Pour la réappropriation publique de la Bibliothèque Saint-Sulpice de la rue Saint-Denis

Pour la réappropriation publique de la Bibliothèque Saint-Sulpice de la rue Saint-Denis

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Quand elle atteindra 1 000 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !
Gérald McNichols TÉTREAULT, URBANISTE a lancé cette pétition adressée à Ministère de la culture et des communicaions

J'ai œuvré concrètement avec une foule de précieux collègues à la conservation et la réhabilitation du patrimoine québécois depuis une trentaine d'années : Marché Bonsecours, Vieux-Montréal, Théâtre Corona, Séminaire de Saint-Sulpice, Conseil du patrimoine de Montréal. Mais voilà que depuis un bon moment déjà, le patrimoine québécois se délite tant à Montréal que dans les régions du Québec. Désintérêt, désinvestissement, déculturation, il y a crise et cette crise cause des pertes irremplaçables et le gaspillage d'une précieuse expertise. Le désintérêt de la population à l'égard du patrimoine participe au désintérêt des différents niveaux de gouvernements qui ont cessé de prendre en compte le rôle de la culture dans l'économie des pays, alors qu'un nombre élevé de pays tirent des revenus considérables du tourisme culturel et que la culture rassemble et rend les populations heureuses, La vie ne peut être réduite qu'à travailler et transiter vers la maison ou l'appartement;  il faut pouvoir vivre dans l'espace social. 

Une part du désintérêt des populations pour le patrimoine vient du fait que le patrimoine a perdu sa place dans la vie quotidienne des publics. Les gouvernements de tous les niveaux ont cessé de s'en préoccuper et se sont déresponsabilisés. Un lien direct doit pourtant être rétabli pour briser ce cycle destructeur de notre richesse collective. Il faut donc, par tous les moyens, favoriser des liens directs entre l'espace public, le patrimoine, la culture et la vie quotidienne des populations. Le cas pathétique de l'ancienne bibliothèque Saint-Sulpice est une occasion de se reprendre en cessant de réduire le potentiel du patrimoine aux besoins de tel ou tel organisme semi-privé existant ou fantasmé, mais plutôt  d'en redonner tout simplement un usage utile et direct  à la population.  Or les besoins de la population au cours des dernières années ont évolué sans que le monde du patrimoine, toujours à la recherche de solutions particulières reposant sur des paradigmes économiques obsolètes n'arrive plus à proposer des solutions viables. Il en résulte qu'on assiste de façon quasi hebdomadaire à la disparition de nos trésors dans toutes les localités du Québec. Montréal n'y échappe pas. Voilà pourquoi il faut envisager une solution inédite pour la Bibliothèque Saint-Sulpice de la rue Saint-Denis après les échecs consécutifs rencontrés par tous les projets précédents basés sur des besoins particuliers au lieu de besoins collectifs. Une solution alternative qui soit utile non pas aux objectifs institutionnels d'un organisme ou l'autre mais bien qui contribue à améliorer la vie de l'ensemble de la société québécoise et montréalaise. La recette est simple : éviter toute forme de privatisation ou d'appropriation par un groupe ou organisme en particulier et la tenue d'interminables études de faisabilité pendant que le bien patrimonial se délite. 

Il faut en premier lieu remettre en état sans tarder ce monument historique en restaurant ou remplaçant lorsque disparues toutes ses composantes architecturales, en évitant toute spécialisation prédéfinie car ces programmes, à date, ont tous fait échouer les tentatives de sauver ce site et bien d'autres encore. Si on avait rejeté le dogme de la rentabilité à court terme, on n'aurait pas détruit la somptueuse église du Saint-Sauveur au coin de Viger et Saint-Denis qui aurait pu rendre de nombreux services au nouveau CHUM si elle avait été simplement conservée et dépoussiérée.   

Dans le cas de la Bibliothèque Saint-Sulpice, Il faut sans tarder entretenir les abords du site en état d'abandon déplorable et restaurer avec le plus grand soin les composantes architecturales disparues ou défectueuses, effectuer une mise en conformité respectueuse de l'architecture dans le simple but de rendre accessible et sécuritaire l'édifice et s'empresser d'en ouvrir les portes après les travaux requis, les événements ne manqueront pas de s'y présenter puisque ce petit palais est un lieu sublime et convivial. qui doit retrouver une vocation publique et civique avec un savoir faire approprié.

