Interdir l'usage du LBD40 dans le cadre de manifestations

0 a signé. Allez jusqu'à 1 000 !


"Encore une pétition..." Et bien non ! Si cette pétition reçoit suffisamment d'adhésions (partons sur 5000), nous monterons une association et trouverons un avocat pour concrétiser ce combat en faveur d'une Police mieux équipée, moins violente et donc plus respectée.

Si le LBD-40 peut parfois être utile (rarement) dans certaines conditions très précises (intervention dans une prison, lors d’un arrêt rapide lors d’une agression, en cas de surveillance d’une personne en danger ou dans le cadre d’un plan d’urgence lors d’une prise d’otages), il n'a pas sa place dans des manifestations massives : il ne fait qu'augmenter la violence des deux camps, ne mène pas à des interpellations (les blessés sont laissés sur le carreau) et, au final, aggraver la situation (en plus de broyer des mâchoires, briser des arcades sourcilières et mettre les gens dans le coma). Les témoignages de blessés pour l'interdire dans le cadre de manifestations de grande ampleur ne manqueront pas, les vidéos attestant du mauvaise usage de cette arme et les arguments scientifiques montrant qu'il nuit à l'image de la Police (doc en Allemand, résumé ici en Fra) non plus. Quant aux polciiers qui disent qu'il est indispensable, qu'ils regardent dans d'autres pays où le maintien de l'ordre se fait sans cette arme, et qu'ils réfléchissent un peu à comment faisaient leurs homologues avant l'utilisation massive du LBD-40 en manifestation : il existe d'autres moyens, moins violents, moins dangereux et qui ne nuient pas à l'image de la Police. 

Je posterai au fur et à mesure que je les trouve les études montrant les méfaits du LBD-40 : "l'arme elle-même est utilisée dans des conditions différentes de son introduction en 94 (...) À l'origine, le LBD est prévue pour des interventions de police spécifiques", "ce ne sont pas des des armes appropriées pour utilisation lors du contrôle des foules". 

Depuis le début des évènements, 67 personnes ont été atteintes à la tête, dont des tirs de LBD 40, d’après Libération. Est-ce que ce sont des accidents, ou est-ce une conséquence directement liée à l'usage de cette arme ?

En 1986, la mort d’un manifestant avait entrainé la disparition d’une unité de la police. Aujourd’hui, il y a des dizaines de personnes mutilées (mâchoire fracassée, arcade sourcilière broyée) à vie ou plongées dans le coma, et cela n’entraine aucune réaction de la part de l’exécutif

Au « pays des Droits de l’Homme », où nos élus se vantent régulièrement de « défendre les valeurs de la République » pourquoi n’ont-ils pas écouté le Défenseur des droits, chargé de « veiller au respect des droits et libertés » (selon l’article 71-1 de la Constitution) et qui recommandait, il y a tout pile 1 an, en janvier 2018, d’interdire l’usage des LBD 40 en raison de sa "dangerosité" et des "risques disproportionnés" liés à son utilisation ? Son rapport officiel est accessible ici.

Il est grand temps qu’ils se rendent comptent que chaque tir de LBD 40 faisant un blessé grave ne fait que créer un sentiment d’indignation et de colère (cela réduit la légitimité de la Police aux yeux des citoyens, c'est démontré ici).  

Certains équipements de la Police ont une utilité réelle en manifestation :

Le tonfa peut servir à écarter des manifestants ou à maitriser un individu à terre.

La gazeuse à écarter des gens trop près.

Le taser à mettre à terre. 

Une grenade de désencercelement, lorsqu’elle est bien utilisée, à se désencercler.

Mais à quoi sert le LBD 40 ?

A quoi servent ces tirs, de loin, dans le dos, à hauteur de tête, sur des manifestants qui courent ou qui sont immobiles, les bras en l'air ?

A punir ? A faire peur ? A faire monter la colère des manifestants ?

Un syndicat de Police à récemment écrit que les manifestations ne sont pas un match manifestants contre policiers. Pourtant, trop de vidéos dont la véracité est indiscutable (prise longue, plusieurs angles de vue) montrent que la police tire souvent sur des gens de loin, à hauteur de tête ou sur des manifestants qui sont, au moment du tir, non hostiles et ne représentant pas un danger immédiat pour les forces de l’ordre.

Quand est-ce que les dirigeants de ce pays s’interrogeront sur les méfaits du LBD-40, sur l'impact qu'il a sur les corps et les esprits, sur l'image qu'il renvoie de la Police, que ce soit en France et dans le monde ?

Le jour où ils iront manifester et s’en prendront un au coin de l’œil, leur écrasant l'arcade sourcilière ? Le jour où leur enfant se fera broyer la mâchoire et devra se nourrir de liquides pendant des mois ? Où il sera plongé dans le coma ? Le jour où il y aura un mort ? Des morts ?

Ce sujet n'est pas nouveau. Déjà, le 1er mai 2016, un syndicat de Police se disait « scandalisé par la demande  formulée  par  certains  politiques d’extrême  gauche  et  d’autres  personnalités  quant  à  l’interdiction  d’utiliser  le  flash‐ball  et  le  Lanceur de Balles de Défense 40/46 par les policiers ».

Il est temps que ce syndicat comprenne qu’il n’y a pas que des personnes d’extrême gauche qui soient choquées par les images de la mauvaise utilisation du LBD 40. 

Ce même syndicat déclare que cette « démarche (est) purement idéologique et dogmatique frisant avec de l’antiflic primaire ».

Il est temps que ce syndicat comprenne qu’au contraire, les Français ont conscience du rôle joué par la Police et estiment la Police lorsqu’elle fait son travail selon le cadre légal établi. Mais ils sont persuadés que l’usage du LBD 40, tel qu’il est fait aujourd’hui, ne fait que nourrir le sentiment d’indignation et, dans certains cas, d’animosité envers les forces de l’ordre.

Il est grand temps d’interdire cette arme dans le cadre de manifestations de grande ampleur qui, à défaut de tuer clair et net, met les gens dans le coma. Une agonie pour les familles des proches, et pour nous Français, qui voyons ces scènes de violence devenir habituelles.

Si cette arme doit être utilisée, c'est uniquement par des petits effectifs spécialisés, hors manifestation où le grand nombre de personnes accroit le nombre d'accidents, et sans viser les têtes. 

Des revendications souvent saugrenues, sorties de nulle part, ont déjà circulé sur Internet comme étant les attentes "officielles" des Gilets Jaunes. S'il y a bien une revendication qui se veut claire, fondée sur des faits visibles de tous et progressiste, car allant dans une logique de désescalade de la violence, c'est bien l'interdiction de l'utilisation du LBD 40.