Mieux vivre en travaillant moins !

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On a décidé de travailler moins pour vivre mieux... avec vous ?

Qu'on le choisisse ou le subisse, le travail définit nos existences. Parce qu'il nous offre une place dans la société, aide à dépasser nos propres limites, mais nous fournit également un salaire à même de subvenir à nos besoins. Pourtant, le travail semble de moins en moins aligné avec l'évolution de la société : phénomènes de « burn out », de « bore out », dénonciation des « jobs à la con », crainte d'être remplacé/e par un robot... L'angoisse générée par le chômage et la retraite montre de plus que nous ne sommes pas prêts à rayer dès aujourd'hui le travail de nos existences.

Est-ce l'être humain qui déraille dans le système travail ? Ou le travail qui peine à s'actualiser pour correspondre à nos valeurs et/ou notre quête de sens sur une base quotidienne ?

  • La question taboue du « travail contraint »

Posez-vous honnêtement la question : continueriez-vous votre travail actuel si vous perceviez le même revenu sans conditions d’activité ? Ou autrement dit, feriez-vous votre métier gratuitement ? Trois réponses possibles :

  1. Vous continueriez ;
  2. Vous ralentiriez ;
  3. Vous arrêteriez dès à présent.

Dans une société où chacun/e aurait l'impression d'exercer l'activité de ses rêves, la réponse 1 tomberait sous le sens. Malheureusement, dans la société actuelle, très peu de personnes peuvent se déclarer libérées du travail, et opter sciemment pour le choix numéro 1. 

Le but du Collectif Travailler Moins est de pointer du doigt la place trop centrale du travail dans nos vies (et en particulier celle du « travail contraint »), proposer une vision alternative du travail en France et constituer une porte d'entrée vers un regain de liberté en optant pour le « détravail ».

  • Travailler a un sens positif depuis seulement 250 ans

Il y a quelques siècles, le « travail contraint » était réservé soit aux esclaves, soit aux pauvres, tandis que les élites profitaient du temps libre pour réfléchir, s’amuser, et organiser la société. Puis la révolution industrielle et le libéralisme économique sont entrés en jeu. S'est alors imposée l’idée que la création de valeur résultait uniquement du travail, selon le postulat que la richesse économique serait la seule richesse possible. Ainsi, depuis 250 ans, « le temps, c’est de l’argent » et, dans un système où le temps semble s'accélérer, le travail conditionne ni plus ni moins notre survie : l’emploi combine à lui seul la principale source de revenu, de reconnaissance et d’utilité sociale.

Un dilemme pour les millions de personnes au chômage de courte et de longue durée. Un comble pour tous les salariés qui se sentent piégés dans des boulots inutiles, popularisés dans les pays anglo-saxons sous le terme « bullshit jobs ».

  •  Quasiment 100 ans qu’on bosse autant !

Historiquement, le progrès technique a conduit à une réduction progressive du temps de travail, réglementée par l’État. Ainsi en France, nous sommes passés de 48 heures par semaine en 1919, à 40 heures en 1936, puis 39 heures en 1982 et enfin 35 heures en 2000. Dans les faits, beaucoup de personnes passent plus de 40 heures par semaine sur leur lieu de travail, notamment les cadres, les indépendants et micro-entrepreneurs. Or, la production de richesse n'a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui ! Le progrès technique et l’augmentation de la productivité devraient signifier moins d'heures passées à travailler, et une qualité de vie accrue. Ce n'est pas ce que l'on constate aujourd'hui car, même dans notre société désindustrialisée, les fleurons de l'économie française sont contraints de prendre à bras le corps les risques psycho-sociaux et la souffrance de leurs employé/es.

  • Travailler moins... quelles conséquences ?

