NON A LA RUE DES COLONS

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Colon est-ce un mot ordinaire ?

Un mot qui nous ramène aux souffrances que nos ancêtres ont vécu pendant cette tragique période: L'ESCLAVAGE.

Littré (dictionnaire) donne une définition : "celui qui habite les colonies, par opposition aux gens de la métropole, un riche colon" et précise ceci "les colons se sont opposés autant qu'ils ont pu à l'affranchissement des nègres...."

Le Larousse (dictionnaire) définit le colon de la façon suivante " personne qui a quitté son pays pour aller exploiter une terre, faire du commerce....etc , dans une colonie" .Le colon de nos jours est  un  " descendant de ces immigrés, installé à demeure dans ce pays et cohabitant avec les autochtones" 

Les deux définitions disent qu'un colon est une personne qui a quitté son pays d'origine pour aller exploiter une autre terre et que ces colons ont tout fait pour s'opposer à l'abolition de l'esclavage. Vous avez , sans doute, remarqué que Littré emploie le mot affranchissement en lieu et place d'abolition. Ces colons ont eu une descendance qui est installée  dans notre pays Martinique colonisé et  cohabite avec les autochtones( Martiniquais). De par cette définition de Littré et Larousse, un colon ne peut que coexister avec les colonisés que nous sommes.

Il est vrai que notre pays Martinique est encore imprégné d'une histoire récente tragique où notre peuple a été victime de l'esclavage.

Ayant conscience que nos ancêtres ont été victime de l'esclavage (le code noir) et que nous luttons pour la reconnaissance de crime contre l'humanité, nous constatons que des noms de rue font encore référence  à une page douloureuse de notre histoire.

Donner un nom à une rue ne se fait pas à la légère.Les noms de rue sont des atouts fonctionnels mais également des symboles historiques et politiques.

La portée de la dénomination revêt forcément un caractère symbolique. Le nom d'une rue est pris par arrêté municipal. Il fait suite à une décision du conseil municipal.

Dans le cas de la commune de Sainte Marie, nous trouvons des noms de rues suivantes:

-RUE DES COLONS ainsi que du commandeur et du géreur.

La municipalité qui a pris cette décision nous renvoie à un message subliminal et tendancieux : "Nous sommes un peuple colonisé ( ce qui veut dire en bon français: un peuple qui subit la colonisation) et que nous devons honorer et vouer un culte aux auteurs et acteurs de cette colonisation qui a débuté en 1635. Nous devrions aussi effacer de notre mémoire la souffrance et l'humiliation que nos ancêtres ont subi jusqu'en 1848"

Ce message est un mépris pour les Martiniquaises et Martiniquais.

En regardant les dénominations de certaines rues de la commune de Sainte Marie, dois-je oublier l'histoire de mon pays Martinique et de mon peuple?

En 2018, qui sommes-nous, des colonisés à qui on a retiré le droit que notre sensibilité soit  heurtée par de telles dénominations ?

Il est important de rappeler au Maire de la commune de Sainte Marie que le C.A.A. de Marseille, dans une affaire de Nice, dit:

"La dénomination attribuée à une voie ou un édifice public doit être conforme à l'intérêt public.A ce titre, l'attribution d'un nom à un espace public ne doit être ni de nature à provoquer des troubles à l'ordre public, ni à heurter la sensibilité des personnes, ni à porter atteinte à l'image de la ville ou du quartier concerné"

La municipalité décisionnaire a-t-elle agi avec légèreté dans la dénomination des rues citées ci dessus?

Nous demandons au Maire de la commune de renommer ces rues, après consultation des Samaritains et des habitants du quartier.