Inégalité des chances : Accès discriminant au sport dans les universités

Inégalité des chances : Accès discriminant au sport dans les universités

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Quand elle atteindra 500 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !
Campagne SPORTPOURTOU​.​TE​.​S EMF a lancé cette pétition adressée à Ministère chargé des Sports

5 décembre, journée mondiale de l’égalité des chances, mais qu’en est-il du monde du sport, et plus particulièrement dans le monde universitaire ? Plus d’un an après l’affaire de l’islamophobie à l’université de Lille, des universités continuent à refuser des femmes en cours de sport en s’appuyant sur  des règlements illégaux et illégitimes. 

Aujourd’hui nous sommes déterminé.e.s à lever cet obstacle pour qu’aucune femme ne soit privée du simple droit de faire du sport. Le sport est un chemin d’émancipation et d’expression des valeurs humaines, en tant que femme, il participe à l’équilibre de chacune d’entre nous. L’activité physique et sportive est, comme l’indique le ministère chargé des Sports, un “élément déterminant, à part entière, de santé et de bien-être, pour toutes et tous, tout au long de la vie”. 

Nous avons besoin de votre soutien et de votre engagement. Tou.te.s ensemble demandons aux instances concernées de mettre en œuvre les 5 mesures que nous proposons en fin de ce texte pour garantir l’accès au sport pour tou.te.s et mettre fin aux discriminations. 


ON SIGNE CAR LES UNIVERSITÉS DISCRIMINENT ET REFUSENT UN ACCÈS AU SPORT…

Selon le CCIF, en 2019, parmi les discriminations qui ont eu lieu au sein du service public 11,7 % sont survenues dans l’enseignement supérieur. Ces chiffres se confirment, puisque la même année, des étudiantes de l’université de Lille subissent des discriminations islamophobes et se voient refuser l’accès aux cours de sport. Suite à la médiatisation de l’affaire, de nombreux autres témoignages des quatre coins de l’hexagone voient le jour.


De tels actes ne sont en réalité possible que parce que  plusieurs universités indiquent dans leur règlement de pratique sportive une mention ILLÉGALE concernant la tenue de sport et qui interdit les couvre-chefs, turbans, foulards et voiles.


ON SIGNE CAR LE REFUS D'ACCÈS AU SPORT N’EST PAS JUSTIFIABLE...


Une telle interdiction n’est pas justifiable. 

Une telle interdiction n’est pas tolérable. 

Une telle interdiction n’est pas légale. 

En effet, les raisons d’hygiènes, de sécurité et même de neutralité ne peuvent être invoquées et sont totalement illégitimes :

  • Il a été confirmé par la majorité des fédérations sportives que porter un foulard n’était en rien incompatible avec une activité sportive.
  • Il existe des accessoires de sport qui ont été pensés pour l’occasion et qui sont d’ailleurs commercialisés par de grandes marques de sport (Nike, Adidas, etc) .
  • Les étudiantes sportives ne sont pas des agents de service public et ne sauraient être tenues à la neutralité philosophique, politique ou religieuse.
  • Le foulard ne constitue en rien un danger ni pour l’athlète ni pour les autres, de même qu’il n’est pas un obstacle au code couleur sportif. La preuve étant l’existence de nombreuses sportives de haut niveau, voir médaillées olympiques portant le foulard (telles que Ibtihaj Muhammad, Zahra Lari, Shirin Gerami, Rahaf Khatib…)

La mention interdisant l’accès au sport aux femmes portant le foulard est ainsi, clairement discriminatoire et donc illégale, comme le défini la loi, article 225-1 du Code pénal : « toute distinction opérée entre les personnes physiques sur le fondement de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur grossesse, de leur apparence physique, de la particulière vulnérabilité résultant de leur situation économique, apparente ou connue de son auteur, de leur patronyme, de leur lieu de résidence, de leur état de santé, de leur perte d'autonomie, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs mœurs, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur capacité à s'exprimer dans une langue autre que le français, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une Nation, une prétendue race ou une religion déterminée »

Le sport est un des atouts pour réussir à l’Université, en effet la pratique donne droit à des points bonus sur la moyenne. Et plus généralement, il est vecteur d’émancipation, de cohésion sociale, d’épanouissement et surtout permet le maintien en bonne santé des étudiant.e.s.


