Pesticides et santé à Us : Prendre les mesures de protection qui s'imposent !

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Karine IVACHEFF
Karine IVACHEFF a signé la pétition

Madame le Maire de Us,

Comme vous le savez, l’usage des pesticides et l’exposition à ces produits toxiques posent des questions de santé publique. Le nombre de victimes des pesticides ne cesse de croître. Des centaines de personnes concernées (professionnels ou riverains) témoignent et sont toujours plus nombreuses à se manifester[1].

Nous vivons dans un village cerné de champs cultivables et cultivés aux pesticides, nous nous inquiétons pour notre santé mais surtout pour celle de nos enfants.

Des études de plus en plus nombreuses viennent confirmer nos inquiétudes en démontrant les dangers d’une exposition aux pesticides, tout particulièrement ceux susceptibles d’être des perturbateurs endocriniens, cancérigènes ou encore neurotoxiques. La recherche médicale française (INSERM) a publié en 2013 une compilation de données montrant les risques pour la santé d’une exposition aux pesticides[2], qu’elle concerne les professionnels ou les riverains de zones cultivées : cancers, troubles neurologiques, infertilité, puberté précoce etc.[3] Notons que des milliers de médecins généralistes ont signé un appel dans lequel ils s’inquiètent des risques que font courir aux plus vulnérables l’exposition aux pesticides[4].

Du fait de ce danger, des lois ont été votées pour limiter les expositions des populations les plus vulnérables. Ainsi l’article 53 de la loi d’avenir agricole, transposé dans le code rural[5], stipule que les agriculteurs devront mettre en place des dispositifs de protection, avant toute pulvérisation, à proximité des lieux accueillant du public vulnérable. Cela signifie donc que l’on reconnaît le danger d’une exposition aux pesticides, tout particulièrement pour les enfants dont les écoles se situent le long de zones traitées aux pesticides. N’est-ce pas le cas de l’école de Us ? Quels sont les dispositifs de protection mis en place pour protéger nos enfants lors des pulvérisations ?

De plus cette mesure ne concerne que certains lieux (écoles, hôpitaux…) mais pas les maisons. Or, les populations vulnérables, à nouveau nos enfants, ne sont donc pas plus protégés là où ils sont le plus souvent : dans leur propre maison !

Nous vivons une exposition chronique à des doses plus ou moins fortes et plus ou moins toxiques. Odeurs agressives qui génèrent picotements aux yeux, sensations étranges dans la gorge, gorge sèche, voilà ce à quoi nous sommes exposés plusieurs fois par mois en période de culture. Est-ce les uniques effets ?

Ces traitements très répétitifs, nous semblent donc être faits sans respect des règles prévues notamment par l’arrêté du 4 mai 2017[6] ou des articles du code rural notamment le L253-7-1, et certains agriculteurs ne semblent pas vouloir prendre en compte la vie des riverains :

  • Traitements à midi, même le week-end et les jours fériés
  • Pas de périmètre de sécurité à proximité de l’école :  traitement même quand les enfants sont dans la cour de l’école !
  • Absence de haies de protection, de filets anti-dérive ou, à notre connaissance, de tout autre dispositif de protection pour préserver les riverains

Nous n’avons par ailleurs aucune visibilité sur :

  1. Le respect des doses et des fréquences d’application ?
  2. Le nom des produits épandus ?
  3. Le respect des moments appropriés aux traitements (quand le vent souffle au-delà de 19km/h, équivalant à 3 sur l’échelle de Beaufort comme le stipule l’arrêté ministériel du 4 mai 2017 portant sur l’utilisation des pesticides.)

Certains élus ont compris le danger que font courir les pesticides à l’ensemble des populations exposées. A titre d’exemples, la commune de Ruelle-sur-Touvre ou la ville de Saint-Jean[7] dans les Pyrénées ont pris un arrêté municipal interdisant les pulvérisations de pesticides à proximité de tous les lieux de vie. De même, de nombreuses chartes sont signées partout sur le territoire pour permettre aux riverains que nous sommes de nous protéger contre les expositions aux pesticides dangereux[8].

Madame le Maire, votre fonction vous oblige, vous aussi, à veiller à la protection et la sécurité de vos concitoyens. Nous, habitants de la commune de Us, comptons sur vous pour prendre les mesures nécessaires visant à assurer notre sécurité : informations sur les traitements pratiqués, périmètre de sécurité à l'abord des habitations, protection des zones à risque, zones sans pulvérisation, affichage des zones traitées, promotion d’une agriculture sans pesticides de synthèse, etc.  Vous ne serez pas sans ressource [9] et nous sommes là pour travailler avec vous sur ce dossier et définir de manière optimale les mesures à mettre en place !

Habitants du village de Us

[1] http://victimes-pesticides.fr/

[2] https://www.inserm.fr/information-en-sante/expertises-collectives/pesticides-effets-sur-sante

[3] http://victimes-pesticides.fr/wp-content/uploads/2016/02/Pesticidessantedef.pdf

[4] http://www.alerte-medecins-pesticides.fr/

[5] https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006071367&idArticle=LEGIARTI000029582277&dateTexte=&categorieLien=cid

[6] https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2017/5/4/AGRG1632554A/jo/texte

[7] http://victimes-pesticides.fr/wp-content/uploads/2016/05/Arr%C3%AAt%C3%A9-Saint-Jean.pdf

[8] http://victimes-pesticides.fr/wp-content/uploads/2016/02/20150625_Brochure_Pesticides_Generations_Futures_Web_Lineraire.pdf

[9] http://victimes-pesticides.fr/riverains/#nos-demandes-et-objectifs-12