Stop au massacre des cervidés de la forêt de Fontainebleau !

0 a signé. Prochain objectif : 2 500 !

Anita ESCA
Anita ESCA a signé la pétition

Demande URGENTE de réduction des plans de chasse et de mise en place de mesures de protection des animaux.

En 2015, deux photographes animaliers ont adressé au préfet de Seine et Marne un courrier relatif à la disparition des cervidés en forêt de Fontainebleau. (Courrier sur le lien suivant : http://www.yannickdagneau.com/vers-une-foret-sans-cerfs/

Ils y dénonçaient la diminution inquiétante des cervidés soumis à une trop forte pression cynégétique depuis quelques années, et proposaient une aide active afin de mettre en œuvre des mesures de protection par rapport à la circulation routière, sujet très souvent évoqué par les préfets pour justifier l’importance des plans de chasse. Le préfet de l’époque, M Jean-Luc Marx, n’a pas accordé la moindre attention à ce cri d’alarme et à ces propositions. Il n’a apporté aucune réponse.

Pourtant, le phénomène a continué de s’amplifier.

Cinq ans après, sans aucune action favorable de l’ONF et de la Préfecture, le problème est évidemment encore plus prégnant.

En 2020, une enquête a eu lieu auprès de différents photographes animaliers et naturalistes. Ils sont, du fait de leurs observations quotidiennes et de leurs présences sur le terrain depuis de nombreuses années, tout à fait à même d'estimer la régression ou non des hardes, en particulier pendant la période du brame.

Leurs réponses sont UNANIMES !

Les animaux sauvages sont en forte diminution sur le massif.

Les populations de cerfs et biches sont dans un déclin suscitant de vives inquiétudes.

Les constatations de promeneurs et habitants des environs de la forêt de Fontainebleau vont hélas, dans le même sens.

La raison essentielle : Les plans de chasse des cervidés mettent nettement en péril la survie de l'espèce en forêt de Fontainebleau.

Il faut tout d’abord distinguer plusieurs zones, une partie centrale de la forêt domaniale de Fontainebleau (env. 9400 ha) sur laquelle la chasse est gérée par l’ONF et une partie périphérique (env. 12500 ha) où la chasse est gérée par des associations de chasse.

Sur la partie centrale de 9400 ha se déroulent des chasses à tir de l’ONF (battues et poussées silencieuses mirador) les lundis, jeudis, vendredis (voir ci-dessous : Annexe plan de chasse à tir ONF 2020-2021 - 24 battues aux cervidés et sangliers prévues pour la prochaine saison). Des chasses à courre ont lieu avec le rallye Tempête les mardis, mercredis et samedis toute la journée et le rallye de Fontainebleau les mardis et samedis, le tout pendant 5 à 6 mois chaque année. Et souvent, des dérogations sont données au printemps et en été pour certaines espèces (blaireaux, renards, chevreuils…)

Il convient d’ajouter également les nombreuses battues qui ont lieu les samedis matin et dimanches matin dans les forêts contigües à la forêt domaniale, les animaux ne se limitant pas dans leurs déplacements au bornage !

La pression cynégétique est clairement beaucoup trop forte en termes de jours et de période de chasse, mais aussi de quotas (plans de chasse totalement excessifs). Cette pression, par des effets de dérangements et de stress, contribue à désorganiser les équilibres faunistiques.

Les résultats de l’enquête faite auprès de naturalistes

Leur expérience :

Tous connaissent bien et arpentent la forêt en quête d'observations animalières depuis longtemps, plus de 20 ans pour la plupart. Ils nous transmettent leurs savoirs et leurs observations lors d’expositions photos dans la région.

Leur constat :

1 - En terme d’observations

Alarmant !

Les naturalistes ont tous remarqué une très forte diminution du nombre d'animaux sauvages en général.

Les grands cervidés sont les plus concernés, ils se font très rares dans le massif.

La population des chevreuils semble également se réduire de plus en plus.

Les sangliers s’en « sortent » plutôt mieux car ils n’ont pas le même taux de reproduction et l’ONF tolère  le nourrissage artificiel durant l’hiver au sein du massif.

Betteraves destinées à l’agrainage –Fontainebleau le 22/02/2020

Pour les lièvres, renards, blaireaux et autres petits mammifères la situation n‘est guère reluisante également.

Même si ce n’est pas le sujet ici, il est aussi noté l'absence quasi-totale d’oiseaux dans les parcelles de résineux.

En fait, naturalistes et promeneurs, ne croisent quasiment plus aucun animal sauvage dans la forêt la plupart du temps. Il était habituel, il y a 5 ans encore, de croiser quelques-uns de ces habitants de la forêt au petit matin ou à la tombée du jour.

