Non à l’arabisation de la Poste !

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Non à l’arabisation de la Poste !

Le journal arabophone Echorouk écrit que la direction d’Algérie Poste a décidé de supprimer la langue française de tous les documents officiels émis par ses services et de la remplacer par la «langue nationale». La décision aurait été prise le 4 juillet dernier bien que ces responsables soient conscients que ce n’est là qu’une opération de façade puisque cette arabisation va se limiter aux correspondances officielles et aux formulaires publics, comme les chèques et autres documents de virement.Nul n’ignore que les technologies de l’information et de la communication sont dominées par les langues vivantes dont l’anglais. Est-ce arabiser que de rédiger des correspondances officielles et quelques formulaires en arabe ? Nul n’ignore que toute la technologie et tous les logiciels utilisés par Algérie Poste et le ministère de la Poste, des télécommunications, des technologies et du numérique ne seront jamais arabisés si les Occidentaux ne le feront pas pour nous. En dépit de cela, cette institution veut tourner le dos à une bonne partie de ses usagers, notamment les catégories les plus fragiles dont les retraités et les utilisateurs des chèques et les comptes CCP, en les obligeant à payer des traducteurs et des écrivains publics, à l’heure où elle devrait leur faciliter le tâche vu tous les aléas rencontrés dans ces services ! Au lieu de régler les questions d’attente aux guichets, de délais de remise des carnets de chèques, de disponibilité des liquidités, et parfois d’envoi ou de perte de courrier, entre autres problèmes de ce secteur, l’arabisation de façade, à but strictement politicien est improductive sur les plans scientifique, économique et même culturel. C’est dans le domaine des technologies et des logiciels, que les services de Mme Houda-Imane Faraoun feraient mieux d’arabiser ou tout simplement de développer un secteur qui n’a même pas donné à l’Algérie une connexion et une pénétration Internet dignes d’un pays qui devrait être un leader mondial dans le domaine des technologies de l’information et de la communication.

Malheureusement, l’Algérie se place à la 153e position du classement mondial par pays selon leur taux d’accès à Internet, d’après les données d’Internet Live Stats. Avec seulement 7,9 millions d’internautes sur une population de 40,3 millions, le taux de pénétration de l’Algérie est de 19,7%, soit l’un des plus faibles de ce classement mondial regroupant 201 pays. Nos voisins marocains et tunisiens nous dépassent de loin (respectivement 57,6% et 48,1%) tout comme la Syrie, le Yémen et la Libye, actuellement en guerre (respectivement 29,6%, 24,7% et 21,1%). La Palestine occupée (62,7%) devance beaucoup de pays arabes, et même notre pays dans un domaine où nous étions un des leaders mondiaux dans les années 1970 : le domaine informatique avec ses niveaux recherche et développement. Ceci est illustré par le cas d’un CERIST qui ne produit ni ne développe aucun hardware ou software notables, laissant le marché national aux produits étrangers, ainsi qu’une l’Agence Nationale de Promotion et de Développement des Parcs Technologiques (ANPT) dont l’image est le Parc de Sidi Abdallah. Dans leur pays, les chercheurs algériens se tournent les pouces tandis que ceux qui sont partis profitent toujours à Silicon Valley, à la France ou au Canada. Dans le domaine de l’éducation, le secteur de Mme Houda-Imane Faraoun ne travaille même pas à intégrer les TIC à l’école, comme le fait le Rwanda qui a, depuis longtemps, mis un ordinateur à disposition de chaque élève. Comme il ne fait rien pour donner une image moins glorieuse des sites Web des institutions nationales, notamment ceux des ministères, dont certains ne sont pas actualisés depuis des années et d’autres carrément inexistants voire, pris en charge par l’Etat français. Comme il ne fait rien pour promouvoir le chargement (upload) national sur Internet afin que l’Algérien ne reste pas un consommateur qui télécharge (download) mais sans enrichir le Web à son tour.

Arabiser ne permettra même pas de procéder au paiement des factures de téléphone par Internet alors que cette opération devrait être à la portée des établissements de ce secteur, BIEN QUE la majorité des institutions nationales UTILISE toujours le français, pour son utilité.
. Il est clair que cette décision relève d’un discours purement démagogique qui ne réussira pas à cacher le retard des TIC en Algérie, un domaine stratégique auquel tous les pays du monde consacrent le plus d’attention et de moyens. Conscients que seul compte le développement économique, les autres pays arabes utilisent sans complexe les langues vivantes afin d’avancer et de s’accrocher au siècle où chaque retard dans les TIC comptera pour des siècles de dépendance et de sous-développement. Cela, tous les pays arabes le savent sauf l’Algérie qui se croit plus arabe que les arabes au risque de sacrifier le développement et l’avenir du pays.



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