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Compte rendu du CA du 29/09/2016

Léonie OLLAGNIER
DIJON, France

Sep 30, 2016 — Bonsoir à toutes et tous.

Des centaines d'étudiants se sont mobilisés aujourd'hui pour venir manifester lors du CA de l'Université. Des étudiants de l'ESPE, des étudiants venus de l'IUT de Châlon sur Saône, car eux aussi connaissent des coupes budgétaires terribles du fait de la politique de l'UB (et on peut imaginer à quel point cela sera handicapant pour eux une fois sur le marché du travail), sont venus nous soutenir et nous accompagner.

La première chose à noter est que nous avons été accueillis par des vigiles. Cela a été ressenti comme une véritable insulte, tant par la symbolique du geste (les étudiants dont la colère est légitime, soudain considérés comme de simples agitateurs), que par son aspect très concret : payer des vigiles alors même que nous n'avons pas d'argent pour financer nos formations ? VRAIMENT ??

Nous avons investi le CA, afin de manifester notre désaccord avec la gouvernance et exiger des réponses à nos questions. Le CA a par conséquent été annulé, déplacé dans l'amphi Galilée, pour que chacun puisse y assister et y participer, et transformé en Assemblée Générale lors de laquelle le président a été sommé de répondre à nos questions.

Le dialogue a fort mal commencé puisque Monsieur Bonnin a eu quelques problèmes à comprendre que son statut de président de l'Université de faisait pas de lui ipso facto le président de séance. Je vous épargnerai le récit fort éprouvant de cette AG où les étudiants, leur avenir, leurs inquiétudes, ainsi que les professeurs et les personnels ont tous été méprisés. Le président de l'Université a alterné langue de bois, mensonges patents (systématiquement dénoncés) et mépris pur et simple, voire silence total. Je vais vous proposer un petit florilège, un peu à la manière des "Perles du bac", voici "les Perles du Bonnin" :

-Pourquoi M. Bonnin n'a pas signé la lettre des présidents d'université à l'Etat pour protester contre la politique actuelle d'austérité ? Réponse : Parce que c'était une lettre des présidents de petites et moyennes universités.
Remarque : Si nous sommes une grande université, nous devrions être en mesure de conserver nos cursus. Ne pouvait-il pas la signer pour marquer son soutien à la démarche de ces universités ?

-Il enchaîne ensuite en disant dans le même souffle qu'il est favorable au financement privé des universités mais que le financement de l'état est insuffisant.
Remarque : On ne peut pas dire d'un côté que l'Etat ne doit pas mettre son nez dans les affaires de l'Université ET qu'il doit lui donner de l'argent...

-M. Bonnin a affirmé n'avoir fermé aucune filière. Lorsqu'on lui a demandé si, dans ces conditions, la L1 de Lettres Classiques allait bien rester ouverte ou non, après avoir tenté d'éviter la question, il a fini par répondre que la Licence de Lettres Classiques n'existait pas. Nous sommes donc de toute évidence des étudiants quantiques, qui existons et n'existons pas à la fois...
Lorsqu'on lui a fait remarquer qu'il jouait là sur les mots (les Lettres Classiques ne sont pas une filière à part entière mais un parcours spécifique inclus dans une filière intitulée "Lettres" et dont la 2e branche était le parcours Lettres Modernes) et que nous souhaitions savoir si le PARCOURS de Lettres Classiques allait ouvrir ou non, il a refusé tout bonnement de répondre à la question.
Remarque : en fait non, je n'ai pas de remarques à faire, le procédé est, je crois, de manière évidente, absolument malhonnête.

-Son premier argument (immédiatement réfuté par l'assemblée) a été de commencer par dire "Oui mais dans d'autres universités, c'est pire". Remarque : Nous en sommes conscients, c'est un problème, mais l'argument du "c'est pire ailleurs" n'a jamais mené à rien de bon et ne sert qu'à faire accepter une situation qui en soit ne l'est pas. Par ailleurs l'acceptation ne peut que nuire aux autres Universités, j'y reviendrai plus tard.

