Soutenons l'égalité administrative des hommes et des femmes

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Lorsque que nous avons raconté dans un article que nous étions scandalisées d'être l'épouse de notre mari sur l’acte notarié concernant l’achat de notre maison, quand notre mari était seulement lui, nous avons reçu des centaines et des centaines de messages. Des femmes, de tout âge et de tout horizon, qui nous ont raconté leurs histoires. Leurs histoires, toutes différentes et pourtant toujours les mêmes.

L’une d’elle nous disait que dans son foyer, elle s’occupait de toute la paperasse administrative mais que tous les courriers étaient reçus au nom de son mari. Elle ajoute, “c’est comme si je parlais à quelqu’un mais que cette personne tournait systématiquement la tête pour répondre à quelqu’un d’autre qui comprendrait mieux les choses que moi.”

Elle reprend. “C’est comme ça depuis toujours. C’est moi qui appelle, c’est moi qui crée les identifiants, mais c’est mon mari le référent. Le chef de famille. Sauf que l’autre jour, j’ai eu besoin de trouver un justificatif de domicile pour la carte de la bibliothèque. Impossible. Rien n’est à mon nom. J’étais dans l’incapacité de prouver que je vivais chez moi. J’ai dû demander à mon mari une attestation disant qu’il m'hébergeait à titre gratuit. Dans ma maison. Celle que l’on a achetée ensemble il y a plus de dix ans.”

Nous avons aussi reçu un message de Morgane qui nous a expliqué qu’à l’achat d’une voiture, sur la carte grise, une femme mariée ne sera jamais que la co-propriétaire du véhicule quand le mari sera d’office, le propriétaire. Même si c’est sa voiture à elle. Même si c’est elle qui la paie en intégralité. C’est comme ça. C’est l’administration. Et c’est ce qui lui est arrivé.

À la banque, Julie nous a dit que son compte commun a automatiquement été mis au nom de son mari. C’est son nom et son prénom à lui qui apparaît sur leur carte bancaire alors que c’est elle qui s’en est occupée. Et que c’est elle qui l’approvisionne à 60%. C’est comme ça. C’est l’administration. Et c’est ce qui lui est arrivé.

Cécile nous a rapporté que la CAF mais aussi les Impôts, assignent automatiquement aux femmes, le nom de leur époux, et cela même quand elles ont préféré garder le leur. La réception du certificat de mariage engendre automatiquement cette démarche. C’est comme ça. C’est l’administration. Et c’est ce qui lui est arrivé.

Chez une ou un notaire donc, l’homme sera toujours cité en premier et la femme, ensuite, suivie du terme “son épouse”. Et c’est ce qui nous est arrivé mais aussi à Élodie, Anaïs, Louise et à toutes les autres car c’est comme ça. C’est l’administration.

Et puis il y a aussi ces courriers que l’on reçoit, au nom de Madame Arthur Durand. C’est encore comme ça, l’administration. Et c’est encore ça qui nous arrive régulièrement, à toutes. L’effacement de notre identité, placé sous la tutelle de l’homme que l’on a épousé.

Pour les femmes non mariées, il faut se battre pour faire changer un mademoiselle en madame, alors même que son usage dans les documents officiels est interdit depuis 2012. Cependant, ce terme s'accroche.

Alors peut-être que ce n’est pas aux mentalités de changer, mais à l’administration de faire changer les mentalités. Derrière chaque ordinateur, chaque logiciel, chaque procédure, il y a une femme ou un homme. Mais surtout il y a un gouvernement et des lois.

Nous demandons l'adaptation des textes, des contrats, des logiciels et la formation des fonctionnaires. Nous demandons la mise en place de contrôles dans les entreprises privés, les banques, les assurances et les fournisseurs d’énergie pour que plus jamais une femme ne se voit effacer d’un dossier. Nous demandons des cours d’éducations civiques à l’école pour expliquer que les noms se donnent, se prennent ou s’ajoutent que l’on soit un homme ou une femme. 

Nous demandons que l’on arrête d’effacer notre identité dès lors que l’on devient une femme mariée et que l'on respecte nos choix.