PMA, IVG, fausse couche, suivi de grossesse : stop aux violences physiques & morales

PMA, IVG, fausse couche, suivi de grossesse : stop aux violences physiques & morales

0 a signé. Prochain objectif : 1 000 !
Quand elle atteindra 1 000 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !
alexandra DUH a lancé cette pétition adressée à Madame Buzyn et à

La solitude, la douleur et le manque d’accompagnement sont les mots qui reviennent le plus souvent d’après les échanges entretenus avec des femmes qui ont choisi un avortement, subi une fausse couche médicamenteuse ou un curetage ou encore découvert une infertilité. En cette journée internationale de lutte pour le droit des femmes, des questions sont encore sans réponse : pourquoi la France est-elle incapable d’entendre les cris de douleurs de ces femmes ? Pourquoi la France laisserait-elle les femmes seules avec un œuf ou un embryon dans les toilettes ? Pourquoi les femmes doivent-elles vivre avec un silence assourdissant autour de cette question ?

L’annonce ou ce calvaire des mots manquants

« Vous voyez ce petit point qui clignote, c’est l’activité cardiaque», montre l’interne du CHU à une femme qui vient de préciser quelques minutes auparavant avoir vécu deux fausses couches. Minute de silence. Je suis désolée Madame, je me suis trompé, il n’y a pas d’activité cardiaque ».
        Violence et consternation.

«  Madame, c’est un œuf clair, vous préférez un curetage ou la prise de médicaments ».
        Violence et incompréhension.

«  Veuillez-vous connecter sur le site internet pour lire vos résultats médicaux ». Lecture des résultats, visiblement mauvais en termes de fertilité.  Tout cela lu, devant un écran d’ordinateur sans le moindre accompagnement d’un.e professionnel.le de santé
         Violence et panique.

Trois exemples ici, mais combien de milliers chaque année ? L’annonce d’une mauvaise nouvelle même aux urgences se doit d’être annoncée par un.e professionnel.le, avec tact, avec le temps nécessaire et en s’assurant de la bonne compréhension du parcours de la patiente. Or, nous, femmes, constatons que trop souvent, ce parcours du combattant est accentué par une mauvaise qualité d’écoute et d’explications bien souvent par manque de temps des professionnels de santé pour accompagner dignement les patientes. Bien que la fausse couche concerne une femme sur quatre, cela reste un évènement majeur dans la vie d’une femme et nécessite d’être pris avec considération. La parole de chaque femme est unique. Ecoutons-là.

 La douleur, trop souvent oubliée d’être citée ?

« Un accouchement sans péridurale et toute seule », « des hurlements de douleurs », des « sensations terribles dans le ventre », « se sentir morte », « des coups de couteaux dans le ventre », «  des caillots gros comme le poing».  Voilà la manière de résumer une IVG (interruption volontaire de grossesse) ou une IMG (interruption médicale de grossesse)  médicamenteuse par des femmes, qui, loin de le clamer haut et fort, racontent leur calvaire en chuchotant souvent par soutien avec une femme qui a vécu la même chose. Vécu ou subi ? Si les femmes avaient connaissance des risques de douleurs avant la prise en charge médicamenteuse, iraient-elle vers cette solution plutôt qu’une autre telle qu’un curetage ou une aspiration ?

Des femmes racontent :

-        Que dans leur intimité, seule ou avec leur conjoint ou leurs proches, elles se retrouvent à attendre inlassablement les premiers effets des médicaments, puis, petit à petit, ont chaud, vomissent, ont la diarrhée, perdent des caillots de sang tout en étant trop faibles pour se tenir debout.

-       Se sentent désemparées à ne pas savoir mesurer si la quantité de sang perdue est suffisante ou trop abondante pour devoir appeler les pompiers ou se rendre aux urgences.

-       L’effroi des partenaires et/ou des membres de la famille qui ne savent pas quoi faire, ou à peine à pouvoir tenir la tête en dehors de la cuvette des toilettes, à se demander s’il faut appeler les pompiers à chaque minute.

-       Le fait que personne ne leur avait explicité les douleurs telles qu’elles ont pu être vécues par le corps médical. Qu’à « recommencer », elles choisiraient sans hésiter le curetage ou une aspiration.

L’après. Ce vide sidéral.

L’après c’est le moment des questions, de la déprime, des doutes et parfois tout à la fois. Mais où est passé l’accompagnement ? Celui qui permet d’avancer ? Il faudra aller le chercher car il ne viendra pas tout seul. Le parcours de soin s’est arrêté après l’échographie de contrôle pour la plupart des femmes. Un groupe de parole ? Un.e psychologue ? Du temps pour des questions – réponses ? Parfois, il faut attendre trois mois pour revoir sa.son gynécologue et oser reposer des questions. Autant dire que les questions sont comme la douleur : enfermées à la maison.

Madame Buzyn, Madame Schiappa, un accompagnement au plus près des besoins des patientes doit être développé et pris en compte. Nous comptons sur vous pour faire avancer la société autour de cette question. Selon nous, des solutions concrètes peuvent être engagées :

  •  Introduire la présentation des différents risques liés à une grossesse dès la première visite médicale en lien avec la maternité afin de ne pas / plus tomber des nues une fois la mauvaise nouvelle annoncée aux urgences
  • Proposer la présence d’une sage-femme à domicile après la prise des médicaments en cas d’IVG ou d’IMG médicamenteuse
  •  Proposer de manière systématique une prise en charge psychologique (accessible à la patiente et son/sa conjoint.e) remboursée par la Sécurité Sociale suite à une fausse couche
  • Renforcer la formation des professionnel.le.s et praticiens autour de la prise en charge de la dimension psychologique en lien avec la maternité (annoncer des évènements au patient, savoir l’accompagner, l’orienter…) mais aussi autour de la prise en charge de la douleur
  • Développer un parcours de soin et d’accompagnement sur les territoires autour de « l’après » : groupes de parole, accès aux médecines douces, présentation des associations locales etc…
  • Développer les médecines alternatives / douces pour prendre en charge la douleur
  •  3 gynécologues pour 100 000 femmes : c’est non ! Il est plus qu’urgent de former des nouveaux gynécologues face à la pénurie annoncée et répartir l’accès aux soins gynécologiques sur le territoire national (service de maternité, de PMI et de plannings familiaux).

Ensemble, brisons ce tabou. Ne soyons plus seules face à la douleur et exigeons sa prise en compte par la société !

 

0 a signé. Prochain objectif : 1 000 !
Quand elle atteindra 1 000 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !