Pas d'expulsion sans relogement pour TOUS les habitants de L'Éclaircie !

Pas d'expulsion sans relogement pour TOUS les habitants de L'Éclaircie !

0 a signé. Prochain objectif : 1 000 !
Quand elle atteindra 1 000 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !

Juliette ROGER a lancé cette pétition adressée à Mairie de Bordeaux et à

Le CCAS de Bordeaux a décidé de vendre le terrain et le bâtiment de L'Éclaircie, ancien EHPAD, à Gradignan, malgré l'illégalité de la vente : il s'agit d'un leg fait à Bordeaux il y a un siècle pour venir en aide aux femmes démunies...

Ce ne sont pas moins de 150 personnes dont 25 familles, femmes seules, et 39 enfants qui y ont trouvé refuge et qui seront expulsés et jetés à la rue sans solution de relogement, de l'aveu du CCAS de Bordeaux lui-même.

Une Assemblée Générale publique devait se tenir le 31 janvier, mais  devant l'incertitude des mesures gouvernementales concernant la crise sanitaire, le collectif Partout Chez Elles a pris la décision de la transformer en un moment d'échanges avec les habitant.es afin de faire émerger leur parole face à leur situation. Voici ce qu'il en découle :

"Nous, familles, femmes et enfants habitant le squat de L'Éclaircie à Gradignan, souhaitons prendre la parole pour exprimer notre angoisse de nous retrouver à la rue et nos espoirs.
Nous n'avons pas choisi de vivre en squat, nous n'avons pas choisi de naître dans des pays où la vie est un enfer. Nous avons décidé de venir en France pour sauver nos enfants des guerres, des mafias, et de la misère. Pour qu'ils grandissent dans de biens meilleures conditions de vie que les nôtres, ce que tout parent, d'où qu'il vienne, souhaite pour son enfant. Il n'est pas question de pleurer sur notre sort, de faire "pleurer dans les chaumières", mais d'alarmer sur la situation que nous vivons tous, au quotidien.
L'Éclaircie est un lieu de vie paisible, beaucoup d'entre nous ont pu y trouver la sécurité et le minimum pour survivre : un toit, de la nourriture, de l'eau, de la lumière et du chauffage, grâce au collectif, aux associations, aux personnes qui viennent régulièrement nous rendre visite.
Nous leur en sommes infiniment reconnaissants.
Mais nous sommes dépendants d'eux pour tout. Nous n'avons pas le droit de travailler, il nous est donc impossible de gagner de quoi payer un loyer, acheter de quoi manger, de quoi nous vêtir. Nous sommes des oiseaux sans ailes. Nous ne souhaitons pas vivre ainsi, ni en squat :  on ne nous donne pas le choix. Toutes les structures d'accueil sont saturées. Certains d'entre nous ont pu bénéficier de quelques nuits en hôtel de temps à autre, pour se retrouver ensuite de nouveau à la rue, avec des bébés parfois, et malgré des maladies graves.
Bien que ce lieu nous permette d'accéder au minimum, nous faisons face à de grandes difficultés au quotidien. Certains enfants ont plus de 2 heures de trajet pour aller à l'école et finissent leur nuit dans les transports. Difficile de les scolariser à côté quand nous sommes en permanence menacés d'expulsion et que nous ne savons pas combien de temps nous allons pouvoir rester...
D'autres ont fait le choix de changer d'école, 18 enfants sont scolarisés à Gradignan, au risque de casser leur scolarité lors d'une éventuelle expulsion.
Nous n'avons pas l'eau chaude, que quelques points d'eau dans tout le bâtiment installés par des associations; et quand les petits vont aux toilettes et tirent la chasse d'eau "comme à l'école", ils ne comprennent pas pourquoi l'eau ne vient pas. Bien qu'ils adorent vivre et jouer ensembles, ils hésitent parfois à s'amuser dehors, dans la cour, par peur de voir arriver la police. Nous dépendons des dons pour manger, pour nous "équiper," nous habiller, nous laver etc...
Nous ne vivons pas dans des conditions idylliques, mais nous n'avons que ça. Sans ce lieu, nous n'avons plus rien. 

Nous, adultes, pouvons trouver la force de supporter le froid, la faim, le manque d'hygiène, l'instabilité et l'insécurité de la rue. Mais pas les enfants. Plusieurs sont suivis par des psychologues, ils ont besoin de temps, de stabilité pour se construire et s'épanouir un minimum.
Le CCAS de Bordeaux, propriétaire du lieu, s'est engagé à reloger chacun d'entre nous, avant l'expulsion. Puis il nous a été dit que ce serait compliqué, qu'il n'y aurait pas de places pour tout le monde. L'idée que certains d'entre nous puissent être relogés et les autres jetés à la rue, nous est insupportable.

Nous ne comprenons pas la position de Mr Labardin, Maire de Gradignan, qui a refusé toutes nos demandes de domiciliation au CCAS de Gradignan, entravant ainsi nos possibilités de relogement. Veut-il pérenniser le squat ? Veut-il nous jeter à la rue sans aucune solution ?
Nous demandons à la Mairie de Bordeaux, propriétaire du lieu, de nous protéger en acceptant de nous laisser vivre ici le temps que soient trouvées pour tous des solutions de relogement et que surtout personne ne soit expulsé. De ne pas aggraver nos situations déjà difficiles, de ne pas nous mettre nous et nos enfants en danger.

Nous avons besoin de soutien, de VOTRE soutien à tous !

Soyez nombreux à le manifester en signant notre pétition...il s'agit de notre (sur)vie. Un grand merci à tous !

Les habitants de L'Éclaircie"

En cette nouvelle année 2021, le Maire du Bordeaux, M, Pierre Hurmic, a appelé de ses vœux "à une plus grande solidarité envers les plus vulnérables" et "à freiner une urbanisation prédatrice"...

Nous espérons simplement que la nouvelle équipe municipale et lui-même sauront montrer l'exemple..!

Le collectif Partout Chez Elles

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