Demandons une loi pour la création d'un congé menstruel pour les règles douloureuses

Demandons une loi pour la création d'un congé menstruel pour les règles douloureuses

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Jean-Sébastien SUAREZ started this petition to Elisabeth Borne (Ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion) and

CONSTAT

Lorsque nous sommes indisposés pour maladie ponctuelle, chronique, ou handicap, notre système de santé permet le repos à la maison sans perdre des jours de congé, le remboursement des médicaments et/ou des aménagements de poste.

Les règles douloureuses (dysménorrhée), sans être une maladie, constituent pour environ 50% femmes (des personnes nées avec un utérus en tous cas) des douleurs récurrentes et invalidantes. Les symptômes sont nombreux :

  • Crampes, spasmes au niveau du bas ventre
  • maux de tête, fatigue, sensation de malaise, irritabilité
  • douleurs aux seins, œdèmes aux jambes, ballonnements abdominaux
  • gêne persistante dans le dos et/ou les jambes
  • nausées, vomissements, diarrhée
    https://www.ameli.fr/regles-douloureuses

40% des femmes se sentent gênées au travail en période de règles (étude Mashable). 14% des femmes ne se sentent pas capables de se rendre au travail (étude National Health Service).

Pourquoi cette particularité physiologique vieille comme le monde n'est-elle pas prise en compte dans l'organisation de notre société ?

PROPOSITION

Cela pourrait prendre la forme d'un compteur de 12 jours par an sur le même principe que les jours pour enfants malades.

Les modalités restent à définir mais le sujet se pose et dépasse le cadre politique partisan.

ENJEU

Instaurer un jour non travaillé et rémunéré par mois pour les femmes qui en feraient la demande contribuerait à :

  • Entrer dans le cercle des pays qui ont déjà franchi le pas avec des mesures différentes (Japon-1947, Indonésie-1948, Corée du Sud-2001, Taïwan-2013, Zambie-2015)
  • Favoriser l'égalité hommes-femmes dans le cadre du travail : une femme qui souffre au travail ne bénéficie pas du même traitement qu'un homme qui ne souffre pas
  • Briser le tabou pour celles qui sont sujettes à ces douleurs, communiquer sur l'endométriose dont souffre 1 femme sur 10, et en faciliter le dépistage.
  • Remettre sur la table le sujet de la transparence sur la composition des protections périodiques.
  • Reformuler la demande de TVA à 0% sur les protections périodiques, voire demander le remboursement de cette dépense obligatoire et injuste : environ 80€/an. En février 2020 l’Ecosse est devenu le premier pays au monde à rendre gratuites les protections.
  • Demander un meilleur taux de remboursement des produits pharmaceutiques prescrits en cas de règles douloureuses (Spasfon passé de 30% à 15% en 2011 pour "pathologie fréquente qui impacte notablement la qualité de vie, mais sans critère de gravité")
  • Dénoncer le marketing genré et mensonger : en moyenne 4% de plus pour les produits d'hygiène et beauté féminins (Nurofen condamné pour tromperie)
  • Communiquer et sensibiliser sur la contraception masculine : la pilule a des effets indésirables, aléatoires et méconnus qui peuvent avoir des conséquences graves sur le corps et la santé mentale des femmes. Par ailleurs, il est bizarrement communément admis que c'est la femme qui inflige ces pics et creux hormonaux à son corps alors qu'elle est féconde 3 jours par mois contre 30 pour l'homme !
  • réfléchir à l'éventualité de revoir notre devise "Liberté, Egalité, Fraternité" en "Liberté, Egalité, Solidarité". Car la fraternité est la solidarité entre les frères, la sororité est la solidarité entre les soeurs. Or la prévalence du masculin dans notre langue contribue à invisibiliser la moitié de la population. Tout commence par les mots : ils guident la pensée qui inspire des actions. Pas de mots pour penser aux femmes = pas d'actions pour les femmes. Dans la langue de Molière à l'époque de Molière, le masculin ne l'emportait pas sur le féminin. C'est l'académicien Claude Favre de Vaugelas en 1647 qui écrivait « le genre masculin, étant le plus noble, doit prédominer toutes les fois que le masculin et le féminin se trouvent ensemble ». Il ne tient qu'à nous d'accorder la modernisation de la langue avec la modernisation de la société.
     

OBSTACLES

On entend déjà les détracteurs de cette mesure :

  • "Qui va payer ?"
  • "Cela entraînerait une discrimination à l'embauche en faveur des hommes"
  • "Cela contribuerait à stigmatiser les femmes encore davantage, à pointer du doigt les fainéantes et les courageuses."
  • Les absences récurrentes et impromptues des femmes au travail constitueraient un chaos d'imprévisibilité dans les organisations."
  • "Ca ne concerne pas toutes les femmes, donc ce serait la porte ouverte aux abus."
  • "Comment peut-on s'assurer qu'une femme qui bénéficie d'un jour de congé souffre vraiment ?"
  • "Si l'on veut l'égalité des sexes il faut l'égalité de traitement" : Non justement! Encore une fois, attention aux enfumages de la sémantique  : souhaite-t-on l'égalité des sexes ou l'égalité des droits ? Précisément, les hommes ne souffrent pas de règles douloureuses. Intellectuellemnt les femmes sont égales aux hommes, mais physiologiquement les différences n'échappent à personne. Une femme qui souffre au travail bénéficie-t-elle du même traitement qu'un homme qui ne souffre pas ?

Alors faut-il demander à la moitié de la population féminine de continuer à souffrir en silence en dépit des derniers réfractaires au progrès et à la prise en compte de ces particularités physiologiques incontournables ? Ou faut-il oeuvrer coûte que coûte pour faire avancer le progrès et l'égalité des droits ?

CONCLUSION

Le monde du travail est actuellement adapté au corps des hommes qui n'a pas cette particularité biologique des menstruations. Or une société progressiste devrait adapter le monde du travail aux spécificités de toutes celles et de tous ceux qui y participent, comme c'est déjà le cas pour les personnes qui souffrent de maladies, incapacités partielles ou totales, handicaps, etc.

Nous vous invitons à diffuser ce lien afin d'étendre le débat et les sujets qu'il véhicule.

Paris, 8 mars 2019.

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