La neutralisation du second semestre pour tous les étudiant-e-s

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étudiant-e CONFINÉ-E
étudiant-e CONFINÉ-E a signé la pétition

Communiqué sur la continuité pédagogique et les évaluations 
 
Le jeudi 12 mars Emmanuel Macron annonçait la fermeture de l'ensemble des écoles, lycées et universités de France suite à l'épidémie de Coronavirus. Le lundi 16 mars il annonçait une mesure encore plus forte : un confinement général de la population. 
 
À Strasbourg, une zone extrêmement impactée par l'épidémie, nous sommes nombreux-ses à subir le stress lié à nos études ou à nos conditions de vie sous le confinement, mais aussi à être inquiet-ète-s pour nos proches dont certain-e-s sont âgé-e-s, certain-e-s travaillent dans les services de santé en première ligne pour faire face au virus, certains-e-s s'exposent à être contaminé-e-s, et dont certain-e-s sont déjà touché-e-s par la maladie. L'inquiétude existe aussi vis-à-vis de notre propre santé, nous sommes aussi exposés-e-s à cette maladie, et pour beaucoup, complètement isolés-e-s. Et ceci touche évidemment les étudiant-e-s partout en France.
 
Au moment où nous sommes confiné-e-s, les inégalités auxquelles nous faisons face quotidiennement ne font que s'accentuer. La fracture numérique, le fait de ne pas avoir accès à internet ou à un équipement adéquat, touche une partie non négligeable des étudiant-e-s. Certain-e-s étudiant-e-s ont décidé de rejoindre leur famille pendant le confinement et nombreux sont celles-eux qui n'ont pas forcément accès à un ordinateur personnel. Cette fracture numérique passe aussi par l'impossibilité pour beaucoup d'étudiant-e-s d'avoir accès à une connexion Internet de qualité, ce qui s'avère être une source de problèmes majeure au moment de passer des examens à distance, faire des recherches ou simplement suivre les cours en ligne.
 
À ceci nous pouvons ajouter l'impossibilité d'accéder à toutes les ressources dont nous avons besoin pour fournir un travail personnel approfondi, les bibliothèques, médiathèques et librairies étant fermées. 
De même, dans cette situation de confinement, nombre d'entre nous n'ont pas accès à des espaces sereins de travail notamment lorsque nous sommes confiné-e-s avec nos familles ou vivant dans des logements de 9m2 sans possibilité de sortir. 
 
De plus, de nombreux-ses étudiant-e-s doivent continuer à travailler pour subvenir à leurs besoins pendant cette période sans avoir accès à du matériel pour se protéger. Pour beaucoup, cette période de l'année est également le moment de trouver un emploi, chose qui aujourd'hui s'avère difficile et constitue une source de stress supplémentaire. Celles et ceux qui sont aidés-e-s financièrement par leurs parents, se retrouvent souvent en difficulté dû au chômage partiel subis par leurs parents. Cette situation nous plonge dans une incertitude sur le plan économique. Preuve de cela, en ces temps de crise sanitaire, le CROUS donne aux étudiant-e-s davantage d'aides qu'à l'accoutumé.
 
Par ailleurs, nous sommes pour certain-e-s mobilisé-e-s dans ces temps de crise sur différents fronts, que ce soit directement aux côtés du personnel de santé, aux côtés des personnes à la rue, ou encore en faisant de l'accompagnement pour les enfants du personnel soignant ou de nos proches. 
 
Tous ces facteurs qui ne dépendent pas uniquement de la crise sanitaire, mais aussi de l'institution universitaire et du ministère de l'enseignement supérieur, contribuent à rendre pour les étudiant-e-s le climat actuel encore plus anxiogène.
 
Nous craignons donc que la volonté d'assurer une continuité pédagogique et des évaluations "à distance en télésurveillance" entraîne des problèmes que l'on ne pourrait négliger, à savoir d'une part une rupture d'égalité entre les étudiant-e-s et, de manière plus grave, une priorisation de cette continuité aux dépens de la vie et de la solidarité pendant cette période de crise sanitaire et sociale majeure.
 
Il semblerait aujourd'hui que pour les présidences des Universités la continuité pédagogique et des évaluations pourrait être assurée comme si de rien n'était parce qu'on aurait du temps "grâce" au confinement. Cependant, à l'heure où nous faisons face à une crise sanitaire impactant nos conditions de vie ainsi que notre santé physique et mentale, quelle est la qualité de ce temps ? Dans ce contexte inégalitaire et d'inquiétude, quelle est la valeur réelle d'une évaluation ? Que faut-il prioriser ?
 
La mise en place de mesures comme les notes planchers ou l'auto-évaluation des étudiant-e-s sont des solutions qui pourraient faciliter cette période complexe, cependant nous pensons qu'elles n'élimineraient pas toutes les inégalités provoquées.
 
Par conséquent, face à cette situation exceptionnelle et dramatique, nous, Étudiant-e-s confiné-e-s de Strasbourg, demandons :
 
- La neutralisation du second semestre au niveau national ! Ceci avec mise en place de rattrapages pour le premier semestre en présentiel dans la mesure du possible. Elle équivaut à une validation du semestre mais sans évaluations ni notes. Cette neutralisation du semestre est la plus juste pour l'ensemble des étudiant-e-s car elle annihile toutes les inégalités auxquelles nous faisons face en cette période difficile. Nous encourageons que les cours soient donnés mais sans la contrainte d'une évaluation ou d'une présence à distance, simplement sur la base de cours consultables (écrits, vidéos, etc.), qui n'exercerait donc aucune pression tant sur les étudiant-e-s que sur les professeur-e-s qui, eux-elles aussi, font face à cette crise.
 
 Priorisons la vie, la santé et la solidarité !
 
Signé : Étudiant-e-s confiné-e-s de Strasbourg
 
Nous invitons donc tous-tes les étudiant-e-s, professeur-e-s et organisations à signer avec nous cette pétition et la relayer au maximum.