NON au retour en arrière de 10 ans pour l'intégration scolaire des enfants malvoyants

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Ces derniers mois, une circulaire ministérielle (n°7689) ainsi que plusieurs annonces faites par Madame la Ministre Caroline Désir, dont une en date du 17 décembre dernier,  décrivent une réforme des intégrations scolaires (dispositif qui existe depuis plus de 10 ans).

Cette réforme a été pensée pour améliorer l’inclusion scolaire de nombreux enfants à besoins spécifiques, ce qui est en soi une très bonne chose. 

Mais les modalités pratiques décrites dans les textes remettent drastiquement en question la viabilité de la scolarité des enfants déficients visuels. Ce qui les priverait de l'égalité des chances en matière d'instruction, un droit fondamental reconnu par la Convention Internationale des Droits de l'Enfant (1989) et la Convention des Droits des Personnes Handicapées (2006).

Aujourd’hui, beaucoup de ces enfants fréquentent une école ordinaire de leur choix et  bénéficient d’heures d’accompagnement par des enseignants et logopèdes spécialisé(e)s dans la malvoyance.

Ces heures hebdomadaires d’accompagnement spécialisé servent concrètement:

- à  faire des adaptations de matériel pédagogique (transcriptions en Braille, représentations tactiles ou 3D),

- à apprendre l’utilisation matériel spécifique (outils informatiques, TV loupe, logiciels adaptés,…),

- à aménager le poste de travail et les locaux à la déficience,

- à revoir certaines matières avec l’enfant, …

La nouvelle circulaire prévoit une autre solution pour ces enfants. Ce sera aux écoles et aux instituteurs/trices  de  « se former »  auprès de  « pôles territoriaux », à l’accueil d’enfants déficients visuels.  Ils/elles devront ensuite se débrouiller tout seuls pendant l’année avec les adaptations nécessaires au quotidien.

Les professionnels spécialisés n’auraient vraisemblablement plus de contact avec les enfants concernés.  Ceci  ne correspond absolument pas aux besoins de ces enfants !  

- Ils n’auraient plus  accès aux feuilles d’exercices, aux devoirs, aux évaluations, au matériel pédagogique, … car aucun adulte n’aura suffisamment de temps et d’expertise pour les adapter.

- Ils n’auraient plus d’aide à l’apprentissage de matériel spécifique (TV-loupe, logiciel, ordinateur, tablette Braille, …) qui demande un entraînement régulier et soutenu au sein du lieu d’apprentissage.

- Ils n’auraient plus le soutien nécessaire pour les activités en dehors de la classe, comme les cours de gymnastique, la cour de récré, le réfectoire, les sorties scolaires, bref  la vie sociale de la classe.

Seule la présence régulière en classe d’un enseignant spécialisé, sur la totalité du cursus scolaire,  comme c’est le cas aujourd’hui, peut leur apporter  ce  soutien adapté.

Si ce tissus de soutien venait à se démembrer, comment, pour les parents concernés,  trouver un établissement scolaire qui accepte de prendre en charge leurs enfants ?  Ces nouvelles mesures rendront difficile voire impossible de démarrer un projet d’intégration pour un enfant éligible, ou de continuer pour un enfant déjà dans ce circuit.  Parce que les écoles ordinaires n’auront pas  les moyens d’assurer ce soutien quotidien qui aujourd’hui est assuré par les accompagnateurs professionnels extérieurs.

Alors que ces enfants ont le potentiel et l’envie de parfaitement réussir l’intégration dans l’enseignement ordinaire, leur route serait semée d'embûches.  Ils seront donc obligés, par la force des choses, de rester ou de retourner dans l’enseignement spécialisé. Leur capacité à s’intégrer une fois adultes à la société et à la vie professionnelle en serait grandement diminuée.  

De même, l’apprentissage de l’inclusion et de la différence par les autres enfants de la classe en serait atteint.  Côtoyer au quotidien la diversité, avoir sous les yeux en permanence des exemples de résilience et de force de volonté que sont nos enfants déficients visuels… c’est stimuler des compétences sociales indispensables.  Ne plus les avoir dans une classe ou dans une école serait une grande perte de richesse.

Et cela Madame la Ministre le reconnaît elle-même dans son annonce du 17 décembre. Nous lui demandons donc d’apporter l’attention nécessaire pour que les enfants malvoyants ne soient pas les oubliés de cette réforme.  

 

NON à être mis devant le fait accompli sans concertations approfondies.           

NON au retour de 10 ans en arrière.

OUI à l’égalité des chances pour les enfants mal-voyants en matière d’instruction.

Signez notre pétition. Merci pour nos enfants.

 

Quelques références :

https://www.facebook.com/CarolineDesir/videos/2938634596415840/

https://plus.lesoir.be/324895/article/2020-09-14/carte-blanche-lintegration-en-enseignement-inclusif-une-question-de-droits

https://ligue-enseignement.be/assets/FWB-Circulaire-7689-7944_20200819_154938.pdf