Lampourdier en danger !

0 a signé. Prochain objectif : 2 500 !


Madame la Ministre de la Transition écologique,

Depuis plusieurs décennies, le Massif du Lampourdier, situé à l’aplomb du Rhône sur les communes de Châteauneuf-du-Pape et d’Orange dans le Vaucluse, est victime de dégâts considérables et irréparables causés par des carriers qui entendent l’exploiter jusqu’à épuisement complet de ses ressources minérales.
 
Outre les multiples nuisances directement subies par les riverains et viticulteurs voisins du fait de cette exploitation intensive, la disparition programmée du Lampourdier est celle de tout un écosystème. Perte définitive de faune, de flore et de biodiversité, elle impactera immanquablement le micro-climat de ce secteur et ses terroirs, uniques, non remplaçables, sur lesquels sont produits des vins reconnus parmi les meilleurs au monde et inscrits au Patrimoine culturel immatériel de la France dans le cadre de la Charte Unesco de 2003.
 
Les AOC Châteauneuf-du-Pape et Côtes-du-Rhône et leurs vignerons sont engagés depuis longtemps dans la préservation de leurs paysages, dans un profond mouvement de conversion de leurs vignobles en agriculture durable, dans le développement d’un tourisme respectueux des espaces ruraux, et récemment dans l’intégration de mesures agro-environnementales dans les cahiers des charges AOC.
 
Nos Jeunes Vignerons initient dans le même temps un « Marathon de la Biodiversité » visant à implanter 42 km de haies arboricoles au cœur de notre vignoble dans les prochaines années. Connaissant les défis de tous ordres qu’ils auront à surmonter en tant qu’acteurs du monde vivant, ils inscrivent le développement de leurs domaines viticoles dans un schéma durable, en pleine conscience de leurs responsabilités sociales et environnementales.
 
Les atteintes portées au Lampourdier, avec les défrichements qu’elles induisent, sont irrémédiables et vont exactement à l’encontre des efforts déployés en faveur de la biodiversité sur notre secteur. L’opposition constante de nos producteurs, des professionnels du tourisme et des habitants de notre territoire n’a jamais suffi jusqu’à présent à inverser cette tendance destructrice, malgré nos appels répétés à la sauvegarde des richesses environnementales et patrimoniales du Massif.
 
C’est pourquoi, en cohérence avec la Charte de l’Environnement de 2004, qui énonce dès son préambule que l’Environnement est le patrimoine commun des êtres humains et que sa préservation doit être recherchée au même titre que les autres intérêts fondamentaux de la Nation, en cohérence avec les orientations définies par la Convention citoyenne pour le climat pour faire évoluer en ce sens le texte de notre Constitution et renforcer le contrôle des politiques environnementales, nous vous demandons de prendre position sur ce dossier et de contraindre les carriers à une gestion économe et durable de la ressource en refusant tout défrichement supplémentaire et toute nouvelle augmentation d’aire, de durée et de volumes d’extraction au-delà des superficies déjà exploitées.
 
Madame la Ministre, nous vous remercions par avance de bien vouloir prendre en considération nos arguments pour rendre un arbitrage en faveur de l’environnement, de la durabilité, de la préservation de la biodiversité.