Non à la fermeture des masters études slaves Bordeaux Montaigne!

Non à la fermeture des masters études slaves Bordeaux Montaigne!

0 a signé. Prochain objectif : 2 500 !
Quand elle atteindra 2 500 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être reprise par les médias et journaux locaux !

Pascale MELANI a lancé cette pétition adressée à Lionel Larré (Président de l'université Bordeaux Montaigne)

L’équipe présidentielle de l’université Bordeaux Montaigne a décidé de rayer de son offre de formation  les deux parcours de master Études slaves, le master Études slaves : Monde russe et est-européen et le master franco-russe Études slaves et Interculturalité. Ces derniers ne devraient pas accepter de nouveaux étudiants à la rentrée 2022.
 
Cette mesure, annoncée fin octobre à quelques jours seulement du vote décisif des conseils centraux, n’a fait l’objet d’aucune concertation avec l’UFR des Langues et civilisations ni avec les enseignants du Département d’études slaves. Elle met en péril la slavistique bordelaise, pourtant reconnue au niveau national. Elle prive les étudiants de la licence Russe Trilangue, formation pionnière, de la possibilité de poursuivre leurs études sur le territoire néo-aquitain. Elle casse une collaboration universitaire de longue date avec la Russie.
 
Les masters Études slaves de Bordeaux Montaigne, uniques sur un territoire qui couvre tout le grand Ouest français (académies de Bordeaux, Poitiers, Orléans-Tours, Nantes, Rennes), attirent des étudiants qui viennent parfois de très loin. Financés par la collectivité, ils remplissent des missions d’intérêt public : la formation intellectuelle, professionnelle et citoyenne de la jeunesse.
 
Leur objectif ? Préparer des professionnels plurilingues aptes à mener des collaborations avec  la Russie et les pays de l’Europe centrale, orientale et balkanique. En master Études slaves, on étudie deux langues rares (LV1 russe à un niveau avancé, LV2 polonais ou serbo-croate ou tchèque à un niveau débutant ou intermédiaire), en plus de l’anglais. Les enseignements disciplinaires sont dispensés par des spécialistes de l’aire géographique et culturelle est-européenne, qui maîtrisent les langues slaves et initient les étudiants à la recherche à partir de sources en langues originales. Grâce à de nombreux partenariats universitaires, les mastérants peuvent effectuer des mobilités d’un semestre ou d’un an en Russie, Biélorussie, Ukraine, Pologne, République tchèque, Serbie, Lettonie…. 
 
Alors que les milieux politiques et les médias répètent à l’envi qu’il est nécessaire d’« intéresser les citoyens à l’Europe » ou de « réconcilier les Européens avec l’idée européenne », le master Études slaves : monde russe et est-européen a pour visée d’apprendre aux jeunes que l’Europe est multiple, que tous les pays européens n’ont pas la même histoire, mais qu’ils peuvent néanmoins se parler et se comprendre. Les difficultés de la construction communautaire, les inégalités en termes d’intégration, la méfiance croissante des citoyens à l’égard de l’UE, ainsi que l’éloignement progressif de la Russie de cette dernière, nécessitent un travail d’explication et de contextualisation afin de rendre les jeunes Européens conscients de ce qui les unit et de ce qui les sépare. Au-delà de ses objectifs immédiats, le rôle du master Études slaves est de former des individus cultivés, capables d’éclairer leurs concitoyens sur les questions relatives à l’Est du continent européen.
 
Organisé en collaboration avec l’Université de l’amitié des peuples de Russie (RUDN), le double diplôme Études slaves et Interculturalité (en Russie: "Russie-Europe: langues et cultures") a été le premier master international de Bordeaux Montaigne. Depuis plus de quinze ans, il permet à de jeunes Français et à de jeunes Russes d’étudier côte à côte, d’apprendre à se connaître, de partir pour un an dans l’université partenaire et de vivre l’expérience unique d’un séjour en immersion totale dans un pays étranger. À l’issue de la formation, les étudiants soutiennent leur mémoire en français et en russe et obtiennent deux diplômes, l’un français et l’autre russe. Formés aux approches contrastives, ils sont appelés à devenir les artisans du dialogue interculturel franco-russe.
 
Ces formations sont utiles, viables et contribuent au prestige national et international de l’université Bordeaux Montaigne. Leur suppression ne se justifie pas par des raisons financières, car elles sont peu onéreuses : les regroupements sont la règle dans les TD de langue, de nombreux cours sont « mutualisés » avec d’autres masters et, dans le cas du double diplôme Études slaves et Interculturalité, la deuxième année se déroule intégralement en Russie.
 
Leur suppression est une décision politique autoritaire prise sans concertation par une équipe de direction

  • qui ne tient pas ses engagements en matière de soutien aux disciplines rares,
  • qui ignore le dialogue social et ne prend pas la peine de justifier clairement ses choix,
  • qui se révèle incapable d’établir des relations de confiance en interne comme au niveau international : pas davantage que les acteurs bordelais de la formation, le partenaire russe n’a été consulté ni informé de ce qui se tramait.

Cette décision risque de mettre fin à une coopération universitaire ancienne entre la France et la Russie. Elle est d'autant moins compréhensible qu'elle est prise au cours de l'année croisée de la culture France-Russie, marquée par de multiples manifestations (y compris à Bordeaux) qui témoignent de l'intérêt et de l'importance de la coopération franco-russe.

Enfin, aucune solution de rechange n’est proposée aux étudiants qui vont se retrouver contraints de quitter le territoire néo-aquitain, alors que certains avaient justement choisi Bordeaux Montaigne pour faire leurs études.
 
Ensemble, refusons ce gâchis, exigeons le maintien à Bordeaux Montaigne des masters Études slaves pour la rentrée 2022 et les années à venir !
 

Les enseignants et les étudiants du Département d'études slaves de l'Université Bordeaux Montaigne
 
 
 
 
 
 

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