous jouissons

Les 173 ha prévus par le projet démesuré d'expansion du parc photovoltaïque de Son Salomó, joints aux 14,5 ha du parc existant donnent la somme stupéfiante de 187,5 ha. Cette installation de 50 Mw de puissance serait la 3ème d'Espagne, après les parcs de Puertollano et Olmedilla de Alarcón, de 70 et 60 Mw. Cet énorme parc solaire, projeté dans un territoire de seulement 700km², met en évidence le manque de proportions de cette initiative sur un territoire aussi petit et vulnérable quand on le compare  aux 500 000 km² du territoire national. Cette intervention dans une zone classée par le Plan Territorial Insulaire comme Paysage d'Intérêt, siège d'un patrimoine ethnologique de valeur exceptionnelle de par ses nombreuses, constructions de pierre sèche et le caractère monumental de beaucoup d'entre elles, serait enseveli en grande partie sous une énorme quantité de plaques solaires (216 000), ce qui affecterait définitivement la valeur patrimoniale du paysage culturel de la Punta Nati. L'impact de ce projet sur le Camí de Cavalls serait dévastateur. Si l'agrandissement du parc se fait comme prévu dans le projet, la route de la Punta Nati n'aurait plus aucune vue du côté gauche, ni du côté droit dans sa dernière partie.

Le rapport sur le site de la Punta Nati rédigé par le Comité Espagnol de l'ICOMOS est catégorique dans ses conclusions:

"Le paysage du site de la Punta Nati est un payase d'un intérêt culturel unique en son genre, mais ce caractère singulier est basé sur des éléments extrêmement fragiles et de plus en plus déconnectés de la société (avec ses activités, aspirations et croyances) qui les a créés. C'est pourquoi la principale conclusion que l'on déduit est que l'installation d'aérogénérateurs et de plaques solaires auraient un impact extrêmement négatif sur l'image du site, comme sur le futur des activités qui, bien qu'en déclin, y survivent encore. En conséquence, la principale recommandation est d'éviter absolument l'installation  d'infrastructures énergétiques  telles que prévues sur le site de la Punta Nati."

En 2015, le Ministère de l'Education, de la Culture et du Sport a publié, dans le cadre du Plan National de Paysages Culturels, le livre : "100 Paysages Culturels en Espagne". La sélection des 31 paysages de caractère agricole et d'élevage comprend le paysage de la Punta Nati sous  la dénomination : plaines d'élevage du nord de Ciutadella", confirmant le caractère exceptionnel de ce site.

Les opinions émises par les nombreuses personnalités espagnoles et étrangères: historiens,  professeurs,  archéologues, géographes etc, qui ont visité ce site, réaffirment sans exception la valeur culturelle et unique de la Punta Nati.

L'éventualité de la construction du méga parc envisagé témoigne de la contradiction de l'administration sur plusieurs points : d'une part les Baléares, et en particulier Minorque, ont adhéré à l'initiative de Chypre et de la Grèce pour demander la Déclaration de Patrimoine Culturel Immatériel pour la technique constructive de la pierre sèche, et d'autre part il existe un risque imminent d'affecter de manière irréparable le paysage de pierre sèche le plus emblématique des Baléares et probablement de toute l'Espagne.

La SHA Martí i Bella réitère sa demande de déclaration de Bien d'Intérêt Culturel (BIC), dans la catégorie de Bien Ethnologique, qu'elle a présenté en septembre 2013 sans que l'administration n'ait répondu. Cette déclaration impliquerait la suspension des permis dans la zone promue BIC.

 

Il appartient au Gouvernement des Baléares et au Conseil Insulaire de Minorque de créer, par un plan sectoriel insulaire d'énergies renouvelables, la législation appropriée pour la mise en oeuvre de ces grandes infrastructures en territoire insulaire selon des critères de rationalité et de proportionnalité et, dans la mesure du possible, que ces grandes installations soient d'initiative publique. Il est évident que le projet qui est en cause répond uniquement à des intérêts économiques, sans tenir compte d'autres considérations.

Dans l'île voisine, Majorque, les associations GOB, Som Energia, Alcaib et Amics de la Terra s'opposent aux méga parc photovoltaïques projetés à Majorque : Santa Cirga à Manacor et Marinas de Lluchmajor d'une surface de 60 et 50 ha respectivement. Les quatre associations, qui font partie du Réseau de Souveraineté Énergétique de Majorque,  misent sur l'accroissement des énergies renouvelables "en s'assurant que les projets  respectent les critères de décentralisation de la production, de démocratie dans l'accès à l'énergie non mercantilisée, de bien commun et renouvelable", comme l'indique GOB dans un communiqué.

L'Assemblée de la Commission des îles Baléares de l'Environnement a émis en août 2015 un verdict défavorable au projet de parc photovoltaïque de Santa Cirga et Son Crespí Nou, dans la municipalité de Manacor. La résolution précise que certaines formalités doivent être complétées et que l'ampleur du projet "exige qu'il soit pourvu d'instruments de planification des énergies renouvelables et de la  gestion du territoire".

La SHA Martí i Bella réaffirme son plus profond respect pour les conclusions du rapport ICOMOS, et réitère fermement sa position en faveur des énergies alternatives, mais pas n'importe où ni à n'importe quel prix.  Le grand nombre de signatures et le soutien reçus lors de l'exposition "Punta Nati, paysage de pierres. Un paysage en danger?" organisée dans la salle municipale du Roser de Ciutadella pour informer l'opinion publique nous confirme qu'il existe une sensibilité croissante de la population aux futures interventions sur le territoire.

 



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