L'idée que nous proposons dépasse largement l'édifice de la Bibliothèque en lui-même mais vise l'élaboration d'un projet à l'échelle du Québec dont la Bibliothèque Saint-Sulpice sera le navire amiral. Parce que, durant la crise patrimoniale que nous vivons, tout investissement patrimonial devrait contribuer à l'ensemble de la population et du patrimoine québécois. Les solutions isolées ne sont plus valables.

Le projet  consiste à déterminer avec l'aide des populations locales,  dans chaque ville et village du Québec sans oublier chacune des nations autochtones, au moins un édifice ou un site à sauver que ce soit une église désaffectée, une maison, une école, une manufacture, ou tout autre lieu qui peut accueillir des événements publics, et de mettre en réseau tous ces lieux à travers le Québec en les équipant des moyens de communication permettant à la fois de capter et de diffuser toute forme d'événement culturel, social, politique ou artistique. En l'absence de patrimoine, on en érigera.

Il faut, comme à l'époque du LUX,  que les portes d'un tel lieu demeurent ouvertes en tout temps pour que les populations locales et tout visiteur de puissent  y accéder. Que ces lieux puissent servir à la création de projet, au rassemblement d'artefacts, de documentation, à des rassemblements thématiques, à des fêtes ou célébrations civiques. Que ce soit aussi un lieu pour des événements instantanés :  lancements, conférences de presse, conférences, et surtout que ces lieux puissent accommoder des événements non définis à ce jour, qu'il y ait la place pour ce qui n'exista pas encore.

Que les équipements et ressources techniques et humaines soient mises à la disposition du public pour la captation et la diffusion d'événements  entre l'ensemble de ces lieux. Une telle action pourrait offrir du contenu sans cesse renouvelé et réunir la société québécoise. Elle aiderait à remettre en vie certains villages et certains quartiers.

Que les portes soient ouvertes pour que les gens puissent s'y rencontrer, y tenir des événements, faire face à des situations d'urgences matérielles et culturelles, accueillir des personnalités de passage,  mais surtout permettre d'improviser des événements non définis à ce jour, et posséder les équipements audiovisuels pour que les échanges puissent être tenus entre la métropole, la capitale, les quartiers des villes, et les villages.

Bien sûr, ça prend des comptoirs café et des équipements sanitaires contemporains et bien entretenus. Après on fera en sorte que les gens redécouvrent le territoire, la ville et son histoire, les rues, les parcs et les maisons anciennes. Que chaque ville et village soit son propre laboratoire. Qu'on mette en commun et rende accessible les histoires. Les gens veulent sortir de leur routine, se rencontrer et ont soif d'apprendre. Tout ce qui peut faire que les gens sortent de leur isolement est essentiel à la Cité. Mais surtout que la population sache qu'elle y est chez elle à condition d'agir avec civilité et respect des lieux et des personnes et qu'elles soient respectées, que les lieux non spécialisés permettent les conférences, les forums, les concerts, le théâtre, les initiatives et les événements. On pourra répéter cette transformation dans chaque édifice vacant qui le mérite, certaines églises, ces édifices conçus sur les plans des édifices civiques romains, au fur et à mesure de leur abandon. Mais contrairement à ce qui a été dit et fait depuis les années 1970 qu'on cesse de conditionner le sort des lieux patrimoniaux à la tenue de programmes fonctionnels et soi-disant rentables à court terme trop spécialisés qui imposent des transformations trop invasives et du financement bancaire,  et qui, lorsque ces programmes deviennent désuets, laissent derrière elles les sites patrimoniaux dans un état de ruine pire qu'ils étaient auparavant. Surtout il faut empêcher l'accaparement par des groupes privés ou trop spécialisés des lieux qui appartiennent à tous. Que tout cela ne soit que le début de quelque chose démontrant qu'un autre monde est possible.

 

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