20 000 morts pour rien!

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Je suis atteint d'un cancer de la prostate, découvert alors que je n'étais âgé que de 57 ans. Ce cancer était déjà métastasé, inopérable et généralement mortel, avec une espérance de vie de 2 à 3 ans. C'est alors que j'ai appris que j'aurais pu bénéficier d'un dépistage précoce de cette maladie, permettant de la traiter efficacement, ce dont mon médecin ne m'avait jamais informé. J'ai appris aussi que des milliers d'autres hommes s'étaient trouvés ou se trouvaient  dans la même situation que moi, faute d'information... Il faut que cela cesse

20 000 Hommes sont décédés en France depuis 2002 du fait du retard intervenu dans la mise en place du dépistage du cancer de la prostate ! Qui est responsable ?

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme. Il tue chaque année 9000 personnes en France (autant que le cancer des poumons, 3 fois plus que les accidents de la route) parmi lesquelles des hommes encore jeunes. Cette mort s’accompagne d’innommables souffrances. Depuis 2002 une polémique regrettable oppose l’Association Française d’Urologie d’une part, favorable à un dépistage de ce cancer pour tous les hommes de 50 à 75 ans, consistant chaque année en un toucher rectal et une mesure du taux de PSA, et la Haute Autorité de santé (HAS) d’autre part, qui y est défavorable, par crainte que ce dépistage puisse conduire certains hommes à subir des traitements inappropriés. Ce dépistage s’est néanmoins progressivement généralisé, sur proposition de la plupart des médecins généralistes à leurs patients.

En 2009, une commission parlementaire présidée par Monsieur Bernard Debré a présenté un rapport favorable à la mise en place de ce dépistage, s’appuyant sur une vaste étude randomisée effectuée en Europe, démontrant l’intérêt de ce dépistage. Cette commission proposait notamment une «Information organisée des individus sur les possibilités, avantages, incertitudes et conséquences du dépistage ». La HAS s’y est opposée en s’appuyant sur une autre étude de même nature effectuée aux Etats-Unis, semblant démontrer l’absence d’intérêt de ce même dépistage. Or, une méta-analyse de cette dernière étude a révélé qu’elle avait été totalement faussée par la présence de nombreux hommes ayant en réalité bénéficié de dépistages, alors qu’ils faisaient partie d’un groupe témoin de personnes supposées ne pas en bénéficier. Après rectification, les conclusions des américains rejoignent désormais celles de l’Etude Européenne.

L’US task force, l’équivalent de la HAS aux Etats Unis, jusqu’à présent opposée à ce dépistage, a alors honnêtement publié ses nouvelles prescriptions en mai 2018, et « recommande à présent aux hommes âgés de 55 à 69 ans de prendre une décision individuelle au sujet du dépistage du cancer de la prostate avec leurs cliniciens ».  Elle accompagne ses prescriptions de données statistiques chiffrées, selon lesquelles notamment le taux de mortalité par cancer de la prostate est passé de 3,5% à 2,5% de 2003 à 2012, essentiellement du fait de la quasi-généralisation du dépistage.

Le nombre de 20 000 hommes dont le décès par cancer de la prostate aurait pu être évité en France depuis 2002 a été calculé sur la base de ces données statistiques incontestables. Ces décès sont assurément imputables à cette polémique. Et que dire des 13 000 morts qui auraient pu être évitées depuis 2009 ? Et que dire des 700 morts par an (2 par jour) qui pourraient encore être évitées grâce à la généralisation d’une information organisée des hommes de 50 à 75 ans.

Depuis mai 2018, la HAS, le Ministère de la santé, et le Président de la République ont été dûment informés de cette situation, mais il semble qu’ils aient d’autres priorités.

Les signataires de la présente pétition demandent instamment à la HAS et au Ministère de la santé de mettre en place de toute urgence cette information organisée, telle que prescrite par la commission parlementaire en 2009. Il est inadmissible que des hommes continuent encore de mourir du cancer de la prostate, simplement parce qu’ils n’ont pas été informés de la possibilité de bénéficier de dépistages, ou parce que leur médecin, mal renseigné, leur a déconseillé d’y avoir recours. C’est au patient, et à nul autre que lui, de choisir s’il souhaite en bénéficier, sur la base d’une information objective actuellement inexistante.



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