Déclaration des Arméniens de France contre le régime de Serge Sarkissian et de ses alliés.

0 a signé. Allez jusqu'à 1 000 !


Nous, citoyens français d’origine arménienne, résidants français d’origine arménienne, citoyens arméniens vivants en France, français amis de la cause arménienne, nous adressons solennellement aux autorités françaises, institutions françaises, élus et citoyens français, aux autorités de la République d’Arménie, à l’ensemble de la Diaspora Arménienne du monde, à la société civile arménienne et au peuple d’Arménie, la présente déclaration.

I-                   La représentation de la communauté arménienne de France et de ses associations.

Nous ne reconnaissons aucune légitimité démocratique aux structures telles que le CCAF (Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France), à la FRA Dashnaktsoutyun (parti politique), à l’UGAB, ou à toutes autres structures qui prétendraient dans un quelconque contexte représenter les volontés, les choix, la voix de la communauté arménienne de France.

Il n’existe aujourd’hui aucune structure qui tireraient sa légitimité d’une structuration démocratique, d’une consultation ouverte, libre auprès de la communauté, des individus et sensibilités qui la compose, pour pouvoir prétendre représenter l’ensemble de celle-ci.

Le Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France (CCAF) n’est absolument pas représentatif de la « majorité des associations arméniennes de France », il est composé en une très grande partie des trois partis politiques et de leurs associations filiales, à peine une quarantaines de structures à Paris, idem pour les autres régions, son organisation et ses statuts ne permettent pas la représentation libre et démocratique de l’ensemble des sensibilités, et jamais cet instance n’a organisée une quelconque consultation ouverte auprès de la communauté pour diriger ses orientations politiques et ses actions.

En effet, quelconque association souhaitant intégrer le CCAF doit se faire parrainer par deux associations déjà membre de cette instance, par la suite pendant 3 années cette association n’a aucun droit de vote sur les décisions et orientations, au bout de la 3ème année l’association peut prétendre à entrer dans le bureau, mais le format des élections oblige d’avoir le quasi-parrainage des partis politiques et leurs associations filiales ce qui sous-entends que les opinions critiques et sensibilités variées ne peuvent s’exprimer à travers cette structure, s’ils n’entrent pas dans la ligne idéologique défendue par cette structure, nous y reviendrons.

L’un des deux co-présidents du CCAF, Mr Ara TORANIAN, co-président du CCAF depuis plus de 20 ans, décrit mieux que quiconque cette structure dans les colonnes de son journal en 2011 «  un fonctionnement féodale, clanique et coupée de la masse des individus », qu’a-t-il fait depuis 7 ans depuis ces écrits pour changer cette structure ?

Les deux co-présidents du CCAF en place depuis quasiment 20 ans, Mr PAPAZIAN Franck, et Mr TORANIAN Ara, participent activement au verrouillage  de la communauté, le premier étant le représentant du parti politique FRA Dashnaktsoutyun, parti qui soutient officiellement le régime de Serge Sarkissian en Arménie, le second en dirigeant le quotidien le plus lu par les arméniens de France, Nouvelles d’Arménie à travers lequel il n’hésite pas à filtrer les opinions qui selon lui méritent s’exprimer et celles qui doivent être réduites au silence.

II-                  Soutien au peuple opprimé d’Arménie privé d’État de Droit.

Nous condamnons le plus fermement possible le régime actuel au pouvoir en Arménie représenté par l’actuel Premier Ministre Serge Sarkissian, au pouvoir depuis 2008, qui a accédé au pouvoir par l’oppression (manifestations historiques du « 1er mars » 2008), qui s’est maintenu au pouvoir à travers des élections foussoyées en opprimant, emprisonnant, toutes réelles opposition à son système, en achetant la voix des électeurs,  en solidifiant la corruption à tous les niveaux des organes de l’État, y compris la Justice, avec des répressions de rue (notamment celle du 29 Juillet 2016), en adaptant la Constitution du pays afin de se maintenir au pouvoir, suite à ses deux mandats présidentiels, en accédant à la fonction du Premier Ministre, et ce malgré la contestation populaire, dans le nouveau régime parlementaire taillé pour lui.