ON SIGNE CAR LA DISCRIMINATION EST UNE VIOLENCE, UN FREIN A L’EGALITE DES CHANCES


« Votre tenue ressemble à un anorak » ; « Je ne veux pas de ce truc dans mon cours, sois tu l’enlèves, soit tu dégages. Je ne veux plus de vous, j’en ai refusé beaucoup des voilées comme toi » ; « Vous savez,     je veux juste que vous vous mettez en short et que vous dégagiez vos épaules » ; «Je n’ai rien contre vous, mon beau-fils est musulman»  ou bien encore « Vous n’avez rien à faire ici ! ». Voici-là des propos cinglants et discriminatoires qu’ont pu entendre des étudiantes victimes au moment de l’inscription aux activités sportives du SUAPS. 

Nous rappelons que toute discrimination en plus de piétiner les droits naturels de tout un chacun empêche aussi : 

  • d’étudier sereinement
  • de garantir l’égalité face à la réussite
  • de favoriser l’émancipation des étudiant.e.s
  • de rompre l’isolement et d’améliorer la santé mentale des étudiant.e.s

Les discriminations creusent des fossés qui ne garantissent pas les mêmes conditions de vie et le même avenir à tou.te.s les étudiant.e.s. Or la réussite se doit de s’affranchir de l’origine, du sexe, de la situation économique, de la religion de toute étudiante franchissant les portes du SUAPS. 

Ces revendications font référence aux objectifs et aux missions de l’enseignement supérieur (LOI n°2013-660 du 22 juillet 2013 - art. 6) à savoir :

 « Le service public de l'enseignement supérieur contribue :

A la réussite de toutes les étudiantes et de tous les étudiants ;

[…] A la lutte contre les discriminations, à la réduction des inégalités sociales ou culturelles et à la réalisation de l'égalité entre les hommes et les femmes en assurant à toutes celles et à tous ceux qui en ont la volonté et la capacité l'accès aux formes les plus élevées de la culture et de la recherche. A cette fin, il contribue à l'amélioration des conditions de vie étudiante, à la promotion du sentiment d'appartenance des étudiants à la communauté de leur établissement, au renforcement du lien social et au développement des initiatives collectives ou individuelles en faveur de la solidarité et de l'animation de la vie étudiante ;

A la construction d'une société inclusive. A cette fin, il veille à favoriser l'inclusion des individus, sans distinction d'origine, de milieu social et de condition de santé ; […] ». 

En plus de la violation de cette loi, nous pouvons constater le non-respect des différentes missions du SUAPS à savoir : 

  1. Sa mission d’être un organisme de proximité et notamment d’ACCUEILLIR les étudiant.e.s dès leur inscription.
  2. Sa principale mission de FORMATION.
  3. Sa mission d’ACCOMPAGNEMENT de l’étudiant.e tout au long de son parcours universitaire.

Nous sommes convaincus que le SUAPS est un lieu de mixité où tout un chacun peut s’exprimer et trouver sa place, nous appelons au respect de tout.e.s et de chacun.e dans sa diversité pour que cessent les actes discriminatoires laissant donc toutes les femmes de jouir de leur plein droit au sport de se sentir bien dans son université.

ON SIGNE CAR ON VEUT FAIRE ÉVOLUER LES CHOSES 

Nous, Etudiants Musulmans de France et porte-paroles de toutes les femmes privées de sport pour le port du foulard, demandons aux universités françaises, à Madame la Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, et à Madame la Ministre des Sports d’user de votre pouvoir pour garantir : 

  • La suppression de la mention discriminatoire et illégale, ou du moins la création d’une annexe, à l’exemple de l’université de Nantes, qui explicite que le turban, foulard religieux n’est pas compris dans l’interdiction.
  • L’autorisation de toute tenue respectant à la fois le droit fondamental pour toutes femmes souhaitant se vêtir avec un couvre-chef respectant les conditions de sécurité et d’hygiène.
  • L’envoi aux professeurs chargés de la pratique sportive un rappel clair et net de la loi et des droits des étudiantes
  • La mise en place de formations visant à une gestion inclusive de la diversité au sein de la pratique sportive au SUAPS.   
  • La mise en place d’une formation de représentants discrimination pouvant apporter des réponses humaines et adéquates à toute discrimination ayant lieu dans l’établissement.

Le 8 juin 2020, une tribune a été rédigée à ce sujet par des enseignants-chercheurs ou chargés de recherche CNRS à l’Université de Lille.

On signe parce que nous voulons toutes faire du sport au sein de notre université ! 

#SUAPSPOURTOU.TE.S
#JEPORTELEVOILEETJEVEUXFAIREDUSPORT

0 a signé. Prochain objectif : 500 !
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