Pour une juste revalorisation des sages-femmes, profession médicale

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Les sages-femmes sont l’une des 3 seules professions médicales reconnues par le Code de la Santé Publique (article L4111-1), et sont les spécialistes de la physiologie en périnatalité.

Les compétences médicales des sages-femmes n’ont eu de cesse d’être élargies ces dernières années avec un gain d’autonomie croissant, mais également de responsabilités, tant à l’égard des femmes que de leurs nouveau-nés : suivi gynécologique de prévention, interruptions volontaires de grossesse, prescription et réalisation de vaccinations, lutte contre les addictions et notamment en matière de tabacologie, échographies obstétricales systématiques ou de dépistages, participation aux activités d’assistance médicale à la procréation, etc.

Malgré le caractère médical et autonome de leur profession, les sages-femmes de la fonction publique sont répertorié(e)s comme personnel non médical et perçoivent une rémunération en inadéquation totale avec :

-       les qualifications nécessaires : formation BAC+5 (après la 1ère année commune des études de médecine), souvent complétée par des diplômes universitaires pouvant durer jusqu’à 2 ans, et ne faisant jamais l’objet de valorisation financière ;

-       nos compétences dans les domaines obstétrical, pédiatrique, gynécologique et orthogénique associées à des responsabilités médico-légales très importantes.

Avant les accords du Ségur de la santé, la rémunération mensuelle d’une sage-femme hospitalière était de 2085,28€ brut en début de carrière avant de plafonner à 3266,16€ brut après 24,5 ans[1], puisque sans réelle possibilité de promotion au 2ème grade[2].

Le traitement indiciaire des sages-femmes territoriales est proche de celui des sages-femmes hospitalières, et associé au régime indemnitaire du RIFSEEP qui les classe avec les cadres para-médicaux.

Nous avons continué de réaliser l’intégralité de nos missions (valorisées financièrement par nos employeurs) pendant cette année particulièrement difficile, et sommes révolté(e)s par le manque de considération récurrent que nous témoignent nos autorités !

La reconnaissance d’un métier d’utilité publique passe d’abord par sa rémunération, et malgré les promesses du Ségur, les sages-femmes hospitalières ne percevront qu’une prime indiciaire mensuelle s'élevant à 183€ net, sans aucune refonte de leur déroulement de carrière[3].

Aucune autre profession médicale n'accepterait une telle situation !

Aussi, nous exigeons dès maintenant, sous peine d’un mouvement social sans précédent :

-       une revalorisation de 1000 € net mensuel pour les sages-femmes  de la fonction publique[4] ;

-       la majoration des primes associées aux gardes de nuit (qui est rémunérée 9,6€ de plus par rapport à la même garde de 12h en journée), de dimanche et jours fériés, à la hauteur de la pénibilité et de l'impact sur notre espérance de vie ;

-       la fin du barrage à la promotion dans le deuxième grade de notre corps, imposée dans une logique purement budgétaire, via la suppression du ration promus/ promouvables ;

-       la titularisation des CDD au bout de maximum 6 mois.

Notre profession est essentielle dans le parcours de soins des femmes, à toutes les étapes de leur vie.

Nous voulons garder notre rôle et assumer de nouvelles responsabilités, mais souhaitons être enfin reconnus à la hauteur de notre engagement. Soutenez-nous !

 

Collectif de sages-femmes hospitalières et territoriales du Val-de-Marne

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[1] Les Praticiens Hospitaliers tels que les pharmaciens ou les odontologistes, titulaires d'un BAC+6 perçoivent 4130€ bruts mensuels en début de carrière et 7500€ bruts mensuels en fin de carrière. Un grand nombre de sages-femmes réalisent des diplômes universitaires en complément de leur formation initiale, et tout au long de leur carrière, invalidant l’argument du différentiel de formation parfois utilisé pour expliquer ces écarts de rémunérations.
[2] L’existence d’un ratio promu/ promouvable fixé unilatéralement à 11% jusqu’en 2020, qui passera a 22% en 2021, bloque de facto à un grand nombre de collègue l’accès au 2ème grade, pour une raison uniquement budgétaire.
[3] Les Praticiens Hospitaliers ont non seulement réussi à obtenir une revalorisation de leur indemnité de service public exclusif à 1010€ mensuels, mais également une suppression de leurs 3 premiers échelons. Cette avancée, associée à la création de 3 échelons supplémentaire en fin de carrière impactera très positivement non seulement leur rémunération immédiate, mais aussi le montant de leur retraite.
[4] Via la suppression des 4 premiers échelons et la création de 4 échelons supplémentaires en fin de carrière, la réduction de la durée des échelons à 2 ans maximum, l’augmentation de 222 points d’indice brut à chaque échelon de la carrière (équivalant à 1040 € brut mensuels), sans oublier l’incorporation du complément indiciaire de 183€ net dans tous les échelons pour les sages-femmes de la FPH.