Nous condamnons l’absence de l’État de Droit, et les organes de Justice qui sont complétement sous la botte du régime, des autorités de la police qui répriment, emprisonnent, des citoyens souvent pacifiques, pour la seule raison d’une opinion critique exprimée dans la rue, et sans jamais devoir répondre de leurs actes illégaux devant quelconque juridiction.

Nous condamnons le soutien de la FRA Dashnaktsoutyun, exprimé officiellement, au régime actuel et à Serge Sarkissian, qui participe par la même occasion ici en France à cacher, taire, complaire, dédouaner, le régime actuel, ses agissements, et la situation critique dans laquelle se trouvent les citoyens de la République d’Arménie.

Nous condamnons la complaisance avec laquelle le CCAF reçoit, en France, de manière assez régulière les représentants du régime actuel en Arménie, et y compris Serge Sarkissian, au nom des arméniens de France, qui pourtant dans leur majorité sont indignés.

Nous condamnons le silence dans lequel ces instances de la communauté arménienne laissent l’ensemble des prisonniers politiques qui crèvent dans les prisons en Arménie pour leur seul délit d’opinion, en détournant l’ensemble de l’énergie et de l’attention de la communauté arménienne uniquement sur les questions géopolitiques extérieures.

Ainsi, le CCAF, la FRA, l’UGAB, NOR SEROUND, NAZARPEK, CROIX BLEUS DES ARMENIENS DE FRANCE, et les autres structures faisant parti du bureau du CCAF n’ont, par exemple, publiaient aucune réaction, aucune condamnation, aucune contestation, aucune protestation au moment des événements de Juillet 2016 en Arménie lorsque le peuple, et notamment le 22 et 29 Juillet 2016, venues en nombre et demandant le départ du régime actuel, la libération des opposants, et la démocratie, a été gazé, violenté, emprisonné, y compris des journalistes, devant de nombreuses ONG internationales qui ont toutes condamnées ouvertement la répression du régime,  avec notamment la décision de couper l’eau, le gaz et l’électricité pendant trois jours dans le secteur de « sari tagh » pour punir la population de protester contre le régime et permettre une meilleur répression des femmes, enfants, jeunes, vieillards, par la police du régime.

Nous, arméniens de France, nous apportons notre soutien au peuple d’Arménie qui aspire à la liberté, la justice, et un État de Droit !   

        III – La promotion de la transparence, de la liberté d’expression par les pouvoirs publics françaises, et de la démocratie représentative.

Nous attirons l’attention des pouvoirs publics et institutions françaises sur les subventions et donations réalisées auprès de ces organisations, afin qu’en contre parti soit exigé une transparence sur l’utilisation des fonds, sur lesquels la communauté n’a quasiment aucune information, veiller à que les subventions humanitaires, culturelles, sportives, ne finissent pas à être des financements politiques d’un ou de plusieurs partis politiques arméniennes par les deniers publics français qui ne servent qu’aux intérêts partisanes, que la transparence sur l’utilisation des fonds et leur justification soit réelle dans un tel contexte et que cet argent puissent réellement profiter aux actions humanitaires, culturelles, et assimilés.

Nous attirons également l’attention des pouvoirs publics françaises sur les organes des médias, subventionnées comme « association représentatives de la communauté arméniennes » mais qui sont en réalité des organes de propagande et d’influence du parti politique FRA Dashnaktsoutyun, l’exemple de la radio AYP FM à Alfortville, l’exigence des pouvoirs publics en contre partie de l’ouverture de ces médias à l’expression libre de l’ensemble des sensibilités de la communauté arménienne, avec par exemple une programmation ouverte à des heures précises, sans quoi, là encore, le financement d’une association au nom d’une communauté se transforme en un financement d’un organe de propagande d’un parti politique qui ne sert que ses intérêts.

