Pour un nombre suffisant de salariés pour accompagner les demandeurs d'asile

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Sonia PRADINE
Sonia PRADINE a signé la pétition

Le 15 février dernier, un nouvel arrêté ministériel était publié, modifiant le cahier des charges des centres d'accueil de demandeurs d'asile (CADA). Ainsi, le taux d'encadrement passait à un salarié pour 15 résidents maximum, après plus de 15 ans de régression dans ce domaine (passage d'un salarié pour 10 résidents à un pour 20 maximum, multiplication des dispositifs diminuant la qualité du suivi social et de l'hébergement, création de dispositifs servant à rémunérer des investisseurs privés). C'était une des rares avancées de cet arrêté. Sur ce point, nous pouvions y voir une reconnaissance du travail fourni face à des difficultés croissantes (situations sanitaires de plus en plus dramatiques, turn-over plus que doublé).

Le Ministère n'a pas accompagné ce nouveau taux d'encadrement des moyens financiers nécessaires à sa mise en oeuvre. Face à cela, la Direction d'Adoma (premier opérateur de l’asile en France) a exercé un lobbying pour que l’arrêté soit supprimé. Le Ministère a finalement informé Adoma par mail de la publication d’un nouvel arrêté correctif qui revient au taux initial.

La qualité de l'accueil et le suivi des demandeurs d'asile présentent certes un coût pour l'Etat. Mais les diminuer est un mauvais calcul à moyen terme. Ces hommes et ces femmes, ces enfants, qui seront pour partie amenés à rester sur notre territoire, auront comme première expérience de leur vie en France leur accueil en CADA. C'est grâce au travail des salariés et des bénévoles qu'ils apprendront nos valeurs républicaines, notre fonctionnement administratif, notre langue et leurs droits comme leurs devoirs. Diminuer ce suivi a des conséquences à moyen et long terme sur leur insertion dans notre société, leur connaissance du monde du travail, leur capacité à devenir des citoyens autonomes et responsables. Cela a donc aussi un coût pour la société, bien que moins visible immédiatement.

Nous, salariés travaillant avec les demandeurs d'asile, bénévoles intervenant auprès d'eux, simples citoyens sensibles à la protection des réfugiés, demandons donc le maintien de ce nouveau taux d'encadrement. II en va de l'avenir de dizaines de milliers de demandeurs d'asile, mais aussi des conditions de travail de centaines de salariés, pour lesquels les burn out se multiplient. Nous demandons que soit donné aux CADA les moyens de remplir leurs missions. Nous demandons que tous les dispositifs d'accueil de demandeurs d'asile soient alignés sur les normes des CADA, pour assurer à tous les demandeurs d’asile une égalité de traitement et un accueil digne.