Aujourd’hui, les rencontres sont exceptionnelles !

2 - Depuis quand observent-ils ces changements ?

Pour la plupart des naturalistes interrogés, cette situation est observée depuis le début des années 2000.

La situation s'est aggravée de manière conséquente lors de la dernière décennie avec une accélération de la diminution de la faune ces 5-6 dernières années.

Il y avait en effet plus d'animaux dans les années 90. Il était plus commun d'observer une douzaine de cerfs bramant sur une place et des hardes de 15 biches.

Cela n'existe plus désormais !

En fait, nous avons assisté ces dernières années à une quasi-extermination des populations de cervidés sur le massif. La déliquescence du brame en termes d’intensité en est la preuve.

3 - Au sujet du brame

Le brame permet en effet de mesurer la vivacité de la population de grands cervidés. Mais, il devient vraiment très difficile de l’entendre. Seul subsiste le brame de nuit, la période est de plus en plus courte et il y a chaque année de moins en moins d’animaux entendus, et même parfois aucun bruit en pleine période, notamment durant le pic du brame.

Pour exemple, en 2019, 2 à 3 cerfs seulement ont été entendus par plusieurs de ces naturalistes.

Certains ont même désertés la forêt de Fontainebleau en période de brame car il n y a plus rien à écouter.

L’année 2019 fût particulièrement catastrophique !

4 - Les Causes de la disparition des cervidés

Pour tous les naturalistes, la pression cynégétique est dénoncée comme étant la cause principale et de très loin, en second, vient l'infrastructure routière et la fréquentation de la forêt et en troisième, un soupçon de braconnage.

Les différents types de chasse sont en cause. Les quotas de chasse sont trop importants et il semblerait clairement qu'il y ait une volonté délibérée de l'ONF et des autorités de réduire drastiquement le nombre de grands animaux. Nous pouvons nous demander s’il ne s’agit pas d’une démarche purement financière au détriment de la protection de la biodiversité…

De même, une gestion plus « saine » des effectifs exigerait de tuer de préférence des individus déficients, comme le feraient les prédateurs naturels. Cependant, la chasse-loisir permet aux chasseurs de tuer ce qu’ils veulent, de fait des individus en bonne santé et choisis pour la beauté de leurs bois par exemple. Du coup, les animaux blessés et malades meurent et ceux en bonne santé sont tués par les chasseurs. Dans ce contexte, le but de soi-disant contrôle et de sélection des populations est inexistant.

5 - Les conséquences sur la biodiversité :

- Extermination des animaux : Les observations de cerfs deviennent tellement rares que la pérennité de la population est effectivement discutable. Sans mesure pour enrayer cette diminution et au rythme des « prélèvements » actuels, la population sera quasiment inexistante d’ici 5 ans. A noter que cela s’est déjà produit par 2 fois sur le massif et que des réintroductions ont dû être réalisées. Cette fois, la volonté d’extermination émanant des autorités, il est plus que probable que nous ne croiserons bientôt plus aucun grand cervidé en forêt !

- L’impact sur le comportement des animaux sauvages : Une pression cynégétique effroyable alliée à une augmentation constante du nombre de visiteurs a malheureusement un impact notable sur le comportement des quelques individus restants.

Les secteurs tranquilles sont de plus en plus rares, les animaux retranchés en quelques lieux sont en plus constamment effrayés. Si les visiteurs, nombreux l’été, effarouchent les animaux par leurs bruits, l’automne et l’hiver, ils subissent bien pire encore avec toutes les chasses (à tir, battues, chasses à courre). Tout ce petit monde y va à coups de fusils, claquements de fouets, cris des rabatteurs, aboiements des chiens, 4*4 et camions dans les allées forestières. Tout cela à un rythme effréné et incessant durant 6 mois, plusieurs fois par semaine. Les conditions de vie sont devenues particulièrement anxiogènes pour les animaux.

Alors que leur vie est en jeu, leur stress devient alors sans commune mesure avec celui provoqué par les dérangements des visiteurs l’été.

L'impact sur leur comportement est donc notable, ils y perdent en temps de repos et de nourrissage. Il n’y a plus de concurrence entre les gros cerfs (du moins, pour ce qu'il en reste). Les animaux sont plus stressés, plus craintifs et méfiants qu'avant.

Ils ont changé leurs habitudes de vie et de sorties. Ils s'isolent davantage.

6 - La reproduction des biches et chevrettes insuffisante en l’état

La reproduction ne peut pas permettre de repeupler, car les biches ont au mieux un petit par an. Or, pendant la saison de chasse, les biches portantes sont tuées ou blessées comme les autres.

