FEMMES IL Y A URGENCE : luttons contre les violences gynécologiques et obstétricales

0 a signé. Allez jusqu'à 200 !


La gynécologie, vitale pour les femmes

 La gynécologie est un luxe.

C’est bien ce qu’est devenue, aujourd’hui, cette seule spécialité médicale consacrée aux femmes et qui leur est absolument vitale.

 En France en 2015, 12 000 femmes ont succombé à un cancer du sein et 1102 du cancer du col de l’utérus. Aujourd’hui entre 2 à 4 millions de femmes seraient atteintes d’endométriose. Pourtant, seules un quart des femmes en âge de consulter peuvent se permettre de le faire.

En premier lieu parce que bien que nécessaire à la santé des femmes, la gynécologie est la spécialité la plus chère. Enregistrant les dépassements d’honoraires praticables les plus élevés, une séance peut coûter jusqu’à 150€ quand les tarifs de la sécurité sociale s’établissent à 30€. De nombreuses femmes (étudiantes, femmes en situation de précarité) doivent, pour cette raison, renoncer à leur suivi gynécologique.

 Ces dépassements, fruits de l’offre et de la demande, cachent une situation alarmante : la gynécologie médicale se meurt et avec la santé des femmes. Il existe en France 1300 gynécologues médicaux pour une population de 28 millions de femmes âgées de plus de 16 ans, soit 3,1 gynécologues pour 100.000 personnes. Le nombre de gynécologues a diminué de 41,6 % depuis 2007. Dans certains départements, il n'y en a plus aucun.

Bien que les départs à la retraite s’accélèrent, les gynécologues qui nous restent sont majoritairement trop âgé-e-s, et souvent ne prennent pas en compte les nouveaux enjeux pour les femmes.

 Pourquoi cette situation ?

Apparemment indigne d’intérêt pour les pouvoirs publics, la spécialité de gynécologie fut supprimée en 1986 dans les cursus étudiants, pour n’être rétablie qu’en 2003. Ce furent 17 ans de perdus pour la formation de nouveaux gynécologues, perte devant être compensée par la formation d’au moins 120 nouveaux gynécologues par an pour simplement remplacer les départs à la retraite. En 2008, seuls 20 postes ont été ouverts et en 2017, 64. Progrès, se dit-on. Sauf que ce sont 6 postes de moins que l’année précédente. La santé et la survie de la moitié de la population française est-elle trop insignifiante pour que les pouvoirs publics ne prennent la mesure de la gravité de la situation ? Une femme doit-elle encore attendre jusqu’à 1 an pour être traitée, une fois que les pathologies sont bien plus avancées ?


On croit faire face à la pénurie de gynécologues en ayant recours aux médecins généralistes et aux sages-femmes …

Pour remédier à cette situation dramatique dans laquelle nous nous trouvons, des médecins généralistes reçoivent une formation de 3 mois afin d’effectuer les examens de base comme les frottis. Les sages-femmes, quant à elles, reçoivent un mois de formation. Pour continuer à soigner les femmes, les gynécologues médicaux doivent compter sur eux, dont ce n’est pas le métier. Comme l’affirme Anne Gompel, professeure en gynécologie à l'université Paris-Descartes interrogée par Le Monde : "Il va y avoir des années avec une rupture dans la qualité des soins ». Ça ne suffit apparemment pas à ce qu’un nombre de places suffisant soit ouvert en internat.

La gynécologie, spécialité dévalorisée

La gynécologie, indispensable, est la mal aimée du corps médical.

 Au regard de l’importance de cette spécialité, nous nous mobilisons et tirons la sonnette d’alarme devant cette situation presque orchestrée par des politiques publiques négligentes. Nous en référons aux seuls capables de faire changer cette situation, les pouvoirs publics et élus.

Ainsi, nous adressons cette pétition à Madame la ministre de la santé Agnès Buzyn, à Madame la ministre de l'enseignement supérieur de la recherche et de l'innovation Frédérique Vidal et Madame la ministre des droits des femmes Marlène Schiappa, pour que, dans le cadre de la concertation pour la refonte des études médicales et des numerus clausus visant à l’adoption d’une loi en 2019, soit revue la place de la gynécologie dans le cursus d’études médicales.


Nous demandons :

Une ouverture du numerus clausus pour pallier le manque de gynécologues et permettre ainsi à toutes les femmes d’avoir accès à un-e gynécologue


•Que la gynécologie ne soit plus une spécialité de luxe accessible uniquement aux femmes qui en ont les moyens


•La création du nombre de postes d’enseignants nécessaires à la formation des internes en gynécologie-obstétrique


•Une révision des programmes rendant la gynécologie plus accessible et valorisée


•De vrais cours sur la sexualité des femmes et non une simple mention du vaginisme dans les programmes


•Une sensibilisation des étudiant-e-s sur le sexisme dans le milieu médical dès la deuxième année de médecine et chaque année jusqu'à la fin de leurs études


•Une sensibilisation et une formation des internes et des professionnel-le-s de santé au sujet des violences gynécologiques et obstétricales


•Que le consentement libre et éclairé soit recueilli pour tout acte médical en regard de la loi Kouchner de 2002


•Des sanctions pour les soignant-e-s exerçant des violences gynécologiques et obstétricales sur les patientes


•Une meilleure relation patiente soignant-e basée
notamment sur la bienveillance

•L’éducation des adolescentes et des femmes à la nécessité de consulter régulièrement un-e gynécologue

Cosignataires :

- Les Chiennes de Garde

Les sources :

http://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-sein/Quelques-chiffres

https://www.mesopinions.com/petition/sante/sante-femmes-danger-petition-cdgm/1470

http://www.leparisien.fr/societe/alerte-a-la-penurie-de-gynecologues-28-12-2017-7474116.php

https://www.20minutes.fr/sante/2194347-20171228-quatre-questions-comprendre-penurie-gynecologues-touche-france

 Numerus clausus : fixé par arrêté signé par les ministres chargés de l'enseignement supérieur, il limite le nombre d’étudiant-e-s pouvant passer en 2ème année de médecine.



Insomnia compte sur vous aujourd'hui

Insomnia RIOT a besoin de votre aide pour sa pétition “Marlène Schiappa : FEMMES IL Y A URGENCE : luttons contre les violences gynécologiques et obstétricales”. Rejoignez Insomnia et 169 signataires.