Le concours PACES à Toulouse ne peut se tenir dans ces conditions

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Le concours PACES à Toulouse ne peut se tenir dans ces conditions.
Nous réclamons une modification équitable des modalités du concours.
 
La PACES, première année commune aux études santé, est une année charnière dans la formation des étudiants aux professions médicales et paramédicales. Le concours d’entrée en deuxième année est réputé pour sa difficulté et la quantité de travail demandée aux étudiants. Ce concours est sélectif et ne laisse pas le droit à l’erreur. Les étudiants en PACES ont travaillé dur pour se préparer au mieux. Pour certains d’entre eux, doublants, cette année est celle de la dernière chance.
 
Nous souhaitons exprimer ici notre opposition aux décisions prises et par les Doyens des trois facultés de médecine concernant les modalités de concours du second quadrimestre de PACES.
 
Comme l’ensemble des français, les étudiants de PACES sont soumis strictement au confinement et subissent certains de ses effets néfastes. Le confinement crée des conditions de travail particulièrement inégalitaires : absence d’accès aux bibliothèques universitaires (refuge pour un grand nombre d’entre eux), exposition à des situations familiales parfois difficiles, nuisances sonores, concentration difficile. Les étudiants de PACES ne sont pas moins exposés que les autres et nombre d’entre eux ont été malades ou ont eu à s’occuper de leurs proches malades.
Le confinement démultiplie les inégalités inhérentes au concours.
 
Chacune des trois facultés de médecine de Toulouse prévoit de rassembler 900 étudiants dans une salle fermée. Nombreux sont les étudiants qui devront utiliser les transports en commun ou faire plusieurs heures de routes pour se rendre à ce concours. Dans une telle situation, les risques d’infection et de propagation du virus sont démultipliés. Ces étudiants sont bien placés pour le savoir.
Certains d’entre eux appréhendent la tenue du concours car ils se savent, ou savent leurs proches, plus vulnérables que les autres au virus du fait d’une santé fragile. On leur demande de risquer leur santé, celle de leurs proches, ou de renoncer.
 
Les nouvelles modalités adoptées par les Doyens limitent certes ce temps d’exposition à une journée, mais les étudiants restent exposés.
Le concours tel qu’envisagé aujourd’hui a réussi à faire l’unanimité contre lui. Et pour cause, il renforce le poids de la chance au détriment d’une vraie évaluation d’un panel de connaissances. Les épreuves de tronc commun qui se déroulent habituellement sur 4 jours sont réduites à une épreuve d’1h15, le nombre de questions réduites par 3. Les spécialités (odontologie, médecine, maïeutique, pharmacie) seront évaluées sur des épreuves de 4 à 7 QCM.
Une pondération de ces notes par rapport à celles du concours du 1er quadrimestre (qui s’est tenu dans des conditions normales) n’est même pas envisagée.
 
 
La situation actuelle le montre, exercer une profession médicale ou paramédicale est une vocation et implique un dévouement total à l’autre et à la société.

Pour réussir ce concours, les étudiants en PACES n’ont pas compté leurs efforts et ont sacrifié beaucoup.
 
Nous regrettons le manque de considération dont ces étudiants font l’objet. Ils méritent toute notre gratitude et notre reconnaissance pour l’engagement qui est le leur.
 
Madame la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Monsieur le Ministre des Solidarités et de la Santé, Messieurs les Doyens et Monsieur le Président de l’Université de Toulouse, il vous appartient de protéger les étudiants, d’être les garants d’un concours juste et respectueux du travail et de l’investissement de nos futurs soignants.