Elles n'ont même pas une portée par an, car il leur est quasiment impossible de porter à terme.

Les naturalistes voient de moins en moins de biches suitées, pour ne pas dire qu’ils n’en voient quasiment plus. En fait, elles mettent bas en mai et la saison de chasse ayant lieu jusqu’en février, elles sont souvent et presque toujours tuées avant la mise bas.

De plus, les chasseurs peuvent tout à fait tirer des animaux en bas âge s'il y en a, dès la reprise de la saison de chasse. De fait, les faons sont quasi inexistants. Quand il y en a, ils prennent souvent des coups de fusil.

S'agissant des chevrettes, la situation est légèrement meilleure du fait qu'elles ont souvent des jumeaux. Mais, elles subissent, elles et leurs petits, le même triste sort que les grands cervidés, d’autant que la chasse à courre au chevreuil autorise en plus de tuer les femelles.

 

Les éternels « faux » arguments qui ont mené à cette situation dramatique

Dans ce contexte alarmant, l’argument de la régulation des cervidés toujours avancé pour justifier la chasse n’a plus aucun sens. Et pourtant, il perdure !

L’argument des risques d’accidents routiers avancé régulièrement pour renforcer la chasse ces dernières années sur le massif et dans les environs de la forêt de Fontainebleau, reste furieusement ignoré quand il s’agit des risques d’accidents liés aux chiens de chasse courants traversant les routes brusquement et à la fuite des animaux poursuivis lors des chasses. Tous ces déplacements forcés et sources de panique pour les animaux peuvent d’autant plus provoquer des accidents.

Forêt de Fontainebleau - chasse à courre le 22/02/2020

Forêt de Fontainebleau - chasse à courre le 30/11/2019

Forêt de Fontainebleau - chasse à courre le 30/11/2019

Forêt de Fontainebleau - chasse à courre le 30/11/2019

Continuerez-vous donc de nous opposer, contre toute logique :

·         le besoin de régulation malgré la diminution inquiétante des effectifs de cervidés ?

·         les risques d’accidents routiers alors que vous ignorez totalement ceux liés aux chasses à courre et chasses à tir, risques pris pendant des heures, plusieurs fois par semaine, y compris le week-end, pendant 6 mois chaque année ? Les automobilistes ont d’ailleurs pu constater l’hiver dernier l’absence totale de signalisation lors des chasses à courre. De même, la politique d’augmentation de la vitesse sur certaines routes étroites du massif est en complète contradiction avec la soi-disant volonté de limiter les risques d’accidents. Pour exemple, entre la Table du Roi et le carrefour du Grand Veneur (D142), un tronçon sensible de la forêt, à deux fois une voie et très fréquenté, notamment par les poids lourds, la vitesse maximale a été rétablie à 90km/heure en 2019. Il en est de même sur le tronçon Ury – Fontainebleau (D152), là aussi très fréquenté. Une aberration pour la protection de la forêt et des automobilistes !

 

Les derniers plans de chasse

Malgré la faible densité de la population de cervidés observée en 2018, le plan de chasse 2019/2020, établi en Préfecture pour le massif de Fontainebleau, prévoyait encore le "prélèvement" de 6 chevreuils, 118 cervidés et un objectif de 300 sangliers.

Au final, 5 chevreuils, 103 cervidés, 304 sangliers ont été tués sur le massif (9500ha) toutes chasses confondues, sauf la chasse à courre. (Voir ce lien : https://www.chassepassion.net/chasse-a-la-journee2/foret-domaniale-de-fontainebleau-onf/

A cela s’ajoute les prélèvements organisés par les sociétés de chasse des environs et les chiffres de la chasse à courre. Pour exemple, le Rallye Tempête aurait tué une vingtaine de chevreuils sur Fontainebleau et Orléans, dont à peu près la moitié pour Fontainebleau.

Ce serait donc plus probablement 200 à 220 cervidés (cerfs, biches, faons, chevreuils, chevrettes et leurs petits) qui ont été tués la saison de chasse dernière sur le massif de Fontainebleau et ses lots proches.

Le plan de chasse (à tir) 2020/2021 prévoit encore d’abattre 12 chevreuils, 114 cervidés et 270 sangliers sur la partie centrale de la forêt seulement.

A ce rythme, l’éradication définitive des animaux sur notre massif et ses environs est devenue imminente ! Mais, peut-être est-ce le but recherché ? En tout cas, c’est ce que nous sommes en droit de penser !

Pourquoi programmer encore l’abattage, pour ne pas dire les meurtres,  de 114 cervidés et 12 chevreuils la saison prochaine au vu de l’état dramatique de ces populations d’animaux ?