Enfin, et toujours dans le même sens de transparence de l’utilisation des deniers publics, il en va également de la responsabilité des pouvoirs publics de promouvoir et soutenir les structures ouvertes, et non sectaires, en analysant notamment leurs statuts et leur fonctionnement. Sans être dans une forme d’ingérence, ou de directives vers des associations qui adaptent légalement le fonctionnement qu’elles souhaitent, les pouvoirs publics ont cependant toute la liberté pour promouvoir en priorité les structures ouvertes, et transparentes, afin d’éviter que la communauté arménienne soit victime de l’embargo dans lequel certaines structures l’enferment, tout en profitant des subventions publiques au nom de cette communauté.

IV – Exigence vis-à-vis des autorités arméniennes

Nous exigeons à que toutes les aides diplomatiques, financières, logistiques, des pouvoirs publics françaises à destination de la République d’Arménie qui passent par les accords directs avec les autorités arméniennes soient accompagnées systématiquement des exigences fermes et sous conditions suspensives du respect des Droits de l’Homme, de la liberté d’expression, d’une justice indépendante, de la lutte contre la corruption, des garanties en terme de démocratie, du respect de l’opposition, de la libération des prisonniers politiques, et ce, avec un réel contrôle des avancées en la matière, sans parler du contrôle réel sur l’utilisation finales des fonds par les autorités arméniennes sur place.

Il ne s’agit pas de s’inscrire dans une sorte d’ingérence vis-à-vis d’un État qui devrait garder toute son indépendance, mais dans le contexte actuel, il est de la responsabilité de toutes institutions soucieuses du respect des droits de l’homme et de l’avenir du peuple arménien libre, d’avoir une posture franche et non complaisante avec le régime, qui jusqu’ici se croit tout permis dans l’ignorance et l’indifférence générale.

V – Orientations politiques prônées par le CCAF et ses associations

Enfin, nous tenons à affirmer que la République d’Arménie est en danger vitale pour des raisons externes, ainsi qu’internes. Dans un tel contexte où la survie même d’un État arménien indépendant est en jeux sur le moyen terme, et non seulement comme le prétendent ces structures uniquement en raison des problèmes géopolitiques locales, mais surtout en raison de la destruction systématique par le régime actuel de tout ce qui de près ou de loin pourrait encore ressembler à un État de Droit, l’abondons systématique de l’indépendance de l’État, par la mise en place des politiques qui affaiblissent tous les secteurs de la société arménienne, la destruction écologique, l’affaiblissement de l’armée, la corruption structurée, nous pensons que la priorité première de toute la diaspora est le travail en profondeur sur l’avenir de la République d’Arménie qui, que l’on le veuille ou non, est aujourd’hui le foyer de la nation arménienne.

En conséquence, nous condamnons la complaisance de ces organisations vis-à-vis de la situation en Arménie, et la manière avec laquelle depuis plus de vingt ans l’énergie, l’attention, les ressources, les mobilisations, et actions sont systématiquement destinées à des sujets secondaires pour occuper l’esprit de la communauté et détourner l’attention de celle-ci de l’enjeu principal, car la disparition de la République d’Arménie aura des conséquences dramatiques pour tous les arméniens du monde. Les liens étroits entre les dirigeants de ces instances et le régime actuel en Arménie tendent à penser que cette distraction est volontaire afin de ne pas venir nuire à l’hégémonie du régime en Arménie en le coupant de ses ressources diasporiques vitales, et ceci au profit de quelques individus et organisations ici en France, et en Arménie.



Arméniens de France compte sur vous aujourd'hui

Arméniens de France a besoin de votre aide pour sa pétition “Ministère des Affaires Étrangères de la République Française: Déclaration des Arméniens de France contre le régime de Serge Sarkissian et de ses alliés.”. Rejoignez Arméniens de France et 827 signataires.