Non aux examens en ligne qui creusent les inégalités !

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Bonjour à tou.te.s, 


Au regard des circonstances actuelles nous, organisations syndicales, collectifs de
précaires, comités de mobilisation et associations étudiantes, comprenons
l’impossibilité de maintenir les examens tels qu’ils étaient prévus, pour une question évidente de sécurité sanitaire, au sein de notre Université et de l'Institut d'Etudes Politiques.

Les conditions actuelles de confinement, au-delà de la question sanitaire, ont pour effet principal d'accentuer des inégalités déjà présentes en temps normal. La précarité est toujours plus visible, et elle s'illustre autant sur le plan des conditions d'étude que sur celui de l'accès à internet et à un matériel numérique convenable, empêchant nombre d'étudiant-e-s de suivre dans de bonnes conditions les cours dispensés en ligne.

En effet, outre l'inégalité d'accès au matériel informatique, il existe en France des zones blanches sans couverture internet, ou avec une couverture internet exécrable.

Par ailleurs, nombre d'étudiant-e-s étant rentré-e-s chez leurs parents, il.elle.s sont bien souvent dans un environnement bruyant, parfois avec des enfants en bas-âge. Certain-e-s ont des frères et sœurs ayant également besoin d'internet pour suivre leurs propres cours en ligne, et des parents en télétravail, alors même que la couverture internet n'est bien souvent pas suffisante pour répondre à ces besoins.

Si certain-e-s étudiant-e-s ont choisi de rester chez elles.eux, il.elle.s se retrouvent
parfois dans des appartements exigus, environnement loin d'être idéal pour passer un examen dans des conditions souhaitables.

Enfin, la consultation sur les accès aux outils numériques lancée par l'Université de Lille étant elle-même numérique, bien qu'elle ait le mérite d'exister, ne peut prétendre à un réel recensement des étudiant-e-s en situation de précarité numérique. Les résultats de cette consultation - biaisée dès le début - montrent que 90% des étudiant-e-s ayant répondu ont accès à internet. Cela signifie donc qu'1 étudiant-e sur 10 n'a pas accès à un matériel informatique convenable.

Rappelons également que l'Enquête sur les conditions de vie des étudiant-e-s de
l’Académie de Lille en 2018-2019 réalisée par l'Observatoire Régional des Études
Supérieures de la ComUE Lille Nord de France a montré qu'1 étudiant-e de l'Université de Lille sur 5 ne dispose pas d'un ordinateur, ou encore qu'1 étudiant-e sur 6 ne dispose pas d’une connexion à internet à son domicile. 


Comment, avec ces chiffres, est-il possible de continuer à fantasmer l'existence d'une égalité entre étudiant-e-s ?

Pour toutes ces raisons, nous nous opposons fermement à la tenue d'examens dits
"synchrones", qui serait un véritable désastre. Prenant en comptes ces conditions exceptionnelles, nous revendiquons :


- Une validation automatique du semestre en cours pour tout-e-s les étudiant-e-s de
l'Université de Lille et de l'IEP de Lille, avec une moyenne plancher de 12/20
améliorable par le rendu de travaux supplémentaires, portant uniquement sur les
parties de cours vues en présentiel.
- A défaut, une évaluation des connaissances prenant uniquement la forme
d'évaluations asynchrones avec un délai de rendu suffisant et portant uniquement sur les parties de cours vues en présentiel. En effet, cette solution permettrait de minimiser l'impact de l'inégalité d'accès au numérique et à une connexion internet stable. 


Par ailleurs, au regard du caractère inédit de la situation, nous appelons l'équipe
pédagogique à la plus grande bienveillance dans la correction des copies et l'octroi de la compensation afin de ne pas ajouter de difficultés supplémentaires aux étudiant-e-s. La précarité tue. Elle tue encore davantage en cette période très difficile. Nous appelons de même, dans le cas où l'université n'accepterait pas une note plancher de 12, tout.e.s les enseignant.e.s à accorder cette note, ou plus, à leurs étudiant.e.s.


Les difficultés dues à cette situation dépassant les clivages politiques, nous espérons que le bon sens et le désir de minimiser un maximum son impact sur les étudiant-e-s permettent l'adoption de ces mesures.

Nous vous invitons donc à signer cette pétition, directement adressée aux membres de l'Université De Lille.