A titre d’exemples, les plans de chasse des années 80 et 90 étaient de l’ordre suivant :

15 cerfs et 4 biches tués à la chasse en 1988, et 17 cerfs et 12 biches en 1993. (http://www.faune-sauvage-foret-fontainebleau.org/cariboost_files/comptage-brame-fontainebleau.pdf)

Rien à voir avec les quotas délirants d’aujourd’hui !

A noter :

Des propositions quant à la protection des animaux ont été avancées et des naturalistes se proposent d’y travailler depuis 2015 mais personne n’a voulu les écouter.

Cela ressemble furieusement à un désir d’éradiquer ces espèces animales, ou à minima à une dangereuse inconscience et totale inconséquence vis-à-vis de notre biodiversité !

La forêt de Fontainebleau accumule les titres de protection règlementaires et environnementaux (statut de forêt de protection, classement dans le réseau des réserves de biosphère de l’UNESCO, classement au titre de Natura 2000 et pour la forêt domaniale, statut de site classé), il semblerait que ses hôtes naturels aient été totalement oubliés des plans de protection.

 

Propositions

En premier lieu, réduire les plans de chasse d’au moins 70%, voire annuler toutes les chasses de cervidés pendant quelques années afin de retrouver une faune sauvage sur le massif digne de ce nom !

En second lieu, rétablir leurs espaces vitaux en les protégeant de notre civilisation destructrice ! Etablir des plans de circulations un peu différents, des ralentisseurs, des corridors écologiques !

La candidature de la forêt de Fontainebleau au Patrimoine Mondial de l’UNESCO devrait bien au contraire mettre en avant la présence et la protection de ses animaux sauvages et majestueux de notre massif qui en constituent aussi la richesse. (Voir https://docplayer.fr/6869868-Fontainebleau-foret-d-exception.html

D’ailleurs, la chasse-loisir d’aujourd’hui devenue aussi un business de la mort, sur Fontainebleau et ailleurs, est une honte et un danger pour l’humanité !

Tous les signataires vous demandent donc expressément d’agir ENFIN pour la protection et la préservation de notre PATRIMOINE COMMUN que nous refusons de voir ainsi malmené et s’éteindre : les cervidés du massif de Fontainebleau.

Nous demandons à cet effet une rencontre avec le préfet de Seine-et-Marne. Des propositions de mesures de protection, dont la réduction d'au moins 70% des quotas de chasse, peuvent être étudiées de concert avec les associations et naturalistes signataires.

Les animaux ne sont pas nos ennemis, or la guerre leur a été déclarée afin de servir avant tout un loisir lucratif malsain, indigne et destructeur de l’environnement  !

 

Annexe plan de chasse à tir ONF 2020-2021

Date Nb max Prix Commentaires
de chasseurs

Lundi 02 Novembre 2020 24 350 € Battue Miradors cervidés sangliers

Vendredi 06 Novembre 2020 12 380 € Drücken Miradors

Lundi 09 Novembre 2020 24 350 € Battue Miradors cervidés sangliers

Lundi 16 Novembre 2020 24 350 € Battue Miradors cervidés sangliers

Vendredi 20 Novembre 2020 12 380 € Drücken Miradors

Lundi 23 Novembre 2020 24 350 € Battue Miradors cervidés sangliers

Jeudi 26 Novembre 2020 36 310 € Battue sangliers

Lundi 30 Novembre 2020 24 350 € Battue Miradors cervidés sangliers

Vendredi 04 Décembre 2020 12 380 € Drücken Miradors

Lundi 07 Décembre 2020 24 350 € Battue Miradors cervidés sangliers

Jeudi 10 Décembre 2020 36 310 € Battue sangliers

Lundi 14 Décembre 2020 24 350 € Battue Miradors cervidés sangliers

Vendredi 18 Décembre 2020 12 380 € Drücken Miradors

Lundi 04 Janvier 2021 24 350 € Battue Miradors cervidés sangliers

Jeudi 07 Janvier 2021 36 310 € Battue sangliers

Lundi 11 Janvier 2021 24 350 € Battue Miradors cervidés sangliers

Vendredi 15 Janvier 2021 12 380 € Drücken Miradors

Lundi 18 Janvier 2021 24 350 € Battue Miradors cervidés sangliers

Jeudi 21 Janvier 2021 36 310 € Battue sangliers

Lundi 25 Janvier 2021 24 350 € Battue Miradors cervidés sangliers

Vendredi 29 Janvier 2021 12 380 € Drücken Miradors

Lundi 01 Février 2021 24 350 € Battue Miradors cervidés sangliers

Jeudi 04 Février 2021 36 310 € Battue sangliers

Lundi 08 Février 2021 24 350 € Battue Miradors cervidés sangliers