Un statut de catégorie active pour la Police Technique et Scientifique (PTS)

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Police SCIENTIFIQUE
Police SCIENTIFIQUE a signé la pétition

Face à un inconvenant mutisme de la part de notre gouvernement, NOUS, fonctionnaire de la Police Technique et Scientifique (PTS) de la Police Nationale, avons décidé d’entamer un processus de grève illimité à partir du 26 décembre 2018.

A plusieurs reprises, les représentants des organisations syndicales des personnels scientifiques (SNIPAT, SNPPS, SNAPATSI) ont alerté nos ministres successifs quant à l’incohérence de notre statut avec nos fonctions. Malgré cela, aucun n'a souhaité y porter une attention particulière.


Aujourd’hui, nous ne demandons pas une revalorisation salariale mais, NOUS, personnels de la Police Technique et Scientifique (PTS) réclamons une reconnaissance par l'attribution d'un statut dérogatoire de catégorie active, qui selon le site internet de l’administration Service-public.fr, correspond à un emploi présentant un risque particulier ou des fatigues exceptionnelles.

 
En ce qui concerne les risques « particuliers » de notre métier :

  • Utilisation de produits toxiques et cancérigènes aussi bien en laboratoire que sur le terrain (poudres, cyanoacrylate, SPR, bluestar, ninhydrine, ethanol, méthanol, etc.)
  • Signalisation d’individus dangereux et violents (nombreux cas de gale et tuberculose également)
  • Intervention sur des scènes macabres (cadavres putréfiés, momifiés, démembrés, calcinés, noyés)
  • Assistance à des autopsies, dont certaines de fœtus ou nourrissons
  • Manipulation de cadavres présentant un risque sanitaire élevé (VIH, hépatites, tuberculose)
  • Risques psychologiques liés à la nature morbides, macabres et violentes de certaines affaires (découverte de fœtus, infanticides, viols, suicides, meurtres, attentats, etc.).
  • Visualisation d'images et vidéos morbides, et psychologiquement dangereuses (pédopornographique, djihadistes, viols en réunions, homicides, etc.)
  • Intervention dans des milieux insalubres avec risques infectieux
  • Intervention lors de perquisitions avec présence d’individus dangereux (auteurs d’homicides, terroristes)
  • Intervention sur des affaires où le scientifique se retrouve seul face à l’auteur encore sur les lieux
  • Intervention sur des scènes avec présence d’explosifs (TATP, TNT, C4, bonbonnes de gaz)
  • Intervention sur des saisies de plusieurs dizaines, centaines de kilos de produits stupéfiants (vapeurs de solvants organiques, principes actifs volatils entrainant des nausées et maux de tête)
  • Intervention en milieu carcéral (photographies, signalisations de détenus)
  • Intervention en milieu instable (exemple de l’intervention à Saint-Denis en 2015 avec menace d’effondrement du bâtiment)
  • Intervention sur des manifestations violentes afin de photographier les délinquants (exemple des manifestations des gilets jaunes où des personnels scientifiques ont été gazé)

En ce qui concerne les fatigues exceptionnelles :

  • Moyenne de 500 à 700 heures supplémentaires par fonctionnaire non rémunérées et impossibles à récupérer
  • Astreintes jour et nuit non rémunérées
  • Obligation de disponibilité 24H/24, 7j/7 et 365j/365 empêchant certains fonctionnaires de rejoindre leurs familles durant des week-ends, des semaines ou pendant les vacances scolaires
  • Sollicitations extrêmes pour divers éventements avec absence de congés (Alerte Attentats, Euro de Football, Manifestations, COP21)
  • Participations à des opérations de signalisations papillaires à l’étranger et notamment en Grèce, en Espagne et en Italie dans le cadre de la crise migratoire (FRONTEX)
  • Participations des opérations d’identification de victimes de catastrophes sur plusieurs jours, semaines ou mois (attentats, crash aérien, tsunami, séisme, accidents ferroviaires, etc.)
  • Travail dans l’urgence afin de rendre un résultat dans le temps imparti de la Garde à Vue (absence de repos obligatoire de 11 heures entre deux vacations).

Aujourd’hui, il est essentiel de rappeler que l’enquête judiciaire ne tient plus qu’au simple aveu comme cela a été le cas durant des siècles. La preuve juridique provient directement de l’élément matériel que l’on appelle la trace (traces biologiques, traces papillaires, micro-traces, traces numériques, traces odorantes, traces balistiques, etc.). Ces traces sont devenus depuis quelques années incontournables car incontestables.


C’est NOUS, fonctionnaires de la Police Technique et Scientifique, qui apportons cette preuve irréfutable dans la manifestation de la vérité. Sur les lieux de chaque scène délictuelle ou criminelle, NOUS recherchons, NOUS observons, NOUS révélons, NOUS relevons, NOUS exploitons, NOUS comparons, NOUS identifions et NOUS témoignons.

 
Aujourd’hui, NOUS sommes 2500 fonctionnaires de Police Technique et Scientifique et NOUS permettons d’élucider un tiers des affaires de la police nationale. Lorsque nos familles, nos amis, nos collègues, nos concitoyens, nos députés, nos sénateurs ou nos ministres sont victimes d'infractions, NOUS intervenons immédiatement et NOUS identifions le ou les auteurs de ces actes.


Il est important de rappeler, que lors des attentats de 2015 (Paris, Saint-Denis) et de 2016 (Nice), NOUS avons eu un rôle essentiel non seulement dans l’identification des victimes mais également dans l’identification des kamikazes et des terroristes recherchés.

 
Aujourd’hui, NOUS ne voulons plus d’un simple remerciement de notre gouvernement. Les personnels de la Police Technique et Scientifique expriment leur ras-le-bol et demande l’octroi d’un statut dérogatoire de catégorie active.