Pourquoi je défends Bertrand Cantat.

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Inutile de rappeler les terribles circonstances dans lesquelles Marie Trintignant trouva la mort. La responsabilité de Bertrand Cantat dans cet homicide involontaire est indéniable et lui-même a reconnu les faits. Suite à cela, il fut jugé par un jury indépendant et souverain, puis emprisonné conformément à la loi.  Il a aujourd’hui purgé sa peine depuis plusieurs années, payé sa dette envers la société ; or il subit une campagne haineuse inspirée bien plus par un désir de vengeance que de justice qui l’a conduit à annuler une partie de sa tournée.

15 ans après le drame, n’est-il pas temps que la raison l’emporte sur les passions et les émotions ? Gardons bien à l‘esprit le chef d’accusation : « homicide involontaire ». Nous devons à Robert Badinter l’abolition de la peine de mort, désormais remplacée par l’emprisonnement à perpétuité : grâce aux remises de peines, les condamnés pour meurtre - acte intentionnel - sont généralement libérés  après une vingtaine d’années ; ils peuvent aussi bénéficier de programmes de réinsertion car justice n’est pas vengeance. Une question se pose alors : où est donc la logique dans cet acharnement contre un homme qui certes a perdu le contrôle de lui-même mais n’a jamais eu l’intention de tuer.

La justice, c’est aussi croire en la capacité de chacun de devenir meilleur quels que soient ces antécédents. Peut-on réduire un homme à un moment terrible où tout bascula pour la victime, ses proches mais aussi lui-même. En quoi le fait d’avoir le temps d’un éclair provoqué le malheur autour de lui l’empêcherait-il aujourd’hui d’apporter du bonheur, du réconfort par ses textes et ses musiques ? Par ses concerts il rend le public heureux, il y règne une chaleur, un bien-être provenant de l’énergie qu’il donne, des émotions qu’il fait passer. A quoi bon lui interdire de donner ses beaux moments, de faire entendre ses textes généreux et si magnifiquement écrits ? Quel bien cela apportera- t-il à l’humanité de faire taire un authentique poète ? Dans ce cas l’on pourrait aussi bannir François Villon des programmes scolaires, tout comme Verlaine qui par chance ne tua pas Rimbaud, le hasard fit bien les choses. Réduire un artiste à un acte si terrible fût- il n’est pas digne de la patrie de Victor Hugo.

Voilà pourquoi je demande au Ministère de la Justice de rappeler les principes du droit français, au Ministère de la Culture de faire cesser toute pression sur les organisateurs de festivals, car priver la France et le monde d’un poète ne le rendra pas meilleur.



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