-"Pas besoin d'avoir un intitulé de diplôme pour avoir les compétences".
Remarque : auprès de nos employeurs potentiels, les diplômes ONT une importance, et les intitulés qui sont écrits dessus en ont un aussi. C'est un pur mensonge que de croire qu'un diplôme n'ayant pas une mention précisant la spécialité de l'étudiant aura la même valeur aux yeux de nos futurs employeurs qu'un diplôme ayant cette mention. Cette mention nous permet de prouver que oui, nous avons les compétences. Un employeur n'a aucune raison de croire qu'une personne ayant fait "Histoire contemporaine" a des compétences en musicologie. Il prendra un étudiant venu d'ailleurs, d'une université où l'on a sauvegardé le parcours "musicologie" et pour qui ce sera écrit sur son diplôme (et on le comprendra bien, sinon, n'importe qui pourrait prétendre avoir n'importe quelle compétence).

-M. Bonnin nous a longuement expliqué que l'université était très pluridisciplinaire, que la pluridisciplinarité était une richesse... tout en expliquant que certains cursus seront déplacés à Besançon. C'est un plan de spécialisation des universités, et non de pluridisciplinarité. Mais comme tout un chacun sait que les universités spécialisés sont moins cotées (et pour de bonnes raisons, puisque les filières se nourrissent les unes les autres et que c'est uniquement en les réunissant dans un même lieu qu'elles peuvent donner naissance à ce terreau d'innovations formidable qu'est la recherche universitaire), le mot "spécialisation" n'a bien entendu jamais été prononcé. Langue de bois.

-M. Bonnin est fier de se montrer en "défenseur des étudiants" parce qu'il souhaite faire voter un budget déficitaire, ce qui est en principe impossible. Sauf qu'il a soigneusement calculé ce déficit pour ne pas se faire "trop" taper sur les doigts par l'Etat (qui a le mot final sur ce budget). Il souhaite donc proposer un budget à -2.5 millions, quand il faudrait en proposer un à -3.5 millions pour proposer les mêmes formations aux étudiants. Sachant que les coupes budgétaires effectuées dès cette année et que le plan total d'économie vise à nous enlever encore des heures (entre 600 et 700) l'an prochain, il est de son devoir, en tant que président de l'Université, de montrer que les exigences de l'Etat sont inacceptables. Quitte à être dans l'illégalité de toute façon, M. Bonnin devrait proposer un budget permettant à notre université de fonctionner de la même manière que l'année précédente. Nous ne pouvons continuer à réduire comme peau de chagrin nos formations. C'est en montrant qu'il est impossible de faire tourner les universités avec si peu d'argent que l'Etat pourra réviser sa politique. Tant que nous "ferons avec" ce qu'il nous alloue, il continuera à exiger toujours plus de compromis, toujours plus d'économies. Cela veut dire des formations de plus en plus réduites et de moins en moins nombreuses. Si nous voulons montrer notre soutien aux autres Universités, il faut se dresser contre la politique d'austérité et la refuser. Il en va de l'avenir des étudiants. Doit-on rappeler que les étudiants représentent aussi pour bonne part l'avenir de la France ? Ce sont les travailleurs, les fonctionnaires, les entrepreneurs de demain. S'ils n'ont pas de futur, la France en a-t-elle un ?

Je vous épargne le ton généralement méprisant et paternaliste de M. Bonnin, ses réponses parfois évasives, ses aveux d'incompétences ("je n'ai pas la cartographie de toutes les filières")


Pour toutes ces raisons nous, les étudiants, comptons interrompre tous les CA, comme nous l'avons fait ici, jusqu'à ce qu'un budget permettant la sauvegarde de toutes nos filières et de nos heures d'enseignement soit proposé. Nous souhaitons également la démission de M. Bonnin de son poste de président de l'Université. Après cet entretien avec lui, la confiance a entièrement et définitivement été rompue. Le mépris pur et simple qu'il a manifesté face à nos angoisses, face à notre avenir en danger, est inhumain et nous refusons de rester sous sa présidence. Nous ne sommes pas des chiffres à équilibrer sur un papier. Nous sommes des personnes, des êtres humains avec des rêves et des aspirations. Certains d'entre nous travaillent dur, enchaînent les petits jobs, nos familles se saignent au quatre veines pour nous payer nos études et nous aider du mieux qu'elles le peuvent. Il serait temps que la gouvernance de l'UB se souvienne que sans les étudiants, l'Université n'a aucune raison d'exister. Nous sommes peut-être les "usagers", mais c'est bel et bien nous qui avons le pouvoir, en fin de compte. Comme nous nous battons pour avoir PLUS d'heures et PLUS de filière, nous ne comptons pas bloquer l'Université entière mais bien UNIQUEMENT les CA.

Bref, tout cela est loin d'être terminé.


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