Le Collectif Travailler Moins porte cinq grandes valeurs relatives au travail, qui, à notre sens, sont ignorées par les politiques et les syndicats, et par conséquent trop peu visibles dans les médias :

  1.        Travailler tous : si le système actuel doit perdurer, autant éradiquer dès maintenant le chômage en répartissant le temps de travail disponible (majoritairement sous la forme d’emploi) entre tous les actifs. Selon l’enquête Parlons Travail de 2016 de la CFDT (https://analyse.parlonstravail.fr/), 6 Français sur 10 sont favorables à cette idée. Encore faut-il réussir à s'accorder sur une répartition plus égalitaire des richesses produites...
  2.        Travailler mieux : tous les spécialistes du bien-être au travail le disent : c’est notamment en travaillant moins qu’on devient plus efficace et productif au travail. Les dirigeants d’entreprises ont donc tout intérêt à s'engager dans cette démarche. Permettre aux salariés de faire des pauses régulières, fixer eux-mêmes leurs conditions de travail (équipement, télétravail...), de décider de leurs horaires et du temps total de travail, avoir du temps consacré à d'autres projets que ceux de l'entreprise sur le lieu de travail... Au contraire, la tendance est à l’épuisement professionnel. Et rappelons que l'accident du travail lié à des affections psychiques dure en moyenne près de deux fois plus longtemps que les autres types d'accidents. N’attendons donc plus d’être à bout pour ralentir, voire dire stop.
  3.         Gagner moins : inutile d’attendre une mesure politique là-dessus : interrogeons-nous dès maintenant sur notre rapport à l’argent, notre consommation, l'acquisition de biens immobiliers, nos idéaux de vie. Oui, décider de travailler moins sera probablement d'abord synonyme de gagner moins d'argent. Et les millions de personnes sous le seuil de pauvreté - environ 1000€/mois pour une personne seule - peuvent difficilement se permettre ce luxe. Mais nous proposons tout de même deux pistes de réflexion :
    1/ des études révèlent que les pays les plus riches ne sont pas forcément les plus heureux ; transformons donc la France en un pays moins riche mais au BIB (Bonheur Intérieur Brut) augmenté ;
    2/ travailler beaucoup coûte cher car nous devons payer pour ce que nous n’avons pas le temps de faire : gagner moins d’argent, ce n’est donc pas forcément vivre moins bien, mais l’opportunité d’être davantage aux contrôles de sa propre existence.
  4.          Agir plus : si nous avons plus de temps, nous pouvons choisir de produire et cuisiner notre nourriture, construire nos meubles, réparer nos biens. En ce moment, beaucoup d’initiatives émergent pour un retour à la gratuité et à l'intelligence collective : partage et échanges d’outils, de connaissances, de savoir-faire, cantines solidaires à prix libre, épiceries solidaires et supermarchés coopératifs, « repair café », etc. A chaque fois, le temps et le lien social viennent remplacer l’argent. Autant de preuves qu'il est possible de bien vivre avec moins d’argent, à condition de réduire notre temps de « travail contraint ». Parfois, il est même possible de trouver une activité rémunératrice en s'engageant dans ces initiatives de cœur.
  5.          Vivre mieux : nous aspirons à plus de temps libre pour le consacrer aux activités qui font sens à nos yeux. Profitons du progrès technologique pour lever le pied. Laissons les tâches pénibles aux robots et valorisons les activités non remplaçables par des machines. N’attendons pas 65 ans pour se dire libéré/es du travail. Travailler moins, c’est l’occasion de profiter de nos proches, de prendre du temps pour soi, de s’engager pour des causes qui nous importent, c’est l’occasion de s’amuser, de s’ennuyer, de militer, de bronzer, de voyager, d’apprendre, de partager, de jardiner, d’éduquer, etc. Bref, nous n’aurons aucun mal à mettre à profit ce temps libre supplémentaire retrouvé.

Signez vous aussi la pétition pour revendiquer dès aujourd'hui votre droit au détravail !

Le sujet du "travailler moins" est actuellement négligé par les politiques et les syndicats, qui se focalisent sur le pouvoir d’achat et l’accès à l’emploi, avant la qualité de vie et l’accès au bonheur des citoyens. Nous avons besoin d’une remise en question plus profonde de notre rapport au travail. Arrêtons de nous présenter avec le prisme de notre situation professionnelle : nous ne sommes pas (qu’)un travail !

Assumons d’en discuter avec nos proches, de porter ce message au sein de nos entreprises, de défendre un droit au temps partiel, d’assumer notre volonté de vivre mieux et d’être plus libres.

 

 NB : Le Collectif Travailler Moins ne se prononce pas pour ou contre l'application du revenu universel en France : ce qui l'intéresse est de contribuer au débat actuel sur l'évolution du travail dans notre société occidentale, en apportant une vision alternative.

 Crédit Photo : Martino Pietropoli sur Unsplash



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